Dole – Belfort : 205,8 km et le piège du Ballon d’Alsace
La plus longue étape du Tour 2026 grimpe le premier col de l'histoire
La plus longue étape du Tour 2026 cache un scénario tactique redoutable. Après le Ballon d'Alsace au kilomètre 175,9, il reste 30 kilomètres jusqu'à Belfort.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Échappée ou peloton groupé ?
Le profil atypique favorise une large échappée. Les équipes de sprinters ne contrôleront pas. Reste à savoir qui partira et qui acceptera de rouler après le Ballon d'Alsace.
Ballon d'Alsace : juge de paix
8,8 km à 6,9 % au km 175,9, sommet à 30 km de l'arrivée. Trop loin pour les grimpeurs, trop près pour les sprinteurs. Le col historique (premier du Tour en 1905) devient un no man's land tactique.
Final technique à Belfort
800 mètres à 8 % dans les 5 derniers kilomètres après la descente du Ballon. Une rampe qui peut bouleverser le scénario d'échappée si quelqu'un attaque au bon moment.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
-
1905
Première montagne du Tour
Le Ballon d'Alsace devient le premier col de montagne escaladé par le Tour de France
-
1969
Victoire d'Eddy Merckx
Le champion belge s'impose au sommet du Ballon d'Alsace
-
1972
Bernard Thévenet gagne
Le Français remporte l'arrivée au col, gravant son nom dans l'histoire
-
1978
Dernière arrivée à Belfort
48 ans d'absence avant le retour du Tour dans la ville
-
17 juil. 2026
Étape 13 : Dole-Belfort
Le Tour retrouve le Ballon d'Alsace, 121 ans après la première ascension
Départ à 13h00 de Dole. 205,8 kilomètres devant eux. La plus longue étape du Tour de France 2026.
Le Ballon d’Alsace surgit au kilomètre 175,9. 8,8 kilomètres à 6,9 % de moyenne - avec des pentes qui atteignent 8,8 %. Le sommet tombe à 30 kilomètres de l’arrivée. Trop loin pour les purs grimpeurs, trop près pour les équipes de sprinteurs. Un no man’s land tactique.
Christian Prudhomme, directeur du Tour - résume: « Son profil atypique favorise les baroudeurs, mais la formation d’une échappée pourrait mettre du temps à se décanter ». Puis il ajoute: « C’est en allant chercher le Ballon d’Alsace, 121 ans après la première étape de montagne du Tour, qu’il sera possible de faire la différence pour plonger en vainqueur sur Belfort ».
121 ans d’histoire
Le Ballon d’Alsace fut la première vraie montagne du Tour, escaladée lors de l’édition 1905. Depuis, il a été franchi près de 25 fois. Des noms gravés dans la pente.
Belfort, ville d’arrivée, accueille le Tour pour la 14ème fois. Mais aucune étape n’y a terminé depuis 1978. Quarante-huit ans d’absence. Le final est technique: une rampe de 800 mètres à 8 % dans les 5 derniers kilomètres peut encore bouleverser la course après la descente du Ballon.
Échappée: le scénario par défaut
Romain Grégoire, coureur français de Groupama-FDJ United - évalue l’étape comme « assez spéciale parce qu’elle comporte un col en fin de course ». Il estime qu’il est « difficilement envisageable d’imaginer autre chose qu’une échappée victorieuse ».
Richard Carapaz, EF Education-EasyPost - figure parmi les favoris. Les bookmakers lui donnent une cote de 7/1 et une probabilité de 21,55 %.
Tadej Pogačar, maillot jaune UAE Emirates XRG - devrait rester prudent avant les étapes de montagne plus difficiles du week-end. Les équipes de sprinteurs n’ont aucun intérêt à contrôler.
Ce que personne ne dit
Le profil de cette étape est un piège pour les équipes de classement général. Trop longue pour contrôler du début à la fin, trop dure pour laisser filer n’importe qui. Le Ballon d’Alsace devient un juge: qui accepte de rouler dans la descente pour rattraper? Personne.
Le sprint intermédiaire à Mélisey, au kilomètre 137,8 - est un point tactique. Si les équipes du maillot vert laissent l’échappée prendre les points, elles abandonnent la course. Si elles contrôlent, elles s’épuisent avant les difficultés. Un dilemme que le parcours impose volontairement.
Dole accueille le Tour pour la 4ème fois. Belfort pour la 14ème. Entre les deux, 2 400 mètres de dénivelé sur la journée la plus longue de cette édition. Arrivée prévue entre 17h46 et 18h00. Une éternité pour un peloton qui n’a aucune raison de sprinter.
