La Tunisie relance ses vols charters russes après cinq ans d’absence
Sept rotations hebdomadaires depuis Moscou et Saint-Pétersbourg reprennent mi-juillet vers Monastir, portées par Pegas Touristik et Biblio Globus après l'effondrement du marché russe.
À partir du 14 juillet 2026, la Tunisie renoue avec le marché touristique russe. Deux voyagistes russes relancent des liaisons directes vers Monastir, cinq ans après leur suspension. Un signal de confiance pour un secteur qui cherche à diversifier ses marchés émetteurs.
L’essentiel
- Reprise le 14 juillet 2026 : premiers vols charters russes vers la Tunisie après cinq ans d’interruption
- 7 rotations hebdomadaires : 5 depuis Moscou, 2 depuis Saint-Pétersbourg, vers l’aéroport de Monastir-Habib Bourguiba
- 1 540 touristes russes par semaine : attendus cet été via des Airbus A321-200 de 220 places opérés par Pyramids Airlines
- Effondrement du marché : de 633 000 visiteurs russes en 2019 à 35 000 en 2025
- Recettes touristiques 2026 : déjà supérieures à 1 milliard d’euros au premier semestre
La Tunisie accueillera à nouveau des touristes russes par vols charters directs dès le 14 juillet 2026, selon l’annonce faite le 9 juillet. Cette reprise intervient après une interruption de cinq ans, conséquence directe de la pandémie et des turbulences géopolitiques qui ont fragilisé ce flux historique.
Deux voyagistes russes à la manœuvre
Les opérateurs Pegas Touristik et Biblio Globus ont obtenu l’autorisation de relancer leurs programmes vers la destination tunisienne. Les vols seront opérés par la compagnie égyptienne Pyramids Airlines, qui bénéficie de la septième liberté de l’air - un régime qui permet à un transporteur étranger de relier deux pays tiers sans escale dans son pays d’origine.
Selon Destination Tunisie, le programme estival prévoit sept rotations hebdomadaires : cinq départs depuis Moscou à compter du 15 juillet, et deux depuis Saint-Pétersbourg dès le 14 juillet. Les appareils mobilisés sont des Airbus A321-200 configurés pour accueillir jusqu’à 220 passagers. La capacité hebdomadaire théorique atteint ainsi environ 1 540 sièges.
Un marché effondré depuis 2019
Le flux de voyageurs russes vers la Tunisie a connu un effondrement spectaculaire. En 2019, dernière année de référence avant la crise sanitaire, 633 000 touristes russes avaient visité le pays. Ce chiffre s’est contracté à 35 000 en 2025, soit une chute de 94 %, comme le rapporte Destination Tunisie.
Cette érosion s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs : fermeture des frontières pendant la pandémie, sanctions économiques internationales pesant sur le pouvoir d’achat russe, et suspension des liaisons aériennes directes. La reprise annoncée vise à inverser cette tendance en restaurant une connectivité régulière.
Monastir comme hub principal
L’aéroport de Monastir-Habib Bourguiba a été choisi comme point d’entrée principal pour ces vols charters. Situé sur la côte est, cet aéroport dessert les principales zones touristiques du Sahel tunisien - Sousse, Hammamet, Mahdia - qui concentrent l’essentiel de la capacité hôtelière du pays.
Selon La Presse de Tunisie, cette concentration géographique facilite la logistique pour les voyagistes et permet de mutualiser les transferts vers les complexes balnéaires. Monastir avait historiquement capté l’essentiel du trafic charter européen et russe avant 2020.
Un appel à la qualité de service
Amira Gharbi, directrice générale de l’agence FEIMA Travel, a insisté sur la nécessité d’une offre irréprochable pour pérenniser ce retour. « La réussite de ce programme exige une mobilisation de tous les acteurs du tourisme tunisien », a-t-elle déclaré à Webdo.tn. Elle pointe du doigt les standards d’accueil, la qualité des prestations hôtelières et la fiabilité des services au sol.
Ce discours reflète une inquiétude du secteur : après cinq ans d’absence, la clientèle russe a diversifié ses destinations - Égypte, Turquie, Émirats - et la Tunisie doit reconquérir sa place. Le retour de Pegas Touristik, l’un des plus gros voyagistes russes, est perçu comme un signal de confiance, mais aussi comme un test.
Contexte en Tunisie
La Tunisie mise sur la diversification de ses marchés émetteurs pour relancer son secteur touristique, pilier historique de l’économie nationale. Selon La Presse, les recettes touristiques ont dépassé 1 milliard d’euros au premier semestre 2026, un niveau encourageant mais encore inférieur aux performances d’avant 2015.
Le pays, qui compte environ 12 millions d’habitants, a longtemps dépendu des marchés européens - France, Allemagne, Royaume-Uni - et du Maghreb. Le marché russe, marginal aujourd’hui, avait représenté jusqu’à 10 % des arrivées internationales à son pic. Sa reconquête s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction de la dépendance vis-à-vis de quelques marchés émetteurs.
Le test grandeur nature de cet été déterminera si cette liaison peut devenir pérenne. Les voyagistes russes et les autorités tunisiennes observeront de près les taux de remplissage et la satisfaction client avant d’envisager une extension du programme à l’année.