Valence : le procureur qualifie de « très grave » le mode opératoire des incendies criminels
Dans la nuit du 28 au 29 juin 2026, deux incendies criminels ont visé des immeubles d'habitation à Valence. Le bilan est de 14 blessés légers. Le procureur Laurent de Caigny a ouvert une enquête criminelle pour incendie volontaire et évoque un mode opératoire extrêmement grave, dans un contexte de narcotrafic.
Deux incendies criminels ont frappé Valence dans la nuit du 28 au 29 juin 2026, faisant 14 blessés légers et rendant un immeuble inhabitable. Le procureur de la République dénonce un mode opératoire « très grave » et la préfète a déployé la CRS 83 dans le quartier du Plan.
L’essentiel
- 14 blessés légers : l’incendie criminel du 115 route de Montélier à Valence a intoxiqué 14 personnes, toutes prises en charge sans gravité.
- Mode opératoire jugé « extrêmement grave » par le procureur Laurent de Caigny, qui a ouvert une enquête criminelle.
- Enquête confiée à la division de la criminalité organisée : la piste du narcotrafic est privilégiée.
- 22 policiers de la CRS 83 déployés dans le quartier du Plan sur ordre de la préfète Marie-Aimée Gaspari.
Les faits : une nuit de terreur dans deux immeubles
Dans la nuit du dimanche 28 au lundi 29 juin 2026, la ville de Valence a été secouée par deux incendies criminels distincts. Le premier s’est déclaré rue Daniel Defoe, sans faire de victime. Mais le second, survenu au 115 route de Montélier, a ravagé un immeuble de neuf étages. Selon les pompiers de la Drôme, 75 sapeurs-pompiers ont été mobilisés pour maîtriser le sinistre et évacuer les habitants. Les secours ont dû utiliser les grandes échelles pour sortir les résidents par les fenêtres.
Le bilan provisoire fait état de 14 blessés légers, tous intoxiqués par les fumées. Aucune victime grave n’est à déplorer, mais l’immeuble de la route de Montélier a été rendu inhabitable. Une enquête a été immédiatement ouverte par le parquet de Valence.
Le procureur dénonce un mode opératoire « très grave »
Le procureur de la République de Valence, Laurent de Caigny, s’est exprimé devant la presse ce lundi 29 juin. Il a qualifié le mode opératoire des incendies d’« extrêmement grave », précisant qu’un produit incendiaire accélérateur a été utilisé. L’infraction retenue est celle d’incendie volontaire ayant entraîné des blessures, qui relève du droit criminel.
Selon une source proche de l’enquête, le parquet privilégie la piste d’un acte d’intimidation lié au narcotrafic. L’immeuble visé abriterait une famille connue des services de police pour des liens présumés avec le trafic de stupéfiants. L’enquête a été confiée à la division de la criminalité organisée (DCO).
Piste du narcotrafic et enquête criminelle
Les investigations se concentrent désormais sur un possible règlement de comptes ou une tentative d’intimidation dans le cadre d’une guerre de territoire entre réseaux de drogue. « Le mode opératoire est très grave », a insisté le procureur, refusant toutefois de détailler les éléments matériels saisis. Un périmètre de sécurité a été maintenu pendant plusieurs heures et les techniciens en identification criminelle ont réalisé des relevés.
La ville de Valence, préfecture de la Drôme, n’en est pas à son premier épisode de violences liées au trafic. En 2025, plusieurs opérations de police avaient déjà ciblé des points de deal dans le quartier du Plan. Comme après d’autres incendies criminels dans des logements collectifs, la question de la sécurité des habitants se pose avec acuité.
La réponse des autorités : déploiement de la CRS 83
Dès le lendemain des faits, la préfète de la Drôme, Marie-Aimée Gaspari, a annoncé le déploiement de 22 policiers de la CRS 83 dans le quartier du Plan, où se trouve l’immeuble sinistré. L’objectif est de sécuriser le secteur et de rassurer les riverains. « Nous ne tolérerons aucune violence de cette nature », a-t-elle déclaré lors d’un point presse.
Ce renfort est prévu pour une durée indéterminée. Les patrouilles sont visibles dans les rues adjacentes. Le maire de Valence a également salué le travail des sapeurs-pompiers, dont l’intervention rapide a évité une tragédie plus grave.
Contexte dans la Drôme
Valence, commune de près de 65 000 habitants, est le chef-lieu de la Drôme. Le département, situé entre Rhône et Alpes, connaît une recrudescence des trafics de stupéfiants, en particulier le long de l’axe autoroutier. Selon les données de la préfecture, les saisies de drogue ont augmenté de 58 % en 2025 par rapport à 2024. Le quartier du Plan, une zone d’habitat social, est régulièrement cité dans les rapports de police comme un point de deal actif.
L’incendie criminel de la route de Montélier s’inscrit dans un contexte de tensions entre bandes rivales. En janvier 2026, une fusillade avait déjà éclaté dans le même quartier, faisant un blessé grave. Les élus locaux réclament depuis des moyens supplémentaires pour la police nationale.
Prochaine étape : l’enquête se poursuit
Les auditions des victimes et des témoins se multiplient. Le procureur a indiqué que plusieurs gardes à vue pourraient avoir lieu dans les prochains jours. L’identification des auteurs présumés est la priorité des enquêteurs. En attendant, les habitants du 115 route de Montélier sont relogés par la mairie dans des appartements provisoires.