Tsitsipas retrouve une demi-finale 16 mois après à Gstaad
Le Grec sort de la traversée du désert en Suisse
Tombé au 85e rang mondial, Stefanos Tsitsipas s'est qualifié pour sa première demi-finale depuis 16 mois en battant Arthur Rinderknech à Gstaad. Un retour fragile mais prometteur sur la terre battue suisse.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Impact du changement d'entraîneur
Thomas Perrin, le nouveau coach, semble avoir redonné cohérence et envie à un joueur qui avouait en février ne plus prendre de plaisir.
Gstaad, terre de résurrection
Le tournoi suisse, créé en 1915, a toujours servi de relance aux carrières en panne. Tsitsipas y avait déjà atteint la demi-finale en 2024.
Confirmation ou fausse piste
La demi-finale face à Shevchenko dira si ce regain de forme est durable ou simplement une parenthèse dans une saison catastrophique.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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2024
Demi-finale à Gstaad
Tsitsipas atteint la demi-finale du Swiss Open, battu par Matteo Berrettini, futur vainqueur du tournoi
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2025
Victoire à Dubaï
Dernier titre ATP remporté par le Grec, dernière demi-finale avant sa longue absence du dernier carré
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2025
Blessure au dos
Une blessure au dos fait chuter Tsitsipas du 11e au 36e rang mondial, amorçant sa descente au classement
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jan. 2026
Blessure au football
Tsitsipas se blesse au genou en jouant au football quatre jours avant l'Open d'Australie
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fév. 2026
Déclaration choc
Le joueur grec déclare publiquement avoir cessé d'apprécier le tennis, son classement continue de chuter
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juil. 2026
Retour en demi-finale
À Gstaad, avec son nouvel entraîneur Thomas Perrin, Tsitsipas retrouve le dernier carré après 16 mois d'absence
Le court central de Gstaad, 17 juillet - 15h47. Stefanos Tsitsipas expédie un dernier coup droit gagnant le long de la ligne. Arthur Rinderknech lève la main, salue, ne discute pas. 6-3, 3-6, 6-3. Le Grec vient de sortir la tête de série numéro 4 et décroche sa première demi-finale depuis 16 mois.
Dans les tribunes, quelques applaudissements polis. Pas de standing ovation. Tsitsipas n’a plus le statut qui impose le respect immédiat. Il est 85e mondial. Son pire classement depuis des années. Une chute brutale après une blessure au dos en 2025 et une déclaration fracassante en février 2026: il ne prenait plus de plaisir à jouer.
Le plaisir, il semble l’avoir retrouvé sur la terre battue suisse. Trois victoires en trois matchs. Ignacio Buse balayé 6-4, 6-4. Jerome Kym sorti au bout du suspense, 6-4, 6-7(2), 7-6(5). Puis Rinderknech, ce jeudi, dans un match propre, efficace, sans fioritures. 24 coups gagnants - dont 16 coups droits fouettés à l’ancienne.
Le nouvel entraîneur et la faim retrouvée
Derrière ce retour, un changement de staff. Thomas Perrin a pris les rênes de l’équipe. Un entraîneur moins médiatique, plus dans le travail de fond. Tsitsipas ne parle plus de mental, de pression, de passion perdue. Il parle de gestes, de trajectoires, de cohérence.
« J’ai faim, je veux vraiment faire mes preuves sur le court » - lâche-t-il après sa qualification. Pas de lyrisme. Pas de promesses. Juste la volonté de « bâtir sur cette victoire ». Le discours d’un joueur qui sait qu’il ne convaincra plus par les mots.
Gstaad, terre de résurrection
Gstaad n’est pas un hasard. Tsitsipas y avait déjà atteint la demi-finale en 2024, battu par Matteo Berrettini - le futur vainqueur. Le tournoi, créé en 1915 - a une réputation: celle de relancer les carrières en panne. La terre battue d’altitude, les conditions lentes, le public clairsemé, tout favorise le jeu de construction, celui que Tsitsipas maîtrise quand il ne se pose pas trop de questions.
Sur terre battue, il affiche 72,6 % de victoires en carrière. Cinq de ses douze titres ATP ont été gagnés sur ocre, dont trois Masters de Monte-Carlo. Mais en 2026, avant Gstaad, son bilan sur cette surface était catastrophique: six victoires, six défaites. Zéro titre. Une érosion lente, presque invisible.
Ce que les chiffres ne disent pas
Le classement raconte une partie de l’histoire. L’autre partie, c’est le corps. Une blessure au dos en 2025 qui l’a fait basculer d’un meilleur classement vers une descente. Le genre de détail qu’on range dans la catégorie « autosabotage » quand on cherche à expliquer une descente aux enfers.
Son bilan 2026 avant Gstaad: 19 victoires pour 15 défaites. Dont cinq contre des joueurs du top 30. Des flashs, mais rien de construit. Pas de finale depuis Dubaï en 2025 - son dernier titre. Un an et demi à courir après une régularité qui se dérobe.
Shevchenko, l’obstacle imprévu
Samedi 18 juillet - Tsitsipas affrontera Aleksandr Shevchenko, 100e mondial. Un adversaire méconnu, passé par les qualifications, qui n’a rien à perdre. Le genre de profil qui fait dérailler les favoris fragiles. Tsitsipas, lui, n’est plus favori de rien. Mais il reste capable de basculer dans le doute au premier set perdu.
Sa dernière demi-finale sur terre battue remontait à deux ans, ici même à Gstaad. Deux ans, c’est long dans une carrière de tennisman. Assez long pour qu’un ancien numéro 3 mondial se demande s’il reverra un jour le dernier carré d’un tournoi du Grand Chelem. Son objectif pour 2026: atteindre une finale majeure, « créer les opportunités » plutôt que les attendre. Pour l’instant, il en est à recréer les bases.
Le détail qui tue
Un chiffre que personne ne relève: sa qualification pour cette demi-finale l’a déjà fait remonter à la 72e place mondiale. Plusieurs rangs gagnés en une semaine. Pas de quoi pavoiser, mais assez pour respirer. Le tennis est un sport de momentum. Tsitsipas vient d’en retrouver un fragment. Reste à savoir s’il saura le transformer en quelque chose de durable, ou si Gstaad ne sera qu’une parenthèse avant une nouvelle chute.
Samedi, face à Shevchenko, il jouera pour une première finale depuis Dubaï. Pas pour la gloire. Pour la confirmation. Celle qu’il n’est pas encore fini. Que le tennis peut encore lui plaire. Que Thomas Perrin avait raison de lui faire rejouer les gammes. Le public sera là. Tsitsipas aussi. Le reste, on verra.
