Tour de France 2026 : le Ballon d’Alsace et 205 km pour les échappés
La 13e étape, la plus longue du Tour, offre une chance en or aux attaquants
205,8 kilomètres entre Dole et Belfort. Le Ballon d'Alsace à 30 bornes de l'arrivée. Une rampe finale à 8 %. Le vendredi 17 juillet sera long.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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1905
Naissance du col mythique
Le Ballon d'Alsace [^f30] devient le premier col de montagne officiellement gravi au Tour. René Pottier [^f31] franchit le sommet en tête.
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1969-1972
Arrivées au sommet légendaires
Eddy Merckx en 1969 et Bernard Thévenet en 1972 [^f33] s'imposent au sommet du Ballon d'Alsace lors d'arrivées d'étape.
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1978
Dernière arrivée à Belfort
Le Belge Marc Demeyer [^f35] remporte l'étape au sprint à Belfort [^f8]. La ville n'accueillera plus le Tour pendant 48 ans.
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17 juil. 2026
Retour dans les Vosges
La 13e étape [^f3][^f9] relie Dole à Belfort sur 205,8 km [^f1][^f10], avec le Ballon d'Alsace à 30 km de l'arrivée [^f13].
Le départ fictif tombe à 13h00. Christian Prudhomme - le directeur du Tour, a prévenu: « cela pourrait prendre un certain temps avant que ce groupe ne se forme ». Il connaît son affaire. Sur 205,8 kilomètres - la seule étape du Tour 2026 à dépasser les 200 bornes - tout le monde voudra partir devant. Puis personne ne voudra rouler. Puis ça finira par claquer quelque part entre Orchamps et Mélisey.
Le parcours est accidenté. Près de 140 kilomètres de plat pour commencer - histoire de laisser le peloton s’user dans le vent. Après le sprint intermédiaire à Mélisey, deux cols. D’abord le Col des Croix: 5,1 kilomètres à 4,8 %. Ensuite le Ballon d’Alsace: 8,7 kilomètres à 6,9 % - sommet à 30 kilomètres de Belfort. Prudhomme sait ce qu’il fait: « il sera possible de faire la différence pour plonger en vainqueur sur Belfort ».
Le Ballon d’Alsace, première montagne du Tour
1905. René Pottier franchit le premier le sommet du Ballon d’Alsace. C’est le premier col de montagne officiellement gravi dans l’histoire du Tour. 121 ans plus tard, le col revient. Près de 25 passages au compteur - dont des arrivées au sommet remportées par Eddy Merckx en 1969 et Bernard Thévenet en 1972. Cette fois, le sommet tombe à 30 kilomètres de la ligne. Ce qui change tout.
Un sommet à 30 kilomètres: le piège tactique
Quand Merckx et Thévenet franchissaient la ligne au sommet, la course était jouée. Ici, avec 30 kilomètres de descente et de plat après le Ballon d’Alsace - l’équation tactique se complique. Un grimpeur qui distance ses rivaux dans la montée peut se faire reprendre par des rouleurs plus puissants sur le plat de Belfort. À l’inverse, une échappée qui arrive groupée au sommet peut exploser dans la descente si un descendeur comme Tom Pidcock (Pinarello-Q36.5) accélère. Le col ne tranche plus rien. Il ouvre des possibles. Tadej Pogacar (UAE Emirates-XRG) - leader du général, a décrit l’étape comme « un peu bizarre ». Comprendre: trop longue pour une étape de montagne, trop dure pour une étape plate. Le genre de journée où tout peut arriver.
Les conditions idéales pour une échappée qui tient
Sur 205,8 kilomètres - une échappée qui prend dix minutes dans les 140 premiers kilomètres de plat peut tenir jusqu’au bout si les favoris se regardent trop longtemps. Le dénivelé positif total atteint 2400 mètres: pas de quoi casser les jambes des grimpeurs purs, mais assez pour user les rouleurs qui voudraient revenir. Le vent dans la plaine jurassienne peut fragmenter le peloton avant même le premier col. Si les équipes des sprinteurs ne contrôlent pas, si les équipes des favoris économisent leurs forces pour la 14e étape le lendemain, l’échappée file. Romain Bardet a résumé: « Ça change car la moindre difficulté est exploitée par des coureurs opportunistes ». Paul Seixas (Decathlon CMA CGM) - 19 ans, premier Grand Tour, était perçu comme une potentielle révélation sur ce profil. Le genre de coureur qui peut sortir du lot sur une journée longue et chahutée. Jonas Vingegaard (Visma - Lease a Bike) et Tom Pidcock apprécient particulièrement ce genre de parcours - où l’opportunisme compte autant que la puissance pure.
Une rampe à 8 % à cinq kilomètres de l’arrivée
Après la descente du Ballon d’Alsace, il reste un piège. À cinq kilomètres de Belfort, une rampe de 800 mètres à 8 %. De quoi trier une échappée fatiguée ou relancer une course endormie. Si l’échappée craque dans le Ballon d’Alsace, cette rampe finale peut servir de point d’appui pour un retour des favoris. Si l’échappée tient, cette rampe désigne le plus fort parmi les rescapés. Prudhomme a dessiné une étape où le plus fort ne gagne pas forcément. Le plus opportuniste, peut-être.
Belfort retrouve le Tour après 48 ans d’absence
La dernière arrivée du Tour à Belfort date de 1978. Le Belge Marc Demeyer s’était imposé au sprint. Quarante-huit ans d’absence pour une ville qui accueille pourtant l’arrivée de cette 13e étape pour la 33e fois. Entre-temps, le Tour a privilégié d’autres villes des Vosges, délaissant Belfort malgré son histoire cycliste. Le retour s’inscrit dans une logique de parcours: après cette étape longue et accidentée, la 14e étape reliera Mulhouse au Markstein Fellering avec 4602 mètres de dénivelé - dont le Ballon d’Alsace à nouveau. Deux jours dans les Vosges. Belfort marque l’entrée dans la montagne. L’arrivée est estimée autour de 18h00. Les jambes vont chauffer.
Le double piège: attentisme et imprudence
Une étape de plus de 200 kilomètres avec un vrai col à 30 bornes de l’arrivée, c’est rare. Le Tour moderne préfère les étapes courtes et explosives, plus télégéniques, plus prévisibles. Ici, le risque est double. Premier piège: l’attentisme. Si les favoris se regardent trop longtemps dans les 140 premiers kilomètres de plat - une échappée peut prendre dix minutes et tenir jusqu’au bout malgré le Ballon d’Alsace. Le col ne suffit pas à combler un tel écart sur 30 kilomètres. Deuxième piège: l’imprudence. Si l’échappée craque dans le Ballon d’Alsace, il reste 30 kilomètres de descente et de plat pour que les costauds reviennent, puis une rampe finale de 800 mètres à 8 % à cinq kilomètres de l’arrivée pour trier les survivants. Le parcours punit autant les attentistes que les imprudents. Entre les deux, il y a une marge étroite pour les opportunistes qui savent doser l’effort sur 205,8 kilomètres.
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (13)
« Longueur 205.8 km »
letour.fr ↗ ↩
« At 205.8 kilometres, stage 13 is the longest of the 2026 Tour de France. It's also the sole stage stretching beyond 200 kilometres. »
cyclingstage.com ↗ ↩
« Le parcours, qualifié d'accidenté, présente une première partie de près de 140 kilomètres relativement plate, traversant notamment Orchamps, Marnay, Rioz et Mélisey, où se trouvera le sprint intermédiaire. »
cyclingstage.com ↗ ↩
« Le Ballon d'Alsace revêt une importance historique considérable pour le Tour de France, étant le premier col de montagne officiellement gravi dans l'histoire de la course, en 1905. »
fr.wikipedia.org ↗ ↩
« Ensuite, les coureurs affronteront le mythique Ballon d'Alsace, une ascension de 8,7 kilomètres à 6,9% de moyenne (ou 9,1 km à 6,8% selon les sources), dont le sommet se situe à environ 30 kilomètres de l'arrivée à Belfort. »
letour.fr ↗ ↩
« Des outsiders comme Tom Pidcock (Pinarello-Q36.5), réputé pour ses qualités de descendeur et sa capacité à s'illustrer sur des étapes accidentées, étaient également mentionnés, un type de parcours qu'il "apprécie particulièrement". »
cyclingnews.com ↗ ↩
« You have to go back to the 1978 Tour, when Belgian Marc Demeyer out-sprinted the Dutchman Jan Raas to take victory. »
cyclingstage.com ↗ ↩
« La dernière arrivée du Tour à Belfort remonte à 1978, lorsque le Belge Marc Demeyer s'était imposé au sprint. »
ledicodutour.com ↗ ↩
« Belfort a également une longue histoire avec le Tour de France, accueillant l'arrivée de la 13e étape pour la 33e fois. »
territoiredebelfort.fr ↗ ↩
« la 14e étape, également dans les Vosges, reliera Mulhouse au Markstein Fellering et présentera un profil encore plus montagneux avec 4602 mètres de dénivelé, incluant à nouveau le Ballon d'Alsace et le Col du Haag. »
cyclingstage.com ↗ ↩
« Après la descente, un dernier effort attend les coureurs avec une rampe de 800 mètres à 8% à environ cinq kilomètres de la ligne d'arrivée. »
letour.fr ↗ ↩
« Romain Bardet avait bien résumé l'esprit de l'étape en déclarant: "Ça change car la moindre difficulté est exploitée par des coureurs opportunistes". »
eurosport.fr ↗ ↩
« Romain Bardet avait bien résumé l'esprit de l'étape en déclarant: "Ça change car la moindre difficulté est exploitée par des coureurs opportunistes". »
eurosport.fr ↗ ↩
