Tour de France 2026 : TotalEnergies place cinq coureurs devant mais manque la victoire à Belfort
Le consultant de TotalEnergies salue l'engagement collectif après l'étape 13 mais regrette l'absence de victoire
Jordan Jegat termine 7e de l'étape 13 et grimpe à la 11e place du général. Tony Gallopin salue l'engagement de l'équipe mais regrette l'absence de concrétisation. La montagne arrive ce week-end.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Jordan Jegat termine 7e de l'étape 13 et grimpe à la 11e place du général, à 10'26" de Tadej Pogačar
- TotalEnergies place cinq coureurs dans l'échappée de 205,8 km, la plus longue du Tour 2026
- Tony Gallopin, consultant depuis le 1er juillet, salue l'engagement mais regrette l'absence de victoire
- Le top 10 au général reste un « fil rouge » pour l'équipe, avec les Alpes qui arrivent ce week-end
Belfort, 17 juillet, 16h30. La ligne d’arrivée de la 13e étape vient de basculer. Cinq coureurs TotalEnergies ont passé 205,8 km dans l’échappée du jour. Jordan Jegat termine 7e - à deux secondes du vainqueur Mauro Schmid. Dans la zone mixte, Tony Gallopin desserre sa cravate. Il salue l’effort. Mais quelque chose manque.
« Le général reste un fil rouge sur ce Tour », lâche Gallopin devant les caméras. Le consultant expert - arrivé dans le staff le 1er juillet aux côtés de Stéphane Heulot et des directeurs sportifs Romain Sicard et Cyril Lemoine - parle posément. Jegat occupe désormais la 11e place du classement général - à 10 minutes 26 du leader Tadej Pogačar. L’objectif d’un top 10 reste à portée. Mais la victoire d’étape, celle qu’on attendait sur cette journée cochée depuis le départ, n’est pas venue.
« Chapeau », dit Gallopin en évoquant ses cinq coureurs dans l’échappée: Jordan Jegat, Nicolas Breuillard - Thibault Guernalec - Mattéo Vercher et Joris Delbove. L’engagement collectif est là. La fin d’étape était « super tactique », « not easy to manage », avec des niveaux très proches. Mais au bout, c’est Schmid qui lève les bras.
Gallopin, l’œil tactique qui manquait
L’arrivée de Tony Gallopin dans le staff le 1er juillet a modifié l’organigramme de TotalEnergies. Aux côtés de Stéphane Heulot - il épaule les directeurs sportifs Romain Sicard et Cyril Lemoine avec un œil neuf sur la tactique de course. Gallopin apporte son expérience du peloton et sa capacité à décrypter les fins de course serrées. C’est lui qui analyse désormais les opportunités d’échappée, conseille sur les placements, ajuste la stratégie en temps réel depuis la voiture suiveuse. Sa première prise de parole publique après l’étape 13 révèle un homme lucide sur les forces de son équipe, mais aussi sur ce qui lui manque encore pour franchir le cap.
Un top 10 à portée, mais les Alpes guettent
La 11e place de Jegat au général cache une réalité plus nuancée. L’an dernier, le coureur breton avait terminé 10e du Tour - preuve qu’il possède le niveau pour viser le top 10. Cette année, avec 10 minutes 26 de retard sur Pogačar - il se situe dans la zone cible. Mais la marge est mince. Devant lui, neuf coureurs dont certains pourraient craquer dans les Alpes. Derrière, une meute de grimpeurs prêts à bondir. Le week-end de haute montagne qui s’annonce va redistribuer les cartes. Pour TotalEnergies, l’objectif du top 10 reste le fil rouge de ce Tour. Jegat a prouvé qu’il savait gagner du temps dans les échappées. Reste à savoir s’il tiendra le rythme quand Pogačar, Vingegaard et Evenepoel accéléreront dans les pentes.
Ce que les chiffres ne disent pas
Gallopin avoue une « petite pointe de déception ». Jegat était « légitimement frustré » de ne pas avoir concrétisé cette « magnifique opportunité ». L’équipe a placé cinq coureurs devant sur la plus longue étape du Tour. Elle a gagné plus de sept minutes sur le peloton. Elle a progressé à la 10e place du classement par équipes. Mais « il manque ce tout petit truc pour basculer ».
Ce « truc », c’est la lucidité dans les 500 derniers mètres. Le placement au bon moment. La jambe qui répond quand il faut. Schmid l’a eu. L’équipe continue de chercher cette clé. Les occasions ne reviendront pas à l’infini.
Le dernier Tour sous le maillot TotalEnergies
Cette édition 2026 marque la fin d’une époque. TotalEnergies court sous son sponsor principal actuel pour la dernière fois. Le retrait du groupe pétrolier, annoncé pour la fin de l’année - oblige l’équipe à chercher un nouveau financeur majeur. Dans ce contexte, chaque résultat compte double. Une victoire d’étape ou une belle place au général auraient pesé lourd dans les négociations avec les sponsors potentiels. Elles auraient aussi offert une sortie glorieuse à un partenaire présent depuis des années. Mais pour l’instant, TotalEnergies tourne autour du podium sans jamais y monter. Le staff le sait: dans le cyclisme professionnel, les promesses ne suffisent pas. Il faut des résultats visibles, des images qui marquent, des victoires qui se gravent dans les mémoires. Et le temps presse.
Le week-end de tous les dangers
Samedi 18 juillet, étape 14. « Maintenant, on va arriver dans de la très haute montagne », prévient Gallopin. Tadej Pogačar conserve le maillot jaune. Tom Pidcock a bondi à la 4e place après l’échappée. La bataille pour le podium va s’intensifier. Pour Jegat, l’enjeu est autre: défendre sa 11e place, viser mieux si possible, surtout ne pas craquer.
Après le week-end montagneux, une journée de repos et un contre-la-montre remettront les compteurs à zéro. TotalEnergies a prouvé qu’elle savait placer ses coureurs. Elle sait construire des échappées. Elle tourne autour du top 10. Mais tant que la victoire ne vient pas, le « fil rouge » reste un objectif inachevé.
Gallopin referme son micro. Il rejoint la voiture suiveuse. Demain, la montagne. Demain, le vrai test.
