Ukraine : sixième nuit de frappes sur les entrepôts logistiques russes
Kyiv intensifie sa campagne de drones longue portée, visant les infrastructures commerciales et militaires de Belgorod, Rostov et Engels
L'Ukraine poursuit une offensive aérienne nocturne inédite par son ampleur et sa durée. Pour la sixième nuit consécutive, des drones ukrainiens ont frappé des entrepôts commerciaux et des sites militaires russes, touchant notamment les oblasts de Belgorod et Rostov ainsi que la base stratégique d'Engels. Une escalade que Kyiv qualifie de « sanctions longue portée ».
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- L'Ukraine a frappé des entrepôts russes de Wildberries et des sites militaires pour la sixième nuit consécutive au 25 juillet 2026.
- Un incendie a été signalé près de la base aérienne d'Engels, qui abrite des bombardiers stratégiques russes.
- Le SBU ukrainien revendique la destruction d'un radar S-400 et d'un système Tor-M2 dans l'oblast de Rostov.
- Moscou affirme avoir intercepté 328 drones ukrainiens au cours de la dernière nuit sur plusieurs régions.
- Le président Zelensky justifie ces frappes par le rôle logistique de ces sites dans l'effort de guerre russe.
Dans la nuit du 24 au 25 juillet 2026, l’Ukraine a poursuivi sa campagne de frappes de drones sur le territoire russe pour la sixième nuit consécutive. Selon The Kyiv Independent, les cibles incluent des entrepôts du géant du e-commerce Wildberries dans les oblasts de Leningrad, Tver et à Simféropol, ainsi que des infrastructures énergétiques et militaires.
Un important incendie a été signalé à proximité de la base aérienne d’Engels, dans l’oblast de Saratov, qui abrite des bombardiers lourds stratégiques russes. Selon Ukrainska Pravda et le média russe indépendant Astra, les flammes ont touché les installations des bases Engels-1 et Engels-2, sans que l’ampleur des dégâts soit confirmée à ce stade.
Une stratégie de « sanctions longue portée »
Le président Volodymyr Zelensky a justifié cette intensification en soulignant le rôle logistique de ces sites dans l’effort de guerre russe. « Ces infrastructures fournissent des composants essentiels à l’armée russe », a-t-il déclaré, citant notamment l’usine Aviatek à Kirov, productrice de pièces pour missiles. Kyiv présente ces opérations comme une réponse à l’incapacité des sanctions internationales à freiner la machine de guerre russe.
Selon Kyiv Post, le service de sécurité ukrainien (SBU) a revendiqué la destruction d’un radar multifonction 92N6E du système S-400 et d’un système de défense antiaérienne Tor-M2 en Crimée. Ces équipements, coûteux et stratégiques, protègent les axes logistiques et militaires russes.
Moscou affirme avoir intercepté 328 drones
Le ministère russe de la Défense a publié un bilan défensif massif, affirmant avoir neutralisé 328 drones ukrainiens au cours de la dernière nuit sur diverses régions, dont la Crimée annexée. Selon l’agence Anadolu, ce chiffre témoigne d’une activité ukrainienne sans précédent depuis le début de l’offensive, bien que l’efficacité réelle de ces interceptions reste difficile à vérifier indépendamment.
Des témoins locaux à Belgorod et Rostov ont signalé des explosions et des incendies dans des zones commerciales et industrielles. Les autorités russes ont évacué plusieurs quartiers résidentiels par précaution, sans communiquer de bilan humain détaillé.
Des cibles civiles au rôle militaire
La campagne ukrainienne cible principalement des entrepôts de Wildberries, plateforme de vente en ligne dominante en Russie. Ces infrastructures, selon Kyiv, sont utilisées pour acheminer des équipements à double usage vers les zones de guerre, un argument contesté par Moscou qui dénonce des attaques contre des infrastructures civiles.
Le ciblage d’Engels-1 et Engels-2 revêt une portée symbolique et stratégique. Ces bases hébergent les bombardiers Tu-95 et Tu-160, utilisés pour lancer des missiles de croisière sur les villes ukrainiennes. Une frappe réussie sur ces installations affaiblirait la capacité de projection russe.
Contexte international : un front qui s’élargit
Cette escalade intervient alors que la guerre entre dans sa cinquième année. L’Ukraine, qui a reçu des systèmes de drones longue portée de fabrication locale et occidentale, diversifie sa doctrine militaire pour compenser son infériorité en artillerie et en aviation. Les frappes nocturnes répétées visent à éroder la logistique russe et à contraindre Moscou à disperser ses défenses antiaériennes.
Parallèlement, la Russie intensifie ses attaques sur les ports ukrainiens de la mer Noire. Selon The Kyiv Independent, les exportations de céréales ukrainiennes sont menacées par une campagne navale et aérienne russe ciblant les infrastructures portuaires, accentuant la crise alimentaire mondiale.
Un coût humain et économique en hausse
Les autorités ukrainiennes n’ont pas communiqué de pertes parmi les civils russes, mais des sources locales font état de blessés et de dégâts matériels importants. Côté ukrainien, les frappes russes en représailles ont causé des victimes dans plusieurs oblasts frontaliers, notamment à Kharkiv et Soumy.
Le conflit entre dans une phase d’attrition où chaque camp cherche à épuiser les capacités logistiques et industrielles de l’adversaire. Les prochains jours diront si cette campagne de frappes ukrainiennes contraindra Moscou à réviser sa stratégie ou si elle entraînera une nouvelle escalade.
Aucune médiation internationale n’a abouti à ce stade, et les deux capitales campent sur leurs positions. La guerre continue de redessiner les équilibres régionaux et de peser sur l’économie mondiale, notamment via les marchés énergétiques et agricoles.