Tarn-et-Garonne : Bertelli élu président du département au bénéfice de l’âge, mais déjà sans majorité

Élu lors d'un troisième tour à égalité 15-15, le conseiller divers droite affronte aussitôt une cohabitation inédite avec un exécutif de gauche.

Tarn-et-Garonne : Bertelli élu président du département au bénéfice de l'âge, mais déjà sans majorité
Illustration Jérôme Barthas / info.fr

Le conseil départemental de Tarn-et-Garonne a un nouveau président depuis le 13 avril 2026. Jean-Claude Bertelli, 76 ans, l'emporte sur Valérie Rabault grâce à son avantage d'âge. Le même jour, il perd sa majorité lors du vote des vice-présidences.

Trois tours de scrutin, une égalité persistante à 15 voix partout, et finalement un président désigné par le seul critère de l’âge. C’est dans ces conditions que Jean-Claude Bertelli a pris la tête du conseil départemental de Tarn-et-Garonne, le 13 avril 2026 à Montauban. Vétérinaire retraité, conseiller départemental divers droite depuis 2021, il succède à Michel Weill (PRG), démissionnaire après son élection à la mairie de Montbeton lors des municipales de mars 2026, selon La Dépêche.

Une coalition de circonstance

Le scrutin a révélé des fractures profondes. Pour atteindre ses 15 voix, Bertelli a bénéficié du soutien du Rassemblement National - représenté par Romain Lopez - , du centriste Jean-Philippe Bésiers, et de Ghislain Descazeaux, élu proche de LFI. Face à lui, Valérie Rabault (PS, 53 ans) n’a pas réussi à fédérer l’ensemble de la gauche, selon Radio Totem.

Jean-Michel Baylet (PRG), ancien président du département, n’a pas caché son amertume : « Voilà ce que c’est quand on vote à droite, c’est toujours le bazar », a-t-il déclaré, cité par Radio Totem.

Président sans majorité : une cohabitation inédite

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L’ironie de la journée est survenue quelques heures plus tard. Au vote des vice-présidences, la liste conduite par Valérie Rabault et Jean-Michel Baylet a obtenu 15 voix sur 29 exprimés, s’imposant face au camp Bertelli, réduit à 14. Une cohabitation droite-gauche s’installe ainsi d’emblée à la tête du département, situation sans précédent dans le 82, toujours selon Radio Totem.

Pour tenter d’apaiser les tensions, Bertelli a proposé d’intégrer l’ensemble des 30 conseillers à la commission permanente. La mesure a été adoptée à large majorité. Sur le fond, le nouveau président se montre déterminé : « Je n’ai pas l’intention de démissionner », a-t-il affirmé au micro de Radio Totem, ajoutant vouloir « travailler avec tous ceux qui voudront travailler pour le département ».

La fin d’une baronnie ?

Le Tarn-et-Garonne est un département historiquement ancré à gauche. Depuis 1945, les radicaux de gauche - longtemps incarnés par la famille Baylet - en ont tenu les rênes, selon Wikipedia. En 2021, Michel Weill avait été élu avec une majorité d’une seule voix (16 sur 30). La situation de 2026 accentue cette fragilité structurelle, avec cette fois un président de droite confronté à un exécutif de gauche. France 3 Occitanie parle d’un « basculement à droite » du département, même si ce basculement reste pour l’heure très partiel.

Le risque de blocage institutionnel est réel. Une nouvelle séance plénière doit être convoquée pour tenter de stabiliser l’exécutif, sans que de date précise n’ait été annoncée à ce stade. Le RN a indiqué maintenir son soutien à Bertelli pour éviter un retour du duo Baylet-Rabault à la présidence.

Sources

Jérôme Barthas

Jérôme Barthas

Correspondant à Montauban, suit l'agriculture fruitière, les tensions sur l'eau, les débats sur la viticulture et les projets routiers. Formé à l'IJBA Bordeaux, il a grandi dans le Tarn-et-Garonne. Posture éditoriale : interroger les arboriculteurs, les syndicats agricoles, les élus, vérifier les données de consommation d'eau avant de conclure.

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