Vague de chaleur record au Royaume-Uni : huit jours au-dessus de 34°C en 2026
La troisième canicule de l'année frappe le pays depuis le 4 juillet, avec 35,5°C enregistrés dans le Surrey et plus de 2 700 décès attribués aux épisodes de mai et juin
Le Royaume-Uni traverse sa troisième vague de chaleur de 2026, d'une intensité sans précédent. Avec huit jours au-dessus de 34°C cette année, le pays bat ses records historiques et fait face à une surmortalité massive, des infrastructures inadaptées et un risque d'incendies exceptionnel.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le 9 juillet 2026, Wisley (Surrey) a enregistré 35,5°C, portant à huit le nombre de jours au-dessus de 34°C cette année, un record historique britannique
- Plus de 2 700 décès liés à la chaleur ont été estimés en mai et juin 2026 en Angleterre et au Pays de Galles selon des chercheurs britanniques
- Natural England a classé le risque d'incendies au niveau 5 « exceptionnel » avec 342 feux recensés entre janvier et début juillet
- Plus de 1 200 écoles ont fermé ou adapté leurs horaires en juin, et 71 zones ont reçu des avertissements de coupures de courant
- Le Met Office confirme une hausse de 0,25°C par décennie depuis les années 1980 et l'émergence d'un « nouveau climat » britannique
Le thermomètre ne redescend pas outre-Manche. Depuis le 4 juillet, le Royaume-Uni subit une troisième vague de chaleur en 2026, marquée par des températures records et des conséquences sanitaires graves. Le 9 juillet, Wisley, dans le Surrey, a enregistré 35,5°C, portant à huit le nombre de jours où les températures ont dépassé 34°C cette année - un seuil jamais atteint dans les annales météorologiques britanniques, surpassant les années 1976 et 2020.
Cette canicule, entrée dans sa deuxième semaine, suit deux épisodes déjà historiques en mai et juin. Le 26 mai, Kew Gardens avait atteint 35,1°C, un record mensuel. Le 26 juin, Lingwood enregistrait 37,7°C, sixième journée la plus chaude jamais mesurée au Royaume-Uni. Certaines zones du pays ont doublé leur moyenne d’ensoleillement pour juillet, selon le Met Office.
Plus de 2 700 décès en mai et juin
Les conséquences humaines sont massives. Selon des modélisations de chercheurs de l’Imperial College London, du Met Office et de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, plus de 2 700 décès liés à la chaleur ont été estimés en mai et juin 2026 en Angleterre et au Pays de Galles. Cette surmortalité, rapportée par plusieurs médias dont Le Journal de Montréal, dépasse largement les précédents bilans.
L’UK Health Security Agency (UKHSA) a émis des alertes sanitaires de niveau orange pour six régions d’Angleterre, signalant une tension possible sur les services de santé. Des hôpitaux ont enregistré des températures intérieures atteignant 35°C, selon les données vérifiées. Les personnes âgées, les malades chroniques et les travailleurs en extérieur sont particulièrement exposés.
Un risque d’incendies exceptionnel
Natural England a classé le risque d’incendies de forêt au niveau 5, dit « exceptionnel », pour le sud de l’Angleterre et les Midlands. Entre le 1er janvier et le 6 juillet 2026, 342 incendies ont été recensés, soit une fréquence bien supérieure à la normale. Les autorités ont appelé à la vigilance maximale, interdisant les feux de camp et limitant l’accès à certaines zones boisées.
Le Met Office a confirmé que la sécheresse accompagnant ces canicules aggrave le risque. Plusieurs comtés du sud ont imposé des restrictions sur l’usage de l’eau, tandis que les nappes phréatiques affichent des niveaux historiquement bas pour la saison.
Des infrastructures dépassées
Plus de 1 200 écoles ont été contraintes de fermer ou d’adapter leurs horaires en juin, faute de systèmes de refroidissement adaptés. Des avertissements de coupures de courant ont été émis dans 71 zones du pays, la demande électrique pour la climatisation ayant explosé.
Les transports ont également souffert. Les rails de chemin de fer, conçus pour le climat britannique traditionnel, se déforment sous la chaleur, entraînant des limitations de vitesse et des annulations. L’annulation d’un événement sur la gouvernance climatique, faute de climatisation dans la salle prévue, a été largement commentée comme symbole de l’inadaptation des infrastructures.
Un « nouveau climat » selon le Met Office
Dans un rapport publié récemment, le Met Office confirme que le climat du Royaume-Uni a profondément changé. Les températures augmentent de 0,25°C par décennie depuis les années 1980, et les épisodes extrêmes sont plus fréquents. À Londres, le nombre de jours au-dessus de 30°C et de nuits au-dessus de 18°C a plus que quadruplé par rapport à la période 1961-1990, selon les données relayées par Rhône FM.
« Le climat dans lequel nous vivons aujourd’hui n’est plus celui des années 1980 ou 1990 », explique un climatologue britannique cité par Radio Lac. Les modèles prévoient une multiplication des canicules estivales dans les décennies à venir, avec des conséquences sanitaires et économiques croissantes si aucune mesure d’adaptation n’est prise.
Comparaison avec la France et l’Europe
Cette situation rappelle les canicules qui ont frappé la France en 2003 et 2022, mais avec une particularité : le Royaume-Uni, habitué à un climat océanique tempéré, dispose de beaucoup moins d’infrastructures adaptées. Seuls 5 % des foyers britanniques sont équipés de climatisation, contre près de 40 % en France dans les régions les plus chaudes.
L’Europe continentale a connu des épisodes similaires ces dernières années, mais le Royaume-Uni se distingue par la rapidité de l’accélération. Huit jours au-dessus de 34°C en une seule année, alors que le pays n’en avait jamais enregistré plus de cinq auparavant, illustre la brutalité du changement en cours.
Contexte au Royaume-Uni
Le Royaume-Uni, archipel de 68 millions d’habitants, bénéficiait traditionnellement d’un climat océanique avec des étés doux et humides. Les canicules y étaient rares et brèves. Mais depuis les années 2000, les épisodes de chaleur se multiplient. En 2022, le pays avait enregistré pour la première fois 40°C, un seuil psychologique et météorologique majeur.
Le National Health Service (NHS), déjà sous tension chronique, peine à absorber les afflux de patients liés à la chaleur. Les autorités sanitaires britanniques, citées par Français à Londres, appellent à renforcer les plans canicule, encore insuffisamment dotés en moyens humains et matériels.
L’Irlande du Nord a officiellement rejoint cette troisième vague le 15 juillet, avec Castlederg enregistrant trois jours consécutifs au-dessus de 25°C, selon le Met Office. L’ensemble du territoire britannique est désormais concerné.
Prochaines étapes
Les prévisions météorologiques n’annoncent pas de baisse significative avant la fin de la semaine. Le Met Office surveille l’évolution de cette masse d’air chaud, visible depuis l’espace selon des images satellites publiées par l’agence. Les autorités maintiennent leurs alertes sanitaires et incendie, et appellent la population à limiter les déplacements aux heures les plus chaudes. Un débat sur l’adaptation des infrastructures et la révision des normes de construction devrait s’intensifier dans les mois à venir.
