Tour de France : le geste de Pogacar qui embarrasse Pineau et Coppel
Tadej Pogacar a offert la victoire à Isaac Del Toro lors de la 2e étape à Barcelone. Les consultants Jérôme Pineau et Jérôme Coppel ont jugé l'image dérangeante, tandis que l'aisance du Slovène interroge.
En offrant la victoire à son coéquipier Isaac Del Toro dans la 2e étape du Tour de France, Tadej Pogacar a déclenché une polémique. Jérôme Pineau et Jérôme Coppel, consultants pour RMC Sport, ont exprimé leur malaise face à ce geste et à la facilité affichée par le Slovène.
L’essentiel
- Isaac Del Toro (UAE Emirates-XRG) a remporté la 2e étape du Tour de France à Barcelone après que son leader Tadej Pogacar lui a délibérément offert la victoire.
- Les consultants Jérôme Pineau et Jérôme Coppel (RMC Sport) se sont dits embarrassés par ce geste, qu’ils jugent « pas fan de l’image ».
- Jonas Vingegaard conserve le maillot jaune avec six secondes d’avance sur Pogacar, qui a impressionné par son aisance dans le final.
Barcelone - 5 juillet 2026. La deuxième étape du Tour de France, qui reliait Tarragone à Barcelone avec trois ascensions de la Côte du Château de Montjuïc, a offert un dénouement rare : un doublé de l’équipe UAE Emirates-XRG. Tadej Pogacar, qui semblait filer vers une nouvelle victoire, a ralenti dans les tout derniers mètres pour laisser passer son coéquipier mexicain Isaac Del Toro, 22 ans. Ce dernier s’est imposé sous la flamme rouge, signant le premier succès mexicain sur le Tour depuis Raúl Alcalá. Un geste qui a immédiatement divisé les observateurs.
« Je ne suis pas fan de l’image » : la gêne de Pineau et Coppel
Sur les ondes de RMC Sport, les anciens coureurs devenus consultants Jérôme Pineau et Jérôme Coppel ont exprimé leur malaise. « Je ne suis pas fan de l’image », a lancé Pineau, cité par le média. Coppel a renchéri, estimant que ce cadeau dévalorise l’effort et brouille le message sportif. Leur réaction, rapidement reprise sur les réseaux sociaux, illustre un certain inconfort face à la domination insolente de UAE Emirates.
« C’est la première fois qu’on voit ça sur une étape aussi disputée », a commenté Pineau, selon des propos rapportés par RMC. Pour Coppel, « offrir une victoire en haut d’une bosse, devant la meute, ce n’est pas le meilleur message envoyé aux jeunes qui regardent ».
Une aisance déconcertante dans le final
Au-delà du geste, c’est la facilité affichée par Tadej Pogacar qui a marqué les esprits. « Même à bloc, il était capable de parler », relève La Dépêche du Midi, qui a consacré une vidéo à la controverse. Le journal toulousain souligne que le Slovène a dialogué avec Isaac Del Toro dans l’ascension finale sans montrer le moindre signe d’essoufflement, un niveau qui interroge certains puristes.
Cette aisance a relancé les débats sur la suprématie de Pogacar, numéro un mondial UCI avec 11 593 points. Lors de la première étape (un contre-la-montre par équipes), UAE Emirates avait déjà pris la troisième place. Jonas Vingegaard, quatrième de l’étape à Montjuïc, a conservé le maillot jaune avec six secondes d’avance sur Pogacar, mais la question de sa capacité à rivaliser reste entière.
Contexte dans le département de la Haute-Garonne
Si l’étape s’est déroulée en Espagne, la polémique est largement relayée par la presse régionale française. La Dépêche du Midi, basée à Toulouse (Haute-Garonne), a mis en avant la séquence avec son titre : « Pourquoi l’aisance de Pogacar dans les derniers mètres de la deuxième étape dérange certains observateurs ». Le département, où le cyclisme reste très suivi (le Tour y a fait étape à plusieurs reprises ces dernières années), voit dans ce débat une illustration des questions éthiques soulevées par la domination d’une équipe unique.
Le geste de Pogacar rappelle également les précédents où un leader a offert une victoire à un équipier, mais rarement dans un contexte aussi serré et avec une telle démonstration de force collective. « Ce doublé, c’est un message fort, mais peut-être trop », analyse un suiveur local cité par La Dépêche.
La troisième étape, un parcours de plaine vers Perpignan, devrait offrir une respiration aux sprinteurs. Mais le débat sur l’attitude de l’équipe UAE Emirates et de son leader, lui, n’est pas près de s’éteindre.