Tiques dans l’Ain : alerte aux randonneurs du Bugey ce printemps

Face à une recrudescence de cas d'encéphalite et de Lyme, les autorités sanitaires mobilisent les habitants de l'Ain.

Tiques dans l'Ain : alerte aux randonneurs du Bugey ce printemps
Illustration Nathalie Rousselin / info.fr

Vingt-six cas d'encéphalite à tiques ont été confirmés dans l'Ain. L'ARS Auvergne-Rhône-Alpes lance une campagne de prévention ciblant les randonneurs du Bugey. Miribel, déjà sensibilisée dès 2024, est en première ligne.

Les sentiers du Bugey sont beaux en avril. Mais depuis quelques semaines, les autorités sanitaires de l’Ain ont un message clair pour ceux qui les empruntent : regardez où vous marchez, et vérifiez votre peau en rentrant. Les tiques sont de retour - et elles sont plus nombreuses à être porteuses de maladies.

Des chiffres qui alertent

Dans l’Ain, 26 cas confirmés ou probables d’encéphalite à tiques ont été identifiés, selon le site spécialisé Univadis. À l’échelle nationale, 62 cas ont été notifiés en 2024, soit une hausse de 60 % par rapport à 2023 et de 77 % par rapport à 2022, d’après Egora. Une tendance qui se confirme en 2026, notamment dans l’Ain et la Haute-Savoie.

La région Auvergne-Rhône-Alpes est particulièrement exposée. Selon Le Progrès, 16,9 % des tiques testées dans la région sont porteuses de Borrelia burgdorferi sensu lato, la bactérie responsable de la maladie de Lyme - troisième taux le plus élevé de France. À l’échelle nationale, le programme CiTIQUE (INRAE) estime que 27 % des tiques transmettent au moins un agent pathogène à l’humain.

Se vacciner, se couvrir, signaler

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L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes rappelle les gestes essentiels dès le printemps : porter des vêtements couvrants en forêt, inspecter sa peau après chaque sortie, et signaler toute morsure sur la plateforme CiTIQUE. Pour l’encéphalite à tiques spécifiquement, trois vaccins sont disponibles en France - Ticovac adulte, Ticovac enfant et Encepur - et recommandés pour les personnes fréquentant les zones endémiques comme le Bugey, selon Univadis.

Le réchauffement climatique joue un rôle dans cette recrudescence : les tiques sont actives dès que la température dépasse 7°C, ce qui allonge mécaniquement leur période d’activité, selon Atmo BFC.

Miribel, déjà mobilisée

À Miribel, la vigilance n’est pas nouvelle. Le 10 avril 2024, le centre socio-culturel accueillait déjà une conférence sur la prévention des piqûres de tiques et la maladie de Lyme, organisée par la Mutualité française Auvergne-Rhône-Alpes. Cette année, la campagne de l’ARS s’inscrit dans cette continuité, avec une portée élargie à l’ensemble du département.

Prochaine étape : la Haute Autorité de Santé a actualisé en février 2025 ses recommandations sur la borréliose de Lyme et les autres maladies vectorielles à tiques, dans l’objectif d’harmoniser les pratiques de diagnostic et de traitement sur tout le territoire.

Sources

Mathieu Perret

Mathieu Perret

Correspondant à Bourg-en-Bresse depuis sept ans, suit l'actualité politique locale et les dossiers économiques de l'Ain. Couvre la zone industrielle du Plastics Vallée, les tensions autour du contournement routier, l'agriculture bressane et les restructurations dans la métallurgie. Refuse les analyses toutes faites : vérifie chaque chiffre sur le terrain, interroge élus et salariés avant de publier.

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