Pogačar visé au Lioran : l’étape qui peut tout changer
166,6 km et 3 800 m de dénivelé la première montagne après le repos
Le Tour reprend ce 14 juillet par 166,6 km de montagne dans le Cantal. Pogačar a 2'42'' d'avance, Vingegaard veut tester, Van Eetvelt guette.
- Étape de montagne de 166,6 km avec 3 800 m de dénivelé entre Aurillac et Le Lioran ce 14 juillet
- Pogačar mène avec 2'42'' d'avance sur Vingegaard, qui a gagné au Lioran en 2024
- Van Eetvelt, sixième aux Angles, est cité parmi les outsiders pour la victoire d'étape
- Six ascensions dont le Col de Pertus (4,4 km à 8,5%) à 14,6 km de l'arrivée
- Températures caniculaires de 34-35°C qui vont peser sur la gestion de course
Le Tour de France 2026 reprend ce mardi 14 juillet par une étape de montagne de 166,6 km entre Aurillac et Le Lioran, avec environ 3 800 mètres de dénivelé positif. Après la journée de repos, les leaders du classement général vont se jauger sur un terrain où rien ne pardonne. Et pour cause: six ascensions, des pentes à 8,5%, et une chaleur qui transforme chaque kilomètre en piège. Le moindre faux pas, un mauvais placement dans le peloton, une accélération mal dosée, peut faire perdre des secondes décisives, voire précipiter une défaillance. C’est dans ce décor volcanique que le duel Pogačar-Vingegaard s’apprête à écrire un nouveau chapitre.
Pogačar en position de force
Tadej Pogačar (UAE Team Emirates-XRG) aborde cette 10e étape avec une avance de 2’42 » sur Jonas Vingegaard (Visma | Lease a Bike), deuxième au classement général. Le Slovène sort d’une victoire dominante au Tourmalet lors de l’étape 6, où il a déclaré: « Je dirais que celle-ci fait partie de mes cinq meilleures victoires sur le Tour de France. C’est une victoire incroyable, et l’une des plus douces à coup sûr. Je ne calculais pas les secondes ou les minutes, je voulais juste aller à fond jusqu’à la fin ».
Les bookmakers placent Pogačar favori avec une cote de 6/4 pour la victoire d’étape. Mais le parcours, avec ses six ascensions répertoriées, offre des leviers tactiques à ses adversaires.
Six ascensions pour fracturer la course
Le profil de l’étape enchaîne la Côte de Pailherols (3,3 km à 6,5%) - le Col de la Griffoul (5,9 km à 6,7%) - inédit sur le Tour -, le Col de Prat de Bouc (3,2 km à 5,8%) - la Côte de Murat (6,6 km à 4,4%) - le Puy Mary - Pas de Peyrol (7,8 km à 6%) - et le Col de Pertus (4,4 km à 8,5%) situé à 14,6 km de l’arrivée.
L’arrivée au Lioran se joue après le Col de Font de Cère (3,3 km à 5,8% sur la partie classée) - suivi d’une légère descente et des 2,5 derniers kilomètres dont les dernières centaines de mètres remontent à 6%.
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Le duel tactique: Vingegaard doit-il attaquer dès le Pertus?
Jonas Vingegaard - deuxième au général, a remporté l’étape au Lioran en 2024 en battant Pogačar au sprint. Le Danois cherchera à exploiter le terrain pour tester la forme de son rival slovène après le jour de repos. L’écart de 2’42 » est suffisant pour que Pogačar puisse se permettre de répondre plutôt que d’attaquer. Si Vingegaard ne tente rien ici, il validera implicitement que la hiérarchie est figée. Mais attaquer trop tôt, dès le Col de Pertus (4,4 km à 8,5%) - comporte un risque: 14,6 km de descente et replat jusqu’à l’arrivée - où Pogačar excelle en contre. L’enjeu est clair: le Danois doit créer un écart significatif avant Font de Cère pour espérer reprendre du temps. À l’inverse, Pogačar peut jouer la montre et attendre la dernière ascension pour exploser la course, fort de son avance au général. C’est un duel d’approches, où chaque directeur sportif pèse les pourcentages.
Van Eetvelt, l’outsider entre espoir et doute
Lennert Van Eetvelt (Lotto-Intermarché), sixième lors de la 3e étape de montagne aux Angles - est cité comme outsider sérieux. Le Belge, capable de performances éclatantes, reste marqué par sa déception de l’étape 9. Après sa sixième place aux Angles, il déclarait: « Je suis assez content du résultat. Ce fut une journée longue et difficile. Tout le monde a ressenti la combinaison de la chaleur et de l’altitude ». Mais son moral a vacillé dans la dernière étape avant repos: « Je suis déçu de moi-même d’avoir abandonné à la fin. Mentalement, j’avais déjà cédé l’étape ». Cette contradiction illustre sa fragilité mentale dans les moments clés. Pourtant, sur un parcours aussi sélectif, Van Eetvelt possède les qualités de grimpeur pour surprendre si la tête de course se neutralise. Sa vraie force? La capacité à accélérer sur les pentes raides du Pertus, où sa morphologie longiligne fait merveille. Mais pour cela, il devra tenir mentalement jusqu’au bout, ce qui reste sa principale inconnue.
35°C dans le Cantal: quand la chaleur dicte la stratégie
Avec 34-35°C annoncés - la chaleur n’est pas un simple paramètre météo: elle devient un facteur tactique aussi crucial que les pentes. Les organismes soumis à des écarts de température élevés entre la vallée (départ à Aurillac) et les sommets (Le Lioran, 1 240 m) doivent gérer hydratation et thermorégulation. Dans ces conditions, les échappées matinales ont une probabilité de réussite accrue, car les favorites peinent à maintenir un rythme élevé sous la canicule. Les coureurs comme Tom Pidcock (Pinarello Q36.5), réputé pour sa résistance à la chaleur, pourraient en profiter. Les directeurs sportifs ajustent leur plan: ravitailler plus tôt, moduler l’effort dans les descentes, éviter les accélérations brutales près des cols. La chaleur transforme chaque kilomètre en épreuve de gestion, où celui qui maîtrise ses pulsations l’emporte souvent sur le plus fort.
Le Lioran, terre de duels et de records
La station du Lioran accueille le Tour pour la quatrième fois. Michel Pollentier y avait gagné en 1975 - Greg Van Avermaet en 2016. En 2024, le duel Vingegaard-Pogačar avait marqué les mémoires - avec une victoire au sprint du Danois.
Aurillac, qui donne le départ pour la dixième fois - voit partir une course où chaque seconde compte. Avec des températures annoncées autour de 34-35°C - la gestion de l’effort devient un paramètre tactique aussi lourd que les jambes. Plusieurs coureurs ont déjà abandonné lors des premières étapes, mais les principaux favoris au classement général sont toujours en lice, et le peloton reste compact pour ce qui s’annonce comme un premier test de vérité après le repos.
Échappées et ambitions tricolores
Tom Pidcock (Pinarello Q36.5) figure parmi les coureurs offensifs susceptibles de tenter leur chance dans une échappée. Les outsiders pour ce scénario incluent Georg Zimmermann - Valentin Paret-Peintre - Ramses Debruyne - Pablo Castrillo - Raúl García Pierna - Marco Frigo - Jordan Jegat - Ion Izagirre et Michael Storer.
Pour le classement général, Juan Ayuso - Florian Lipowitz - Remco Evenepoel sont cités comme prétendants secondaires, tandis qu’Isaac del Toro est présenté comme coéquipier de Pogačar et non comme candidat au général.
En ce jour de fête nationale, Romain Grégoire - champion de France, porte les espoirs tricolores. Aucun Français n’a remporté d’étape un 14 juillet depuis Raymond Delisle en 1969. Une disette qui pèse, alors que le parcours se prête aux coups d’éclat. Grégoire peut compter sur sa pointe de vitesse dans un final groupé, mais il devra aussi surveiller les opportunités d’échappée. Valentin Paret-Peintre et Jordan Jegat - cités parmi les outsiders, pourraient épauler leur leader ou tenter leur chance de loin. Le Cantal a déjà souri aux Français: en 1975, Pollentier s’était imposé au Lioran. Romain Grégoire rêve d’imiter cet exploit. Mais pour cela, il faudra que les favoris se regardent et laissent filer l’échappée. Un scénario plausible si Vingegaard et Pogačar se neutralisent dans la dernière heure de course.
► Lire aussi: Tour de France 2026: les étapes qui vont tout décider
Ce que personne ne dit
Le timing de cette étape, juste après le repos, pose une équation rarement abordée: Pogačar a-t-il intérêt à attaquer dès le Pertus, à 14,6 km de l’arrivée - ou à laisser Vingegaard forcer pour tester sa récupération? En 2024, c’est Vingegaard qui avait pris l’initiative et gagné. Cette fois, avec 2’42 » d’avance - le Slovène peut choisir de répondre plutôt que d’initier. Un luxe tactique que le Danois n’a pas. Si Vingegaard ne teste pas Pogačar ici, il validera implicitement que l’écart est trop grand. Le repos a peut-être changé la hiérarchie, ou confirmé qu’elle est déjà figée.
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (7)
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2:42 , Avance de Pogacar sur Vingegaard au classement général avant l'étape
« Tadej Pogacar holds a 2m 42s lead at the start of the stage »
rouleur.cc ↗ ↩ -
~3 800 m , Dénivelé positif approximatif de l'étape
« Mountain stage | 166.6km | Approx. 3,800m climbing »
x.com ↗ ↩ -
sixième place , Résultat obtenu par Lennert Van Eetvelt lors de la 3ème étape de montagne.
« Le "Belge explosif" a réalisé un Tour solide jusqu'à présent, avec une sixième place remarquable lors de la 3ème étape de montagne vers Les Angles. »
lotto-intermarche.be ↗ ↩ -
Je suis déçu de moi-même d'avoir abandonné à la fin. Mentalement, j'avais déjà cédé l'étape. , Déclaration de Lennert Van Eetvelt après l'étape 9.
« Cependant, son état d'esprit après l'étape 9 était plus sombre: "Je suis déçu de moi-même d'avoir abandonné à la fin. Mentalement, j'avais déjà cédé l'étape." »
lotto-intermarche.be ↗ ↩ -
34-35°C , Températures caniculaires annoncées pour la 10e étape.
« Avec des températures annoncées autour de 34-35°C, la gestion de l'effort et l'hydratation deviennent des facteurs tactiques aussi décisifs que les jambes. »
letour.fr ↗ ↩ -
Raymond Delisle, coureur français , Dernier vainqueur français d'une étape du Tour de France un 14 juillet en 1969.
« aucun Français n'a remporté d'étape un 14 juillet depuis Raymond Delisle en 1969. »
ledicodutour.com ↗ ↩ -
Romain Grégoire, champion de France de cyclisme , Espoir tricolore pour l'étape du 14 juillet.
« Enfin, en ce jour de fête nationale, les coureurs français, à l'image du champion de France Romain Grégoire, espèrent mettre fin à une longue attente: aucun Français n'a remporté d'étape un 14 juillet depuis Raymond Delisle en 1969. »
letour.fr ↗ ↩