Tours : l’UNSA pompiers 37 alerte sur le baromètre social du SDIS et menace d’actions
Réunie en AG ce lundi 15 juin, l'UNSA SDIS 37 dresse un bilan social dégradé et n'exclut pas des actions prochaines contre la direction du service départemental.
L'UNSA SDIS 37 a tenu son assemblée générale lundi 15 juin à Tours. Le syndicat y a dressé un bilan préoccupant du baromètre social du SDIS 37 et évoqué des actions possibles pour manifester son mécontentement. Un avertissement qui s'inscrit dans un contexte de tensions budgétaires et sociales durables.
L’essentiel
- AG le 15 juin 2026 : l’UNSA SDIS 37 s’est réunie à Tours ; ordre du jour : bilan comptable, actualité départementale (RO, SSQVS, RPS) et nationale.
- Baromètre social dégradé : le syndicat déplore l’état du climat social au SDIS 37 et n’exclut pas des actions prochaines.
- Tentative de suicide fin mai : un officier sapeur-pompier professionnel du SDIS 37 a tenté de mettre fin à ses jours le 28 mai 2026 ; l’UNSA avait lié cet acte aux conditions de travail.
- 25 M€ nécessaires sur 10 ans : le SDIS 37 a besoin de cette somme pour renflouer ses caisses et renouveler son parc ; le budget 2026 a été bouclé grâce à 3,78 M€ de contribution de solidarité des communes.
- 2 562 agents, ~38 900 interventions en 2025 : le service tourne sous tension, selon les données officielles du SDIS 37.
L’AG du 15 juin : bilan et mise en garde
L’UNSA SDIS 37 a réuni ses adhérents en assemblée générale ce lundi 15 juin 2026 à Tours. Trois points structuraient l’ordre du jour : le bilan comptable du syndicat, l’actualité départementale - recouvrant les registres obligatoires (RO), la santé, sécurité et qualité de vie au travail (SSQVS) et les risques psychosociaux (RPS) - et l’actualité nationale.
À l’issue des débats, le syndicat a publié une mise en garde claire sur X :
L’AG « déplore l’état du baromètre social du SDIS 37 et n’exclut pas des actions pour manifester prochainement le mécontentement », indique le communiqué. Aucun calendrier précis n’a été rendu public à ce stade. La nature des actions envisagées n’a pas été détaillée.
Un contexte social alourdi depuis plusieurs mois
La mise en garde du 15 juin ne surgit pas dans le vide. Le 28 mai 2026, un officier sapeur-pompier professionnel du SDIS 37 a tenté de mettre fin à ses jours. L’UNSA avait alors lié cet acte aux conditions de travail et alerté sur un climat social dégradé, selon La Nouvelle République. Un précédent similaire avait déjà eu lieu en avril 2023.
Anthony Chauveau, secrétaire général de l’UNSA SDIS 37 et porte-parole national UNSA SDIS, est depuis plusieurs mois l’une des voix les plus actives pour dénoncer ces conditions. La pression sur les agents du SDIS 37 avait déjà été documentée lors de la tentative de suicide de fin mai, avec des alertes répétées du syndicat. Selon info.fr, l’UNSA SDIS 37 revendique une présence syndicale au sein du service depuis 1985.
Des conditions de travail illégales auraient été relevées depuis plus de vingt ans dans certains cas, selon 20 Minutes.
Une impasse budgétaire qui pèse sur les agents
Derrière la dégradation sociale se profile une réalité financière tendue. Le SDIS 37 a besoin de 25 millions d’euros sur dix ans pour renflouer ses caisses et financer ses investissements - renouvellement du parc de camions en tête - selon La Nouvelle République. Le budget 2026 n’a pu être bouclé qu’avec une contribution de solidarité de 3,78 millions d’euros versée par les collectivités locales, après que le SDIS avait sollicité initialement 3,9 millions.
Ce sous-investissement chronique a des effets concrets sur le quotidien des agents : le SDIS 37 compte 2 562 personnels (352 sapeurs-pompiers professionnels, environ 2 023 sapeurs-pompiers volontaires, 132 personnels administratifs et techniques, selon les données officielles du service). Ces effectifs ont réalisé 36 280 interventions en 2024 et environ 38 909 en 2025, soit une progression sensible d’une année sur l’autre. Les services départementaux d’incendie et de secours font face partout en France à une montée en charge de leurs interventions, dans un contexte budgétaire contraint.
Contexte dans l’Indre-et-Loire
Le SDIS 37 est le service départemental d’incendie et de secours de l’Indre-et-Loire, piloté par un conseil d’administration (CASDIS) présidé par Jocelyne Cochin. Il couvre un département de plus de 610 000 habitants, avec Tours comme principale agglomération.
Les tensions sociales et budgétaires au SDIS 37 sont documentées depuis plusieurs années dans la presse locale. La Nouvelle République a consacré plusieurs articles au déficit structurel et au sous-investissement chronique. La question des moyens alloués à la sécurité civile est un sujet transversal pour de nombreux départements français, mais l’Indre-et-Loire cumule ici pression budgétaire et signaux sociaux préoccupants.
Le SDIS 37 n’avait pas réagi publiquement aux termes de l’AG au moment de la publication de cet article. La direction départementale, assurée par Dominique Portenard selon le site officiel du SDIS, n’a pas communiqué sur les points soulevés par le syndicat.
La suite à surveiller
L’UNSA SDIS 37 n’a fixé aucune date pour d’éventuelles actions. Le syndicat devrait préciser ses intentions dans les prochains jours ou semaines, selon l’évolution du dialogue social avec la direction et les élus du CASDIS.
Sources
- UNSA SDIS 37 / X : Tweet UNSA SDIS 37 — AG du 15 juin 2026
- La Nouvelle République : Tentative de suicide d'un pompier en Indre-et-Loire : le « reflet de conditions de travail désastreuses » pour l'UNSA
- La Nouvelle République : Déficit budgétaire, sous-investissement chronique : les pompiers d'Indre-et-Loire dans l'impasse financière
- La Nouvelle République : Les communes d'Indre-et-Loire à la rescousse des pompiers pour les aider à boucler leur budget

