Val-de-Marne : 377 000 € saisis, deux Mauritaniens mis en examen pour blanchiment massif
Un réseau de collecteurs actif plus de trois ans entre la France, la Belgique et l'Afrique vient d'être démantelé dans le département.
Deux Mauritaniens ont été mis en examen et écroués le 10 juin 2026 à Paris pour blanchiment aggravé. Leur réseau de collecteurs est soupçonné d'avoir exfiltré des millions d'euros issus du trafic de drogue. La saisie de 377 000 euros en espèces dans un foyer du Val-de-Marne a mis fin à plus de trois ans d'activité.
L’essentiel
- Saisie : 377 000 euros en espèces découverts dans un foyer du Val-de-Marne, directement liés au réseau.
- Mis en examen : deux Mauritaniens, dont Cheikh, 38 ans, écroués le 10 juin 2026 à Paris pour blanchiment aggravé et association de malfaiteurs.
- Durée du réseau : plus de trois ans d’activité selon les sources, entre la France, la Belgique et l’Afrique.
- Montants suspectés : des millions, voire des dizaines de millions d’euros issus du trafic de stupéfiants, selon Le Parisien et Police & Réalités.
La saisie qui a tout déclenché
C’est une perquisition dans un foyer du Val-de-Marne qui a cristallisé l’enquête. Les enquêteurs y ont mis la main sur 377 000 euros en liquide, selon des informations rapportées par Le Parisien et corroborées par Police & Réalités. Le lieu exact du foyer n’a pas été précisé publiquement à ce stade.
Cette découverte s’inscrit dans une investigation judiciaire de grande ampleur visant un réseau de « collecteurs » : des individus chargés de récupérer les fonds issus du trafic de drogue pour les blanchir, puis les exfiltrer hors de France. Le montant total blanchi reste difficile à établir avec précision à partir des seules sources médiatiques disponibles : les chiffres évoqués varient entre « millions » et « dizaines de millions » d’euros.
Deux hommes écroués, un réseau transnational démantelé
Mardi 10 juin 2026, deux Mauritaniens ont été mis en examen à Paris. Parmi eux, un homme prénommé Cheikh, âgé de 38 ans, et un complice non identifié publiquement. Les deux suspects ont été placés en détention provisoire. Les chefs retenus : blanchiment aggravé et participation à une association de malfaiteurs, selon Le Parisien.
Le réseau fonctionnait en circuit fermé. Les collecteurs récupéraient l’argent sale généré par le trafic de stupéfiants en France, puis organisaient son transfert vers la Belgique et l’Afrique. Le mécanisme exact de blanchiment - sociétés écrans, hawala, transferts physiques - n’a pas été détaillé par les sources disponibles.
Plus de trois ans sans détection
Selon Police & Réalités, le réseau aurait opéré pendant plus de trois ans avant d’être démantelé. Cette durée soulève des questions sur les modalités de détection et de surveillance, auxquelles ni la préfecture du Val-de-Marne ni le parquet de Paris n’ont apporté de réponse publique à la date de publication de cet article.
La localisation d’une partie des flux en foyer d’hébergement - lieu habituellement destiné à des publics en situation de précarité - constitue un élément notable de l’affaire. Les raisons pour lesquelles les fonds y étaient stockés n’ont pas été précisées par les autorités judiciaires.
Des affaires de saisies importantes de liquidités liées aux trafics de stupéfiants ont également été enregistrées en Île-de-France ces derniers mois. À Aulnay-sous-Bois, 120 kg de cannabis avaient été saisis après une course-poursuite nocturne, illustrant la pression exercée par les forces de l’ordre sur les réseaux d’approvisionnement de la région.
Contexte dans le Val-de-Marne
Le Val-de-Marne (94) est un département dense de la petite couronne parisienne, avec environ 1,4 million d’habitants. Sa proximité avec Paris, ses axes routiers majeurs (A86, A4) et la multiplicité de ses communes en font un territoire de transit et d’implantation pour des réseaux criminels organisés, selon les analyses régulières des services de police judiciaire.
Le département n’est pas isolé dans ce constat. En Gironde, cinq hommes ont récemment été interpellés pour un réseau de home-jackings représentant 613 000 euros de véhicules volés, signe que les réseaux criminels transnationaux sont actifs sur l’ensemble du territoire national.
Les affaires de blanchiment liées aux stupéfiants représentent un enjeu croissant pour la justice française. Le parquet de Paris dispose d’une section spécialisée dans la criminalité financière organisée, compétente sur ce type de dossier à dimension transnationale.
Un précédent bien documenté depuis 2019
L’affaire n’est pas sans précédent. En avril 2019, Le Parisien avait déjà relaté le démantèlement en région parisienne d’un réseau de collecteurs maliens et mauritaniens blanchissant de l’argent de la drogue, les fonds étant ensuite réinvestis dans un trafic de médicaments en Mauritanie. Ce précédent témoigne d’une filière structurée et durable, s’appuyant sur des réseaux communautaires transnationaux.
En avril 2022, le tribunal de Rennes avait prononcé des peines de prison ferme dans une affaire similaire impliquant des réseaux de blanchiment africains, avec des montants estimés à 48 millions d’euros, selon Breizh Info. Ces affaires illustrent l’ampleur des flux financiers illicites qui transitent par la France dans le cadre du trafic international de stupéfiants.
La suite judiciaire
Les deux mis en examen restent en détention provisoire. L’instruction judiciaire est désormais ouverte. Le périmètre exact du réseau - nombre de membres, filières de blanchiment utilisées, destinations précises des fonds - reste à établir par les juges d’instruction saisis du dossier.
Les autorités judiciaires n’ont pas communiqué publiquement sur d’éventuels complices encore en fuite ni sur les saisies d’avoirs complémentaires envisagées dans ce cadre. Le montant total des avoirs qui pourraient être confisqués au terme de la procédure n’a pas été précisé à ce stade.
Sources
- Le Parisien : Val-de-Marne : le réseau de collecteurs mauritaniens blanchissait des millions d'euros d'argent de la drogue
- Police & Réalités : Val-de-Marne : deux Mauritaniens mis en examen pour avoir blanchi des millions d'euros issus du trafic de drogue
- Le Parisien : L'argent de la drogue servait au trafic de médicaments en Mauritanie
- Breizh Info : Rennes. Des réseaux africains et pakistanais avaient blanchi 48 millions d'euros