Val-d’Oise : le député Taché interpelle le gouvernement sur le risque incendie
Aurélien Taché demande l'intégration du département dans le dispositif de débroussaillement obligatoire, citant la vulnérabilité de la forêt de l'Hautil
Le député LFI-NFP de la 10e circonscription du Val-d'Oise, Aurélien Taché, a déposé le 13 juillet une question écrite au ministère de l'Intérieur. Il alerte sur l'exclusion du département du dispositif national de prévention des feux de forêt.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le député Aurélien Taché a déposé la question écrite n° 17033 le 13 juillet 2026 au ministère de l'Intérieur
- Le Val-d'Oise est exclu du dispositif des Obligations Légales de Débroussaillement malgré un rapport de 2023 classant l'Île-de-France comme « nouveau territoire du feu »
- La forêt de l'Hautil, 696 hectares, borde directement les communes de Boisemont, Vauréal, Jouy-le-Moutier et Courdimanche
- L'absence de zonage empêche le SDIS 95 et les maires d'imposer le débroussaillement préventif aux propriétaires privés
Le 13 juillet 2026, Aurélien Taché a déposé la question écrite n° 17033 à l’Assemblée nationale. Le député de la 10e circonscription du Val-d’Oise interpelle le gouvernement sur l’absence de classement du département dans le dispositif des Obligations Légales de Débroussaillement (OLD). Selon l’élu, cette exclusion empêche toute action contraignante de prévention face au risque d’incendie de forêt.
Un risque identifié mais sans cadre juridique
L’interpellation s’appuie sur un rapport interministériel de 2023 qui qualifiait déjà l’Île-de-France de « nouveau territoire du feu », selon l’Assemblée nationale. Pourtant, le Val-d’Oise reste exclu du zonage réglementaire qui permettrait d’imposer le débroussaillement aux propriétaires privés en lisière de forêt.
Le député cible en particulier la forêt de l’Hautil, massif forestier qui borde directement les communes de Boisemont, Vauréal, Jouy-le-Moutier et Courdimanche. Ces interfaces habitat-forêt présentent une vulnérabilité accrue en période de canicule et de sécheresse.
Des interdictions préfectorales sans pouvoir contraignant
La préfecture du Val-d’Oise a placé le département en vigilance canicule et feux de forêt en juillet 2026, comme l’a rapporté info.fr. Un arrêté a restreint les tirs de feux d’artifice et certains travaux. Mais ces mesures temporaires ne remplacent pas un dispositif structurel.
Sans zonage OLD, le Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS 95) et les maires ne peuvent exiger le débroussaillement préventif des parcelles boisées privées. Les propriétaires restent libres d’entretenir ou non leur terrain, même en lisière immédiate de forêt.
Contexte dans le Val-d’Oise
Le Val-d’Oise compte 183 communes et 1,30 million d’habitants. Le département combine zones urbaines denses (Cergy-Pontoise, Argenteuil, Sarcelles) et massifs forestiers préservés. La forêt de l’Hautil, propriété de l’Office National des Forêts, constitue un poumon vert pour l’agglomération de Cergy.
Le territoire n’a pas connu d’incendie de forêt majeur récent, contrairement à la forêt de Fontainebleau en Seine-et-Marne. Mais les épisodes de canicule se multiplient. En juillet 2026, plusieurs départements franciliens ont enregistré des températures supérieures à 35 °C.
Une demande d’évaluation rapide
Dans sa question écrite, Aurélien Taché demande au ministre de l’Intérieur une évaluation du risque incendie pour les massifs du Val-d’Oise. Il réclame l’intégration du département dans la stratégie nationale de lutte contre les incendies de forêt, selon l’Assemblée nationale.
Le député a relayé son interpellation sur les réseaux sociaux. « Attendrons-nous que la forêt de l’Hautil devienne un second Fontainebleau avant d’agir ? », a-t-il écrit sur X le 13 juillet.
Prochaine étape
Le ministère de l’Intérieur dispose de deux mois pour répondre à la question écrite. Le gouvernement devra préciser s’il envisage d’étendre le dispositif OLD au Val-d’Oise et selon quel calendrier.