Chalon-sur-Saône, dernier sprint avant la montagne
Les équipes de sprinters jouent leur dernière carte ce jeudi avant les Vosges et les Alpes
179 kilomètres entre Nevers et Chalon-sur-Saône. Trois bosses de 4e catégorie, la dernière à 20 km de l'arrivée. Après, les Vosges ferment la porte.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Dernière fenêtre pour les sprinteurs
Après cette étape, les Vosges puis les Alpes ferment définitivement la porte aux rouleurs purs jusqu'à l'arrivée sur les Champs-Élysées. C'est maintenant ou jamais.
Une bosse à 20 km qui change tout
La Côte de Montagny-lès-Buxy (2,7 km à 4,3 %) tombe assez tard pour décrocher les plus lourds, mais assez tôt pour permettre un regroupement. Le timing est critique.
Équilibre classement général préservé
Tadej Pogačar conserve son avance sur Vingegaard et Evenepoel. L'étape 12 ne devrait pas bouleverser la hiérarchie au sommet, sauf incident.
Historique favorable aux coups de force
Chalon-sur-Saône a vu des échappés l'emporter par le passé (Robinson 1959, Stablinski 1961, Marie 1988). Le profil laisse une marge d'incertitude.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- L'étape 12 relie le Circuit de Nevers Magny-Cours à Chalon-sur-Saône sur 179,1 kilomètres avec 1 800 mètres de dénivelé.
- Trois côtes de 4e catégorie ponctuent le parcours, dont la Côte de Montagny-lès-Buxy (2,7 km à 4,3 %) située à environ 20 kilomètres de l'arrivée.
- Søren Wærenskjold a remporté l'étape 11 à Nevers. Jasper Philipsen a été déclassé.
- Les sprinteurs favoris sont Tim Merlier, Olav Kooij, Jasper Philipsen et Biniam Girmay.
- Dès le lendemain, l'étape 13 vers Belfort (205,8 km, 2 400 m de dénivelé) ferme la porte aux rouleurs avec le Col des Croix et le Ballon d'Alsace.
Le peloton sort du circuit de Magny-Cours ce jeudi à 13h30. Direction Chalon-sur-Saône, 179,1 kilomètres plus loin. Les équipes de sprinteurs le savent: c’est leur dernière fenêtre avant que la route ne se redresse pour de bon.
La veille, Søren Wærenskjold a gagné à Nevers dans un final heurté. Jasper Philipsen - lui, a été déclassé. Les formations de sprinters veulent reprendre la main. Mais le profil ne leur fait pas de cadeaux gratuits.
Trois bosses, dont une à 20 kilomètres de l’arrivée
L’étape traverse le Sud-Morvan avec trois côtes de 4e catégorie. La Côte de Lanty d’abord, 2,0 km à 4 % au kilomètre 76,5. Puis la Côte de Cuzy, 2,4 km à 4,5 % au kilomètre 97,8. Rien qui fasse mal. Mais la dernière, la Côte de Montagny-lès-Buxy, tombe au kilomètre 159,4. Soit environ 20 kilomètres de l’arrivée.
2,7 kilomètres à 4,3 %. Suffisant pour décrocher les plus lourds? Christian Prudhomme penche pour le non: « Il restera peu d’espoir aux attaquants pour résister aux équipes de sprinteurs dans le vignoble chalonnais ». Thierry Gouvenou - le traceur du Tour, s’est lui-même interrogé sur la difficulté réelle de cette bosse pour les rouleurs purs.
Le dénivelé total de l’étape atteint 1 800 mètres. Pas plat, mais gérable. L’arrivée est prévue entre 17h29 et 17h39 - selon une vitesse moyenne de 45 à 47 km/h. Le sprint intermédiaire de Decize, au kilomètre 45,8 - donnera un premier indice sur les intentions du peloton.
Les sprinteurs ou rien
Tim Merlier - Olav Kooij - Jasper Philipsen - Biniam Girmay: les équipes de rouleurs ont les cartes en main. Chalon-sur-Saône est une ville habituée aux sprints massifs. Dylan Groenewegen y a gagné en 2019 lors du Tour de France. Sam Bennett en 2017 sur Paris-Nice.
Les formations de sprinters veulent verrouiller l’étape dès le départ. Leurs directeurs sportifs connaissent la musique: laisser partir une échappée inoffensive dans les premiers kilomètres, contrôler l’écart dans le Morvan, accélérer dans la Côte de Montagny-lès-Buxy pour décourager les attardataires, puis ramener les échappés dans les 15 derniers kilomètres. Objectif: un sprint massif dans le vignoble chalonnais. Mais encore faut-il que les équipiers tiennent jusqu’au bout.
Le pari des attaquants
Mais l’histoire locale raconte autre chose. Brian Robinson en 1959 - Jean Stablinski en 1961 - Thierry Marie en 1988: tous ont gagné ici en s’extirpant du peloton ou d’une échappée. Ces précédents nourrissent l’espoir des baroudeurs.
Le profil de cette édition 2026 leur donne une chance. Si une équipe pousse fort dans la Côte de Montagny-lès-Buxy au kilomètre 159, les sprinters les plus lourds peuvent décrocher. Vingt kilomètres jusqu’à l’arrivée, c’est suffisant pour maintenir une avance si le peloton arrive morcelé au sommet. Mais cela suppose que les équipes de sprinters aient déjà brûlé leurs équipiers dans les deux premières bosses. Un pari risqué, mais pas impossible.
Prudhomme contre les attaquants
Christian Prudhomme ne croit pas au coup de force. « Même avec l’aide de la côte de Montagny-lès-Buxy, il restera peu d’espoir aux attaquants pour résister aux équipes de sprinteurs dans le vignoble chalonnais ». Le directeur du Tour parie sur un retour en force des trains de sprinters.
Pourtant, les équipes de rouleurs affichent leur intention de « reprendre la main » après l’échappée victorieuse de Wærenskjold à Nevers. Cette tension entre l’analyse de Prudhomme et l’objectif des formations de sprinters crée l’incertitude. Si les trains ne contrôlent pas parfaitement l’écart dans le Morvan, si un équipier clé craque dans la dernière bosse, la fenêtre s’ouvre. Chalon-sur-Saône a vu des coups de force réussir. Pourquoi pas cette année?
Un classement général figé
Tadej Pogačar garde le maillot jaune avec une avance confortable sur Jonas Vingegaard et Remco Evenepoel au classement général. Les écarts entre les trois favoris se comptent en minutes, pas en secondes. Une étape de 179 kilomètres avec 1 800 mètres de dénivelé ne suffit pas à les modifier.
Les trois côtes de 4e catégorie ne feront pas la différence au sommet. Il faudra attendre les Vosges et le Ballon d’Alsace pour que la hiérarchie bouge. L’étape 12 ne changera rien à l’équilibre entre les trois leaders. Sauf incident, chute, crevaison, ou bordure dans le vignoble, Pogačar, Vingegaard et Evenepoel franchiront la ligne ensemble. Le vrai Tour commence demain.
Après, la montagne
Le lendemain, vendredi 17 juillet - l’étape 13 relie Dole à Belfort sur 205,8 kilomètres. Dénivelé: 2 400 mètres. Au programme: le Col des Croix et le Ballon d’Alsace. Les sprinteurs ne reverront plus la ligne d’arrivée avant Paris.
Le peloton traverse Decize, enjambe la Loire, file vers Montceau-les-Mines. Les échappés tenteront leur chance. Les équipes de sprinters contrôleront. C’est leur dernière carte avant que la route ne bascule vers le haut.
