Étape 13 : Dole-Belfort, 205,8 km et le retour du Ballon d’Alsace
205,8 km entre Dole et Belfort, avec l'ascension mythique en juge de paix
La plus longue étape du Tour 2026 traverse le Jura avant d'affronter le mythique Ballon d'Alsace, premier col de montagne de l'histoire du Tour. Un profil atypique qui pourrait piéger les favoris.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Échappée ou contrôle
Les statistiques montrent un sprint final dans 59% des cas sur profil similaire. Le peloton peut tout rattraper.
Ballon d'Alsace historique
Premier col de montagne du Tour en 1905, symbole fondateur de l'épreuve moderne, 28ème passage en 2026.
Piège tactique
30 km de descente après le col, puis une rampe à 8% à 5 km de l'arrivée : le scénario parfait pour un retournement.
Préparation au week-end alpin
Pogačar gère avant les deux étapes décisives samedi et dimanche qui redistribueront le classement général.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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11 juil. 1905
Naissance du Tour moderne
René Pottier franchit le premier le Ballon d'Alsace. Henri Desgrange doutait que ce soit possible.
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1978
Dernière arrivée à Belfort
Le Belge Marc Demeyer gagne au sprint. Depuis, la ville n'a plus accueilli de ligne d'arrivée.
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17 juil. 2026
Retour du Ballon
28ème passage du col mythique. 205,8 km, la plus longue étape du Tour, avec piège tactique dans le final.
Le départ neutre est donné à 13h00 ce vendredi 17 juillet depuis Dole. Devant, 205,8 kilomètres de bitume jusqu’à Belfort. La plus longue étape du Tour 2026 - la seule à franchir la barre des 200 bornes. Christian Prudhomme - directeur de la course, l’a dit: ce profil atypique favorise les baroudeurs. La formation de l’échappée pourrait prendre du temps.
Premiers kilomètres de plat, puis la bascule
Les 150 premiers kilomètres traversent le Jura, le Doubs, la Haute-Saône. Terrain plat, faux plat montant, rien qui arrache les jambes. Le peloton passe par Mélisey, village natal de Thibaut Pinot. Sprint intermédiaire prévu là-bas. Moment suspendu pour l’enfant du pays qui a raccroché.
Après, ça grimpe. Le Col des Croix d’abord, 3ème catégorie - franchi au kilomètre 157. 5,4 km à 4,9%. Mise en jambes. Puis une transition avant le vrai juge: le Ballon d’Alsace, catégorie 1, 8,7 km à 6,9% avec des passages à 8,8%. Le sommet tombe au kilomètre 175,9. Reste 29,9 kilomètres jusqu’à Belfort. Descente technique, puis une rampe sèche de 800 mètres à 8% dans les cinq derniers kilomètres. Un piège pour ceux qui auront tout donné en montée.
Le col qui a inventé le Tour moderne
Le Ballon d’Alsace, c’est le col qui a changé le cyclisme. Le 11 juillet 1905 - René Pottier franchit le premier ce sommet. Henri Desgrange - fondateur du Tour, doutait que ce soit possible. Les coureurs l’ont fait. Ce jour-là, le Tour est devenu une épreuve de montagne. 121 ans plus tard - le col revient. Ce sera son 28ème passage dans l’histoire de la course.
Belfort, elle, connaît la partition. La ville accueille le Tour pour la 14ème fois. Mais une arrivée d’étape ici, ça remonte à 1978. Ce jour-là, le Belge Marc Demeyer avait gagné au sprint. Depuis, plus rien. Dole, au départ, n’en est qu’à sa 4ème participation.
Pogačar prudent, les baroudeurs affûtés
Tadej Pogačar - maillot jaune, a qualifié l’étape de « un peu bizarre ». Il veut rester prudent avant les vraies étapes de montagne du week-end. Derrière lui, les outsiders s’agitent. Tom Pidcock - 10ème au général - possède le profil: grimpeur léger, excellent descendeur. Mais sa position au classement pourrait lui couper les ailes. Les équipes favorites surveillent.
Romain Grégoire - de la Groupama-FDJ, juge le parcours « assez spécial ». Un col dans le final, mais l’arrivée en bas. Ça sent l’échappée royale. Richard Carapaz - Tobias Johannessen qui cherche sa première victoire en Grand Tour, Egan Bernal: tous pourraient tenter leur chance. Côté français, Valentin Paret-Peintre - dernier tricolore vainqueur d’étape en 2025, rôde. Kévin Vauquelin et Alex Baudin sont aussi dans les radars. Tim Wellens et Mathias Vacek complètent la liste des candidats à l’échappée.
Ce que personne ne dit
Les statistiques des étapes au profil similaire montrent un sprint final dans 59% des cas. Autrement dit: une chance sur deux que le peloton rattrape tout dans la descente ou neutralise dans les 30 derniers kilomètres. Le Ballon d’Alsace n’est pas assez dur, pas assez haut, pas assez loin de l’arrivée pour garantir la sélection. Christian Prudhomme parle de « chance en or pour les audacieux et les courageux » - mais l’Histoire récente dit autre chose: sur ce type de tracé, ce sont souvent les équipes de sprinteurs qui contrôlent jusqu’au bout. La rampe à 8% dans les cinq derniers kilomètres change la donne, mais pas assez pour éliminer les finisseurs costauds. L’étape pourrait se jouer sur un malentendu: une échappée trop confiante rattrapée à trois bornes de la ligne.
Le week-end de vérité commence dimanche
Cette 13ème étape n’est qu’un apéritif. Samedi, l’étape 14 vers Le Markstein Fellering sur 155,3 km enfoncera le clou. Dimanche, la 15ème étape entre Champagnole et le Plateau de Solaison - 183,9 kilomètres avec arrivée au sommet, fera le ménage au général. Les observateurs parlent d’un « one-two knockout blow »: deux coups de massue consécutifs qui redistribueront les cartes avant le deuxième jour de repos. Pogačar le sait. Il gère. Mais derrière, ça gronde.
Le peloton file vers Belfort. Devant, le Ballon d’Alsace attend, muet, comme il y a 121 ans. Reste à savoir qui osera l’attaquer.
