Maxim Van Gils au Markstein : 111 jours après la fracture
Quatre mois après s'être brisé le bassin, le Belge termine dans le top 30 de la première étape pyrénéenne
Le 18 juillet, Maxim Van Gils termine 30e de l'étape du Markstein. Quatre mois plus tôt, une fracture du bassin mettait son Tour de France en danger.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Critique interne à l'équipe
Avant le Tour, Van Gils pointe publiquement les erreurs de ses coéquipiers lors d'un contre-la-montre d'entraînement. Un ton rare qui révèle ses exigences.
Régularité en construction
Ses résultats dispersés (4e, 27e, 30e, 58e selon les étapes) montrent une progression encore irrégulière, mais une capacité nouvelle à finir dans le peloton de tête en montagne.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Quatre mois après une fracture du bassin lors de la Clásica Jaén en février, il retrouve les jambes en montagne
- Il remporte une étape en montagne au Tour Auvergne-Rhône-Alpes 111 jours seulement après sa blessure
- Travaillant avec Marc Lamberts, ancien coach de Wout van Aert, il développe un profil de grimpeur plus polyvalent
- Il pointe à la 17e place du classement de la montagne du Tour avec 6 points
Le 18 juillet - au sommet du Markstein, Maxim Van Gils termine 30e. Pas de quoi décrocher une photo sur le podium. Mais quatre mois avant, en février - il se fracture le bassin lors de la Clásica Jaén en Espagne. Le diagnostic tombe: plusieurs semaines d’arrêt. Le Tour de France devient un objectif lointain, presque irréaliste.
111 jours. C’est le délai entre la fracture et son retour victorieux en course. Le 12 juin - il remporte l’étape 6 du Tour Auvergne-Rhône-Alpes - une arrivée en montagne à Crest-Voland après 182,3 km. Après la ligne, il lâche une phrase: il se sent « proche de la meilleure forme de [s]a vie ». Pas de fausse modestie. Juste un constat.
Sur ce Tour de France 2026, son troisième - Van Gils ne vise pas le maillot jaune. Il court pour Red Bull - BORA - hansgrohe - une équipe qui mise sur lui pour les échappées et les étapes accidentées. Les dix premiers jours sont difficiles. Il le dit lui-même après l’étape 13: il a « retrouvé [ses] jambes après dix premiers jours difficiles ». La veille, il termine 4e à Belfort, dans un groupe de 9 coureurs qui passe en tête au Ballon d’Alsace. Le lendemain, direction le Markstein. 30e place. Rien d’éclatant. Mais une confirmation.
Marc Lamberts, entraîneur de Van Gils
Van Gils a changé de méthode. Depuis son arrivée chez Red Bull - BORA - hansgrohe en 2025 - il travaille avec Marc Lamberts. Lamberts l’aide à devenir plus polyvalent, capable de tenir trois semaines en montagne. Avant, Van Gils était un puncheur, un spécialiste des classiques. Il a remporté le Tour d’Arabie Saoudite en 2022 - Eschborn-Francfort en 2024. Mais un Grand Tour sur trois semaines, c’est autre chose. En 2023 - il termine 59e du Tour de France. En 2021 - 88e de la Vuelta. Des résultats de grimpeur en construction.
À 26 ans - Van Gils est en train de changer de dimension. Il ne gagne pas d’étapes sur ce Tour, mais il ne lâche pas non plus. Sur les autres étapes montagneuses, il termine 36e aux Angles le 6 juillet - 27e à Pau le 8 juillet - 58e au Lioran le 14 juillet. Des résultats dispersés, mais une régularité qui se dessine. Au classement de la montagne, il pointe à la 17e place avec 6 points. Ce n’est pas le maillot à pois, mais c’est un début.
Ce que personne ne dit
Van Gils critique son équipe. Avant le Tour, lors d’un contre-la-montre d’entraînement par équipes, il ne mâche pas ses mots. Un constat public rare. Les coureurs parlent rarement aussi cash de leurs coéquipiers avant un Grand Tour. Mais Van Gils assume. Il sait ce qu’il vaut. Et ce qu’il attend des autres.
Après le Tour, il vise la Classique de Saint-Sébastien, puis les courses WorldTour de Québec et Montréal. Des classiques d’un jour, son terrain de jeu historique. Mais désormais, il sait qu’il peut tenir trois semaines. La fracture du bassin aurait pu tout arrêter. Elle n’a fait que différer la suite.
Au sommet du Markstein, Van Gils descend de vélo. Il ne lève pas les bras. Il récupère. Quatre mois plus tôt, il ne savait pas s’il pourrait remonter en selle. Aujourd’hui, il finit 30e d’une étape du Tour de France. Demain, il y en aura une autre.
