Un tweet viral relance le débat sur le sprint français : personne n’a couru plus vite que Bolt
Un internaute affirme qu'un athlète français a couru plus vite qu'Usain Bolt. Retour sur les vrais records du sprint tricolore.
Un tweet partagé cette semaine prétend qu'un sprinteur français a couru plus vite que la légende jamaïcaine. Les chiffres disent le contraire aucun Français n'approche les 9 58 de Bolt. Jimmy Vicaut détient le record national à 9 86.
L’essentiel
- Record du monde du 100 m : 9 58 par Usain Bolt en 2009 - inégalé.
- Record de France du 100 m : 9 86 par Jimmy Vicaut le 4 juillet 2015 au Meeting Areva.
- Dernier grand espoir : Christophe Lemaître a pris sa retraite le 27 juin 2024 sans médaille olympique en sprint pur.
Le tweet qui a relancé le débat
Lundi 24 juin, un tweet posté par le compte @samsam98020239 a fait le buzz dans les cercles d’athlétisme amateur : « Quelle grande carrière dans l’athlétisme il a raté, il court plus vite qu’Usain Bolt. Notre Forest Gump français ». Le message, partagé plusieurs centaines de fois, ne cite aucun nom ni aucune preuve chiffrée. Pourtant, il interroge sur ce que le sprint français aurait pu devenir.
Les vrais records du sprint tricolore
La réalité sportive est tout autre. Jimmy Vicaut détient le record de France du 100 mètres avec un chrono de 9 86 secondes, réalisé le 4 juillet 2015 lors du Meeting Areva au Stade de France. Cette performance égale alors le record d’Europe. En face, le record du monde d’Usain Bolt, établi en 2009 aux championnats du monde de Berlin, est de 9 58. L’écart - 28 centièmes - est considérable sur une telle distance. Comme le rappelle la Fédération française d’athlétisme, aucun Français n’a jamais couru sous les 9 80.
Une carrière française en question
Le tweet évoque implicitement Christophe Lemaître, figure emblématique du sprint français. Premier sprinteur blanc à descendre sous les 10 secondes au 100 m (9 92 en 2010), il a symbolisé un espoir immense. Pourtant, sa carrière n’a pas répondu aux attentes : champion d’Europe en 2010 et 2012, médaillé de bronze olympique du relais 4×100 m en 2012 (à Londres), il n’a jamais décroché de médaille olympique individuelle en sprint. Il annonce sa retraite le 27 juin 2024, à 34 ans, sans être parvenu à rivaliser avec les cadors jamaïcains et américains.
Contexte dans le département de la Seine-Saint-Denis
Le Stade de France, à Saint-Denis, accueille chaque année le Meeting Areva - désormais nommé Meeting de Paris - où Vicaut a signé son record. Ce lieu symbolise le lien entre l’athlétisme de haut niveau et le territoire francilien. La Seine-Saint-Denis compte plusieurs clubs amateurs qui entretiennent la flamme du sprint, mais aucune pépinière n’a encore produit un athlète capable de flirter avec les 9 60. Les récents Jeux olympiques de Paris 2024 n’ont pas changé la donne : les sprinteurs français sont restés loin du podium du 100 m.
Le débat ouvert par le tweet rappelle surtout la nostalgie des amateurs pour une époque - celle de Bolt - que le sprint français n’a jamais vraiment rattrapée.