Tinqueux : des jardins partagés pour tisser du lien entre voisins

Une association de quartier porte un projet de jardins collectifs dans le cadre de l'écoquartier Croix Cordier.

Tinqueux : des jardins partagés pour tisser du lien entre voisins
Illustration Nathalie Rousselin / info.fr

À Tinqueux, en Marne, une association de quartier se mobilise pour créer des jardins partagés. Derrière les carrés de terre et les graines à semer, l'ambition est double : produire local et recréer du lien entre habitants.

Un carré de terre, des bacs en bois, quelques plants de tomates. Le décor paraît simple. Mais à Tinqueux, commune de 12 000 habitants collée à Reims, le projet de jardins partagés porté par une association de quartier s’inscrit dans une démarche bien plus large. Celle de l’écoquartier Croix Cordier, dont la première tranche a démarré en 2022 avec 98 logements construits par Plurial Novilia, selon la mairie de Tinqueux.

L’idée centrale : faire des espaces verts des lieux de vie piétons, loin de la voiture, où les voisins se croisent et échangent. Les jardins partagés sont présentés comme l’un des outils de cette ambition, aux côtés de la mobilité douce et de la lutte contre le réchauffement climatique. Le tout dans un programme municipal qui court de 2020 à 2026, comme le précise la ville sur son site.

Un élan associatif ancré dans un projet d’écoquartier

Du côté du Grand Parc - autre écoquartier tinqueusien - , la Résidence Sakura intègre elle aussi des jardins partagés. L’acte fondateur du projet y a été signé le 9 septembre 2022 à la Foire de Châlons-en-Champagne, selon le site officiel du Grand Parc. En janvier 2025, Tinqueux Le Mag soulignait déjà que ces jardins constituent un axe fort pour répondre aux enjeux climatiques du territoire.

Pour animer ces espaces, le modèle associatif fait référence dans la région. À Reims, l’Association Rémoise des Jardins Familiaux gère ce type d’initiative depuis des années, un schéma que Tinqueux entend adapter à son échelle, selon la mairie. Des ateliers compostage et jardinage sont prévus du 8 au 29 avril 2026 pour fédérer les futurs jardiniers.

Un précédent déjà agité

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L’idée n’est pas nouvelle à Tinqueux. En 2018, un projet similaire autour de onze pavillons avait suscité des oppositions, comme l’avait rapporté L’Union : certains riverains refusaient l’idée d’espaces verts communs, attachés à la notion de jardin privatif. Huit ans plus tard, le contexte a changé. La pression climatique, la hausse des prix alimentaires et l’essor du « faire ensemble » ont rebattu les cartes.

Le Plan Local d’Urbanisme de Tinqueux, révisé en 2021, intègre désormais explicitement les jardins partagés ou familiaux comme espaces de biodiversité dans les zones d’aménagement, selon un document publié par Grand Reims. Une base réglementaire qui facilite le travail des associations.

La prochaine étape sera d’embarquer les habitants. Les ateliers d’avril 2026 serviront à la fois de formation pratique et de première rencontre entre futurs voisins de parcelle. Ce que personne ne peut encore garantir, c’est combien de riverains franchiront le pas.

Sources

Nathalie Roussel

Nathalie Roussel

Basée à Châlons-en-Champagne, elle traite la viticulture champenoise, les tensions sur les classements, l'agriculture céréalière et les débats sur la base militaire. Diplômée de l'IJBA Bordeaux, elle a commencé en radio. Ligne éditoriale : interroger les viticulteurs, les négociants, les militaires, croiser les chiffres de ventes avant de conclure.

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