Tunisie : Kaïs Saïed dénonce des « manœuvres de déstabilisation »
Le président tunisien accuse des acteurs internes et externes de vouloir attiser les tensions sociales dans le pays
Reçue le 8 juillet 2026 au palais de Carthage, la cheffe du gouvernement Sara Zaâfrani Zenzri a été chargée par Kaïs Saïed de présider un Conseil des ministres. Le président tunisien a dénoncé à cette occasion des « manœuvres » visant à déstabiliser le pays.
L’essentiel
- Entretien du 8 juillet 2026 : Kaïs Saïed a reçu la cheffe du gouvernement Sara Zaâfrani Zenzri au palais de Carthage
- Mission confiée : elle doit présider un Conseil des ministres pour examiner des projets de lois et de décrets
- Accusation : le président dénonce des manœuvres de déstabilisation « organisées de l’intérieur comme de l’extérieur »
- Contexte politique : Sara Zaâfrani Zenzri est cheffe du gouvernement depuis le 20 mars 2025, après avoir été ministre de l’Équipement et de l’Habitat
- Continuité : ce discours s’inscrit dans la ligne tenue par Kaïs Saïed depuis son coup de force du 25 juillet 2021
Un entretien au palais de Carthage
Le 8 juillet 2026, Kaïs Saïed a reçu Sara Zaâfrani Zenzri au palais de Carthage, siège de la présidence tunisienne, selon La Presse de Tunisie. Lors de cet échange, le chef de l’État l’a chargée de présider un Conseil des ministres consacré à l’examen de plusieurs projets de lois et de décrets, rapporte Business News. La présidence a rendu la rencontre publique via un communiqué officiel.
C’est au cours de cet entretien que Kaïs Saïed a tenu des propos plus offensifs, évoquant des « manœuvres de déstabilisation » qu’il attribue à des acteurs situés aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Il a affirmé que le peuple tunisien, ayant « tracé son chemin dans le sang et la douleur », saurait déjouer ces plans, selon les propos rapportés par Business News.
Des événements « organisés » pour attiser les tensions
Selon La Presse de Tunisie, le président a évoqué des événements qui « se répètent de manière organisée » et qui viseraient, selon lui, à maltraiter les citoyens et à attiser les tensions sociales. Il n’a pas détaillé publiquement la nature précise de ces événements ni nommé d’acteurs identifiés. Plusieurs médias tunisiens, dont Mosaïque FM et Webdo.tn, ont relayé ces déclarations sans apporter d’éléments supplémentaires sur les faits visés.
Le président a par ailleurs estimé que la « conscience collective » et la « lucidité » des Tunisiens leur avaient déjà permis, dans un passé récent, de déjouer des tentatives similaires, toujours selon La Presse de Tunisie. Cette formulation reste générale et ne renvoie à aucun épisode précisément identifié dans les comptes rendus disponibles.
Une rhétorique récurrente depuis 2021
Ce type de déclaration n’est pas isolé. Selon Webdo.tn, Kaïs Saïed multiplie les dénonciations de complots et de manœuvres contre la Tunisie depuis son coup de force constitutionnel du 25 juillet 2021, lorsqu’il avait limogé le gouvernement et suspendu le Parlement. Le vocabulaire employé le 8 juillet 2026 - complots, manœuvres internes et externes - reprend des éléments de langage utilisés à plusieurs reprises par le président ces dernières années.
Cette continuité s’observe aussi dans la composition de l’exécutif. Sara Zaâfrani Zenzri a été nommée cheffe du gouvernement le 21 mars 2025, succédant à Kamel Madouri, selon Africanews. Elle occupait auparavant le poste de ministre de l’Équipement et de l’Habitat, précise Tunisie Focus. Sa nomination à la tête du gouvernement s’était faite dans un climat déjà marqué par les mises en garde répétées du président contre des ingérences supposées.
Ce que ça signifie vu de France
Pour les lecteurs français, cette séquence illustre la ligne politique suivie par Kaïs Saïed depuis 2021 : concentration des pouvoirs entre les mains de la présidence, gouvernement chargé d’appliquer l’agenda présidentiel, et discours régulier sur des menaces extérieures. La Tunisie reste un partenaire économique et migratoire de premier plan pour la France et l’Union européenne, notamment sur les questions de coopération sécuritaire en Méditerranée. Des déclarations présidentielles évoquant des « ingérences étrangères » sans les nommer sont scrutées par les diplomaties européennes, qui y voient parfois un indicateur de tensions à venir dans les relations bilatérales.
Contexte dans la région
La Tunisie, pays de près de 12 millions d’habitants, traverse depuis plusieurs années une période de recomposition institutionnelle autour de la présidence. Le pouvoir exécutif y est aujourd’hui structuré autour d’un chef de l’État qui fixe les orientations et d’un gouvernement chargé de leur mise en œuvre via les Conseils des ministres, comme celui annoncé le 8 juillet 2026. Ce fonctionnement, hérité des réformes constitutionnelles de 2021-2022, continue d’alimenter le débat sur l’équilibre des pouvoirs dans le pays, sans qu’aucune échéance électorale ou institutionnelle précise n’ait été mentionnée dans les sources consultées pour cet épisode.
Le contenu exact des projets de lois et décrets soumis au futur Conseil des ministres n’a pas encore été détaillé par la présidence ou les services du gouvernement.