Tarn-et-Garonne : la baronnie Baylet perd la présidence du département
Le 13 avril 2026, la droite a pris la tête du conseil départemental, fragilisant un bastion radical-socialiste vieux de plus d'un siècle.
Pour la première fois depuis des décennies, un président de droite dirige le conseil départemental de Tarn-et-Garonne. Une bascule née de divisions internes à la gauche, qui met en tension l'héritage politique de la famille Baylet.
Le 13 avril 2026, Jean-Claude Bertelli a été élu président du conseil départemental de Tarn-et-Garonne. Élu au bénéfice d’âge, cet élu de droite n’était pas le candidat attendu. Sa victoire résulte de trahisons au sein même de la gauche, selon La Dépêche du Midi.
Tout est parti d’un enchaînement en apparence banal. Michel Weill, élu PRG et successeur de Jean-Michel Baylet à la présidence du département, a démissionné après avoir été élu maire de Montbeton en mars 2026. Cette vacance a déclenché une séance plénière agitée, où des alliances inattendues ont permis à la droite de l’emporter.
Un exécutif à gauche, un président à droite
La situation qui en résulte est pour le moins atypique. Les 9 vice-présidents de l’exécutif sont tous issus de la gauche. Jean-Claude Bertelli préside donc une institution dont les rênes opérationnelles restent à gauche. José Gonzalez, président du groupe des Radicaux et apparentés, l’a résumé sans détour dans les colonnes de La Dépêche : « Un président élu de droite et tout l’exécutif qui est à gauche, on verra bien ce que la suite va donner. »
Le risque de blocage institutionnel est réel. Chaque délibération importante pourrait devenir un bras de fer. La prochaine session plénière est prévue au deuxième trimestre 2026, selon le calendrier officiel du conseil départemental.
Baylet dénonce les socialistes
Jean-Michel Baylet, figure tutélaire du PRG local et ancien président du département de 1982 à 2008, n’a pas caché sa colère. Il désigne le groupe socialiste de Dominique Sardeing comme principal responsable de la déroute. Sa déclaration, rapportée par La Dépêche du Midi, est directe : « Je commence à en avoir assez d’être le punching-ball de tout le monde, de l’extrême droite à l’extrême gauche. »
Un siècle de domination ébranlé
La famille Baylet tient une place à part dans l’histoire politique du département. Evelyne Baylet est devenue en 1970 la première femme présidente d’un conseil général en France. La famille contrôle La Dépêche du Midi depuis 1924 et pèse sur la vie politique locale depuis le début du XXe siècle, selon Off Investigation.
Ce n’est pas la première fois que l’édifice vacille. En 2015 déjà, les départementales avaient vu le PRG perdre la majorité absolue au profit du PS, selon Le Monde. Mais la perte de la présidence elle-même est inédite.
La question qui se pose désormais : cette cohabitation inversée, droite à la présidence et gauche à l’exécutif, peut-elle fonctionner ? Et l’alliance PRG-PS, déjà abîmée, résistera-t-elle aux prochains scrutins ?
Prochaine étape : la prochaine session plénière du conseil départemental, prévue au deuxième trimestre 2026, sera un premier test de la capacité de cette configuration inédite à gouverner.
Sources
- La Dépêche du Midi : Le Tarn-et-Garonne élit un président de droite mais un exécutif de gauche
- La Dépêche du Midi : Jean-Michel Baylet 'en a assez d'être le punching-ball de tout le monde'
- L'Humanité : Dans le Tarn-et-Garonne, la baronnie Baylet fragilisée par la victoire de la droite
- Off Investigation : Le « système Baylet », une impunité bien française