Tarn : 67 interdictions de paraître, 2 fermetures de commerces, 9 expulsions locatives un an après la loi anti-narcotrafic
Le préfet du Tarn détaille le bilan départemental de la loi du 13 juin 2025 67 interdictions de paraître, 2 fermetures administratives et 9 procédures d'expulsion locative engagées.
Un an après la promulgation de la loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic, le préfet du Tarn a rendu public un premier bilan chiffré. 67 interdictions de paraître, deux commerces fermés et neuf procédures d'expulsion locative ont été prononcées.
L’essentiel
- 67 interdictions de paraître prononcées par le préfet du Tarn depuis juin 2025, dont 11 dans le quartier Lapanouse à Albi dès octobre 2025.
- 2 fermetures de commerces : l’Inside Bar à Graulhet (2 mois) et La Station à Gaillac (6 mois).
- 9 procédures d’expulsion locative engagées contre des logements liés au trafic de stupéfiants.
- 1 635 infractions stupéfiants dans le Tarn en 2025 (+3,5 % sur un an, +41,3 % sur cinq ans).
- 233 amendes forfaitaires délictuelles pour usage de stupéfiants entre janvier et mai 2026 (163 sur l’ensemble de 2025).
Le 13 juin 2026, soit un an jour pour jour après la promulgation de la loi n° 2025-532 visant à sortir la France du piège du narcotrafic, le préfet du Tarn a dévoilé le bilan départemental des mesures administratives mises en œuvre. Sur X (ex-Twitter), le compte officiel de la préfecture a annoncé : 67 interdictions de paraître, 2 fermetures de commerces et 9 procédures d’expulsion locative engagées grâce aux nouveaux outils conférés par la loi (source : @prefet81).
Un outil administratif pour désorganiser les points de deal
L’interdiction de paraître, prononcée par le préfet pour une durée maximale d’un mois renouvelable, vise à empêcher les personnes suspectées de trafic de fréquenter certains lieux, notamment les points de deal. Selon Le Tarn Libre, cette mesure a été utilisée à plusieurs reprises, avec une première salve de 11 interdictions dès octobre 2025 dans le quartier Lapanouse à Albi, une zone connue pour le trafic. Le préfet Laurent Buchaillat avait alors justifié cette action par la nécessité de « désorganiser rapidement les réseaux » (source : préfecture du Tarn).
Deux bars fermés à Graulhet et Gaillac
Les fermetures administratives de commerces constituent un autre volet de la loi. Deux établissements ont été visés dans le Tarn. L’Inside Bar, situé sur une place de Graulhet, a été fermé pour une durée de deux mois à compter du 8 janvier 2026, après un contrôle ayant révélé des liens avec le trafic de stupéfiants. Le second, La Station à Gaillac, a écopé d’une fermeture de six mois pour des transactions effectuées sur son parking, selon La Dépêche du Midi (source : La Dépêche).
9 procédures d’expulsion locative engagées
La loi permet également aux préfets d’engager des procédures d’expulsion locative contre les occupants de logements utilisés pour le trafic. Dans le Tarn, neuf procédures ont été lancées, dont plusieurs ont déjà abouti à des expulsions effectives. Le détail par commune n’a pas été communiqué par la préfecture.
Contexte dans le Tarn : hausse des infractions et des amendes
Ce bilan administratif s’inscrit dans un contexte de hausse des infractions liées aux stupéfiants dans le département. Selon le bilan sécurité 2025 publié par la préfecture (source : tarn.gouv.fr), 1 635 infractions à la législation sur les stupéfiants ont été relevées en 2025, soit une augmentation de 3,5 % par rapport à 2024 et de 41,3 % sur cinq ans. Parallèlement, les amendes forfaitaires délictuelles (AFD) pour usage de stupéfiants ont explosé : 233 AFD ont été dressées entre janvier et mai 2026, contre 163 pour l’ensemble de l’année 2025 (données Le Tarn Libre).
Cette dynamique départementale s’observe aussi dans les départements voisins. Le préfet du Tarn, à l’instar de son homologue de Tarn-et-Garonne qui coordonne la crise nucléaire à Golfech, a dû adapter ses moyens à un trafic de plus en plus diffus (source : Golfech : le préfet de Tarn-et-Garonne réaffirme son rôle). Par ailleurs, les opérations de contrôle sont renforcées, rappelant les contrôles DGCCRF menés à Roanne sur la francisation des fruits et légumes (source : Roanne : contrôle DGCCRF).
Un cadre juridique validé par le Conseil constitutionnel
La loi n° 2025-532, définitivement adoptée après un accord en commission mixte paritaire, a été validée par le Conseil constitutionnel le 13 juin 2025. Publiée au Journal Officiel le 14 juin 2025, elle offre aux préfets des outils administratifs rapides - interdictions de paraître, fermetures de commerces, expulsions locatives - en complément des procédures judiciaires. Le texte est régulièrement présenté comme un « choc d’administration » pour lutter contre les réseaux de narcotrafic.
Le préfet du Tarn n’a pas communiqué de prochaine étape spécifique, mais la loi prévoit que ces mesures peuvent être renouvelées et étendues en fonction des besoins. Le bilan local montre une utilisation active de ces dispositifs, alors que la pression sur les points de deal demeure forte dans le département.
Sources
- X (officiel) : Préfet du Tarn sur X
- Le Tarn Libre : Premier bilan de la loi contre le narcotrafic, un an après
- La Dépêche du Midi : Un bar sur une place de Graulhet fermé deux mois
- Préfecture du Tarn : Lutte contre le narcotrafic : le préfet du Tarn prend des mesures administratives
- Préfecture du Tarn : Bilan 2025 sécurité et délinquance dans le Tarn
- Légifrance : LOI n° 2025-532 du 13 juin 2025

