Tour 2026 : Molenaar termine l’étape à Pau avec une commotion
Le Néerlandais de Caja Rural a fini la 5e étape sans aucun souvenir de sa chute, relançant le débat sur le protocole commotion de l'UCI
Victime d'une lourde chute à 5 kilomètres de l'arrivée de la 5e étape du Tour de France, Alex Molenaar a terminé la course avant qu'un bilan médical révèle une commotion cérébrale et une fracture de la main. Le coureur néerlandais a abandonné avant la 6e étape.
L’essentiel
- La chute : Alex Molenaar (Caja Rural-Seguros RGA) a chuté à un peu plus de 5 km de l’arrivée de la 5e étape du Tour de France 2026, le 8 juillet, à Pau, après avoir percuté un ballot de paille protégeant un îlot directionnel.
- L’arrivée : il a repris la course pour terminer 180e, environ sept minutes derrière le vainqueur du jour Olav Kooij.
- Le bilan médical : son équipe a annoncé une fracture du premier métacarpien de la main droite et des contusions, complétée par une fracture du métacarpien de la main droite selon son équipe.
- L’abandon : Caja Rural-Seguros RGA a annoncé que le coureur de 26 ans devait subir une opération et ne prendrait pas le départ de la 6e étape.
- Le contexte : Molenaar avait porté le maillot à pois de meilleur grimpeur à l’issue de la 2e étape.
Une chute à cinq kilomètres du but
Il restait un peu plus de cinq kilomètres à parcourir dans le final de la 5e étape du Tour de France 2026, ce jeudi, quand Alex Molenaar a percuté un ballot de paille placé pour protéger un îlot directionnel aux abords de Pau. Le choc a été violent. Le coureur néerlandais de la formation espagnole Caja Rural-Seguros RGA s’est retrouvé au sol, groggy, sous les yeux des équipiers et des suiveurs.
Le journaliste Sam Antoni Russell a raconté la scène sur X : le coureur s’est relevé et a repris son vélo pour rallier l’arrivée, sans se souvenir de sa propre chute.
Sept minutes de retard et un trou de mémoire
Malgré le choc, Molenaar a franchi la ligne à Pau. Il a terminé 180e de l’étape, environ sept minutes derrière le vainqueur du jour Olav Kooij, selon les temps rapportés par Cycling Weekly. Une performance qui, dans d’autres circonstances, ne susciterait aucun commentaire. Sauf qu’une fois la ligne passée, le coureur a confié aux journalistes du média espagnol AS qu’il n’avait aucun souvenir de son accident.
Ce trou de mémoire, symptôme classique d’un traumatisme crânien, n’a été objectivé qu’après l’arrivée. Le bulletin médical officiel de la course a ensuite confirmé ce que redoutaient déjà les suiveurs de l’étape : une commotion cérébrale.
Une main fracturée, une opération annoncée
Le diagnostic s’est encore alourdi dans les heures suivantes. Son équipe, Caja Rural-Seguros RGA, a annoncé sur X que des examens complémentaires avaient révélé une fracture du métacarpien de la main droite, en plus de la commotion.
La formation espagnole a confirmé que Molenaar, 26 ans, devait subir une opération chirurgicale et ne prendrait pas le départ de la 6e étape. Une sortie de route brutale pour un coureur qui s’était illustré plus tôt dans la course : il avait endossé le maillot à pois de meilleur grimpeur à l’issue de la 2e étape, selon Cycling News.
Le débat relancé sur le protocole commotion
C’est bien ce délai entre la chute et le diagnostic qui pose question. Comment un coureur amnésique de son propre accident a-t-il pu remonter en selle et boucler plus de cinq kilomètres de course avant qu’un examen médical ne soit pratiqué ? Le média spécialisé Le Gruppetto a résumé la situation sur X, communiqué médical à l’appui.
Le protocole commotion existe pourtant à l’UCI depuis plusieurs années, avec des tests censés être réalisés à l’arrivée en cas de suspicion. Mais en pleine tension de course, dans le rush d’un final de Tour de France, son application concrète reste, selon plusieurs observateurs cités par Outside Online, tributaire de la réactivité des équipes et des commissaires sur le terrain. L’épisode Molenaar illustre un angle mort connu du peloton : un coureur peut techniquement finir une étape avec un traumatisme crânien avéré, faute d’évaluation immédiate.
Contexte dans les Pyrénées-Atlantiques
L’arrivée de cette 5e étape à Pau s’inscrit dans une longue tradition du Tour de France dans les Pyrénées-Atlantiques, ville-étape régulière et porte d’entrée classique vers les grands cols pyrénéens. Chaque passage de la Grande Boucle dans le département mobilise les collectivités locales, entre dispositif de sécurité renforcé sur le tracé et retombées touristiques pour la préfecture béarnaise. L’incident survenu à quelques kilomètres de la ligne rappelle aussi les risques inhérents aux finals urbains, où mobilier de sécurité, îlots directionnels et rétrécissements de chaussée multiplient les points de vigilance pour les coureurs lancés à pleine vitesse.
L’abandon de Molenaar avant la 6e étape ne change pas la physionomie générale du classement, mais il retire de la course un coureur qui avait marqué les premiers jours en montagne. Les prochaines étapes pyrénéennes diront si l’organisation tire des enseignements concrets de cet épisode.