Val-de-Marne : le préfet Bourron rappelle l’interdiction d’ouvrir les bornes incendie

Le préfet Stanislas Bourron a publié le 29 mai un rappel officiel ouverture, dégradation et vol d'eau exposent à des sanctions pénales lourdes.

Val-de-Marne : le préfet Bourron rappelle l'interdiction d'ouvrir les bornes incendie
Illustration Alexandre Martin / info.fr

Le préfet du Val-de-Marne Stanislas Bourron a rappelé le 29 mai 2026 que l'ouverture des bornes incendie est strictement interdite. Les sanctions vont de 750 € d'amende à cinq ans d'emprisonnement. Le rappel intervient en pleine vague de chaleur précoce.

L’essentiel

  • Rappel préfectoral : publié le 29 mai 2026 à 16h52 via @Prefet94, signé par Stanislas Bourron, en poste depuis le 18 mai 2026.
  • Sanctions : 750 € d’amende pour ouverture illégale ; jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 € pour dégradation ; jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 € pour vol d’eau.
  • Risque hydraulique : une borne ouverte peut laisser s’écouler entre 30 000 et 60 000 litres d’eau par heure.
  • Contexte régional : rappel identique publié la veille, le 28 mai, par le préfet des Hauts-de-Seine Alexandre Brugère.
  • Précédent : 27 ouvertures illégales recensées en une seule nuit en juin 2019 en Île-de-France, dont en Val-de-Marne.

Le message officiel du 29 mai

Vendredi 29 mai 2026, à 16h52, le compte officiel de la préfecture du Val-de-Marne a relayé un message signé Stanislas Bourron : l’ouverture des bornes incendie est « strictement interdite ». Le message est accompagné d’une photo des équipements concernés et d’une mise en garde explicite : ces actes peuvent priver les secours d’eau lors d’un incendie et provoquer des dégâts matériels dans les rues.

Le rappel liste trois niveaux de sanction distincts. L’ouverture illégale d’une borne constitue une contravention de 4e classe (article R644-6 du Code pénal), passible de 750 € d’amende. La dégradation de l’équipement public, visée par l’article 322-3 du Code pénal, peut valoir jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 € d’amende. Le vol d’eau expose à 3 ans de prison et 45 000 € d’amende.

Des incidents signalés à Fresnes les 27 et 28 mai

Publicité

Ce rappel n’est pas publié dans le vide. Selon info.fr, des incidents ont été signalés à Fresnes (Val-de-Marne) les 27 et 28 mai 2026 autour d’une bouche à incendie ouverte. Des policiers auraient été appelés sur place et un véhicule municipal aurait été dégradé. Ces informations proviennent d’une source journalistique unique et n’ont pas été confirmées officiellement par la préfecture à ce stade.

La pratique dite du street pooling - transformer la rue en piscine improvisée en ouvrant une bouche à incendie - connaît un regain chaque été. Elle s’accompagne d’un risque souvent ignoré : pompiers et services de secours alertent régulièrement sur les effets de « coup de bélier » dans les canalisations, sur le risque d’électrocution au contact de réseaux enterrés, et sur la chute de pression qui peut rendre une borne inutilisable le temps d’un incendie réel.

Un rappel coordonné à l’échelle francilienne

La veille, le 28 mai 2026, le préfet des Hauts-de-Seine Alexandre Brugère avait publié un message quasi identique sur les réseaux de la préfecture 92, avec les mêmes seuils de sanctions. D’autres préfectures franciliennes ainsi que des services départementaux d’incendie et de secours, dont le SDIS 78, ont relayé des avertissements similaires dans le contexte de la vague de chaleur précoce de fin mai 2026.

Cette coordination entre préfectures voisines signale une stratégie de prévention concertée, sans qu’un dispositif commun formalisé n’ait été annoncé publiquement.

Contexte dans le Val-de-Marne

Le Val-de-Marne compte environ 1,42 million d’habitants (données INSEE au 1er janvier 2023). Département dense, urbanisé, il concentre un réseau hydraulique sous forte pression en période de forte chaleur. La préfecture est installée à Créteil.

Stanislas Bourron a été nommé préfet du Val-de-Marne par décret du 22 avril 2026, selon le Journal officiel publié sur Légifrance. Il a pris ses fonctions le 18 mai 2026 - soit dix jours avant ce rappel. C’est l’un de ses premiers messages publics à forte visibilité sur les réseaux sociaux dans ce département. Les prises de fonction préfectorales s’accompagnent souvent de ce type de communication préventive en début de mandat.

Aucun bilan chiffré d’infractions ou de poursuites engagées en Val-de-Marne n’a été communiqué par la préfecture à ce stade.

Un précédent qui date de 2019

Le phénomène n’est pas nouveau. En juin 2019, lors d’une canicule, 27 ouvertures illégales de bouches à incendie avaient été recensées en une seule nuit à Paris et en banlieue proche, dont en Val-de-Marne, selon BFMTV. À l’époque, les services de secours avaient déjà alerté sur l’épuisement des réserves locales. Le chiffre de 30 000 à 60 000 litres perdus par heure par borne ouverte, cité par Le Parisien, donne la mesure du problème : quelques heures suffisent à vider une portion du réseau de distribution.

À ce jour, la préfecture du Val-de-Marne n’a pas annoncé de mesures de contrôle supplémentaires ni de renforcement des patrouilles. La prochaine étape dépendra des conditions météorologiques : si l’épisode de chaleur se prolonge, de nouveaux rappels - et éventuellement des verbalisations - sont attendus.

Sources

Alexandre Martin

Alexandre Martin

Alexandre est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Val-de-Marne (94), avec Créteil pour chef-lieu. Spécialité du département : MIN Rungis (1er marche alimentaire mondial) et bois de Vincennes. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

Publicité
Lien copié !
×