Tennis féminin français : zéro Française en quarts à Wimbledon
Aucune tricolore n'a dépassé le deuxième tour. La pire performance depuis 1990.
Zéro quart de finale. Deux joueuses au-delà du premier tour, stoppées net au deuxième. Pour la première fois depuis 1990, aucune Française ne figure dans le Top 50 mondial après Wimbledon.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Aucune Française en quarts de finale à Wimbledon 2026, seulement deux au-delà du premier tour
- Zéro joueuse française dans le Top 50 mondial après le tournoi, une première depuis 1990
- Elsa Jacquemot chute de 27 places et sort du Top 100, Diane Parry recule à la 55e position
- Kristina Mladenovic remporte le double dames, première Française depuis 1937
- Ivan Ljubicic, responsable FFT « Le bilan n'est pas bon, on le sait »
Court numéro 12, Wimbledon, 2 juillet 2026. Léolia Jeanjean perd le dernier point. 6-4, 6-3 face à Daria Snigur. Elle range sa raquette. C’est fini. Plus aucune Française en lice dans le tableau simple dames. Diane Parry était sortie la veille au deuxième tour, après avoir mené 8-4 dans le super tie-break décisif. Deux tours maximum pour les tricolores. Zéro quart de finale.
Le premier tour avait déjà fait le ménage. Elsa Jacquemot éliminée par Naomi Osaka, 6-1, 7-5. Loïs Boisson battue en trois sets par la numéro 2 mondiale Elena Rybakina. Seules Parry et Jeanjean ont vu le deuxième tour. Elles n’ont pas vu le troisième.
Le classement s’effondre
Les chiffres suivent. Diane Parry, meilleure Française, recule à la 55e place mondiale. Elsa Jacquemot dégringole de 27 rangs, 107e, hors du Top 100. Varvara Gracheva, 95e - est forfait pour toute la saison sur gazon: rupture du ligament croisé. Loïs Boisson tombe autour de la 290e place.
Pour la première fois depuis 1990 - aucune Française ne figure dans le Top 50 mondial à l’issue du tournoi londonien. Seules deux tricolores restent dans le Top 100: Parry et Gracheva.
« Le bilan n’est pas bon, on le sait »
Ivan Ljubicic, responsable du haut niveau à la Fédération Française de Tennis - ne mâche pas ses mots. « Le bilan n’est pas bon, on le sait ». Il parle d’« accepter la situation d’aujourd’hui ». Diane Parry, elle, assume: « Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même ». Elsa Jacquemot poste sur les réseaux: « Ce n’est pas le résultat dont je rêvais, mais fouler ce court. Je ne veux pas m’arrêter là ».
Le retrait de Caroline Garcia fin 2025 a laissé un vide. Personne n’a pris le relais au plus haut niveau. La participation de Léolia Jeanjean, issue des qualifications, à 30 ans pour son premier tableau principal à Wimbledon - révèle un manque de structure pour la relève.
Ce que personne ne dit
Le tennis féminin français avait déjà connu son pire Roland-Garros depuis 1981 en 2026 - avec seulement deux joueuses qualifiées pour le deuxième tour. Un article de janvier 2025 s’interrogeait sur les raisons pour lesquelles le tennis féminin français « n’y arrive plus » - soulignant un « énorme passage à vide » et l’absence de Bleues dans les 90 meilleures joueuses mondiales à l’époque. Six mois plus tard, Wimbledon confirme: le problème n’est pas conjoncturel, il est structurel. La crise était annoncée. Elle est désormais installée.
Une seule victoire: le double
Kristina Mladenovic sauve l’honneur. Elle remporte le double dames avec la Chinoise Hanyu Guo, 6-3, 7-5 en finale. Première Française à triompher en double féminin à Wimbledon depuis Simonne Mathieu en 1937. Première de l’ère Open dans cette catégorie.
« Je doutais d’avoir la capacité de retrouver un tel niveau. C’est vraiment un rêve qui devient réalité. Je n’arrive pas à croire ce qui vient d’arriver » - confie-t-elle après le match.
Ce titre en double masque mal la débâcle en simple. La dernière Française à remporter un Grand Chelem en simple reste Marion Bartoli, à Wimbledon en 2013. Avant elle, Amélie Mauresmo en 2006. Treize ans sans titre majeur en simple. Le gouffre se creuse.
Le passé glorieux s’éloigne
Suzanne Lenglen avait remporté six titres à Wimbledon. Mauresmo, Bartoli ont fait vibrer le gazon londonien. Ce temps-là semble révolu. Le présent, c’est Parry qui perd un super tie-break mené 8-4. C’est Jacquemot qui sort du Top 100. C’est Gracheva sur le billard.
Ljubicic parle d’acceptation. Les joueuses parlent de détermination. Entre les deux, il y a un classement mondial qui ne ment pas. Et une interrogation: jusqu’à quand?
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (6)
« Pour la première fois depuis 1990, aucune Française ne figure dans le Top 50 mondial à l'issue du tournoi londonien. »
liberation.fr ↗ ↩
« Le retrait de Caroline Garcia fin 2025 a laissé un vide béant, aucune joueuse n'ayant pris le relais au plus haut niveau. »
sports.fr ↗ ↩
« Le tennis féminin français avait déjà connu son pire Roland-Garros depuis 1981 en 2026, avec seulement deux joueuses qualifiées pour le deuxième tour. »
fr.wikipedia.org ↗ ↩
« Un article de janvier 2025 s'interrogeait déjà sur les raisons pour lesquelles le tennis féminin français "n'y arrive plus", soulignant un "énorme passage à vide" et l'absence de Bleues dans les 90 meilleures joueuses mondiales à l'époque. »
eurosport.fr ↗ ↩
« Varvara Gracheva a été contrainte au forfait pour toute la saison sur gazon suite à une rupture du ligament croisé, illustrant la fragilité physique des joueuses. »
eurosport.fr ↗ ↩
« Le bilan n'est pas bon, on le sait »
fft.fr ↗ ↩
