Rapport BEA Tomblaine : « ça fume » dans la cabine avant le crash
Le rapport préliminaire du Bureau d'enquêtes et d'analyses détaille les dernières minutes du vol qui a coûté la vie à onze personnes le 28 juin.
Le Bureau d'enquêtes et d'analyses a publié ce 23 juillet son rapport préliminaire sur le crash d'un Pilatus PC-6 à Tomblaine, en Meurthe-et-Moselle. Des moniteurs de parachutisme avaient signalé de la fumée dans la cabine peu après le décollage. Onze personnes sont mortes le 28 juin.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le rapport préliminaire du BEA, publié le 23 juillet 2026, porte sur le crash du Pilatus PC-6 D-FIPS survenu le 28 juin à Tomblaine (54).
- Des moniteurs de parachutisme ont signalé « ça fume » en désignant l'avant droit de la cabine peu après le décollage.
- Le BEA relève une diminution du régime moteur et des fluctuations de l'hélice avant le décrochage de l'appareil.
- Onze personnes sont mortes le pilote, cinq moniteurs de parachutisme et cinq élèves infirmiers.
- L'enquête judiciaire est confiée au pôle accidents collectifs du parquet de Paris et à la SRGTA.
Le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) a rendu public, ce 23 juillet 2026, son rapport préliminaire sur l’accident du Pilatus PC-6 immatriculé D-FIPS. L’avion s’est écrasé le 28 juin dernier à Tomblaine, commune de l’agglomération nancéienne, en Meurthe-et-Moselle. Le document revient en détail sur les premiers instants du vol, à partir des témoignages recueillis et des éléments techniques disponibles.
Ce que révèle le rapport préliminaire du BEA
Selon le BEA, des moniteurs de parachutisme installés à bord se sont exclamés « ça fume », en désignant l’avant droit de la cabine, peu après le décollage de l’appareil. Cette alerte, rapportée par les témoins présents dans l’avion, constitue l’un des éléments centraux du rapport publié ce jeudi. Le BEA a communiqué son analyse via son propre canal, en détaillant la chronologie des faits.
Le média local ICI Lorraine a relayé ces conclusions dès leur publication, reprenant l’expression employée par les témoins pour qualifier ce qu’ils ont observé dans la cabine.
Les dernières minutes du vol
D’après les éléments techniques recueillis par les enquêteurs, le rapport évoque une diminution du régime moteur et des fluctuations de l’hélice dans les instants qui ont suivi le signalement de fumée. L’appareil a ensuite décroché avant de percuter le sol. Le BEA ne tranche pas, à ce stade, sur l’origine exacte de cette perte de puissance moteur. Le rapport préliminaire pose les bases factuelles de l’enquête, sans conclusion définitive sur les causes.
Onze victimes, un avion loué pour des baptêmes de l’air
L’accident a coûté la vie aux onze occupants de l’appareil : le pilote, cinq moniteurs de parachutisme et cinq élèves infirmiers, selon les informations communiquées par la gendarmerie. Le Pilatus PC-6 était loué par l’association Tandemotion Parachutisme, qui organisait des sauts en parachute et des baptêmes de l’air depuis l’aérodrome de Tomblaine. Ce type d’appareil, conçu pour le décollage et l’atterrissage sur de courtes distances, est couramment utilisé par les clubs de parachutisme pour transporter des sauteurs en altitude.
Une enquête judiciaire confiée au parquet de Paris
Une enquête judiciaire a été ouverte en parallèle du travail technique du BEA. Elle est confiée au pôle accidents collectifs du parquet de Paris, en lien avec la section de recherches de la gendarmerie des transports aériens. Cette double instruction, technique et judiciaire, est la procédure habituelle en France après un accident aérien mortel impliquant plusieurs victimes. Le rapport final du BEA, qui devra détailler les causes précises du drame, n’a pas de date de publication annoncée à ce stade.
Contexte dans le Meurthe-et-Moselle
Tomblaine est une commune limitrophe de Nancy, au sein du Grand Nancy. Son aérodrome accueille depuis plusieurs années des activités de loisir aérien, dont le parachutisme sportif. Ce crash est présenté comme l’accident d’aviation légère le plus meurtrier survenu en France. Il a suscité une forte émotion dans l’agglomération nancéienne, où l’aérodrome de Tomblaine est un lieu connu des amateurs de sports aériens et de parachutisme.
Ailleurs en France, les services de secours et les autorités locales restent mobilisés sur d’autres dossiers, à l’image des pompiers des Landes engagés à Biscarrosse ou du SDIS 19 mobilisé en Corrèze ces derniers jours.
Prochaine étape
L’enquête judiciaire se poursuit à Paris, tandis que le BEA continue ses travaux techniques en vue d’un rapport final. Aucune date n’a été communiquée pour sa publication.