Var : les hôpitaux de Toulon et Hyères activent leur plan face aux urgences
Bloqués par la grève des ambulanciers privés, le CHITS et le CH d'Hyères ont déclenché le niveau 1 de leur plan de mobilisation interne.
Face à la saturation de leurs services d'urgences, la direction commune du CHITS et du Centre hospitalier d'Hyères a activé le 9 juillet le niveau 1 de son plan de mobilisation interne. En cause une grève des ambulanciers privés qui bloque les sorties de patients depuis le 26 juin.
L’essentiel
- Fait 1 : le CHITS et le Centre hospitalier d’Hyères ont activé le niveau 1 de leur Plan de mobilisation interne le 9 juillet 2026, face à la saturation de leurs urgences.
- Fait 2 : cette saturation est provoquée par une grève des ambulanciers privés du Var, débutée le 26 juin 2026, qui bloque les sorties de patients.
- Fait 3 : le 1er juillet, environ 70 ambulances ont mené une opération escargot sur l’A57 en direction de l’hôpital Sainte-Musse, interrompue par le préfet du Var.
- Fait 4 : les deux établissements ont ouvert un salon de sortie et demandent d’appeler le 15 avant tout déplacement aux urgences.
Le plan de mobilisation interne activé au niveau 1
La direction commune du Centre hospitalier intercommunal Toulon-La Seyne (CHITS) et du Centre hospitalier d’Hyères a déclenché jeudi 9 juillet le niveau 1 de son Plan de mobilisation interne. Cette procédure, activée en cas de tension durable sur les capacités d’accueil, vise selon les deux établissements à préserver la continuité et la sécurité des prises en charge, rapporte TV83.
Le niveau 1 constitue le premier échelon d’un dispositif gradué. Il permet de mobiliser des ressources internes supplémentaires sans déclencher de plan blanc, réservé aux situations de crise plus sévères. Les hôpitaux n’ont pas précisé à ce stade la durée prévue de cette activation.
Une grève des ambulanciers qui paralyse les sorties de patients
La cause de cette saturation est identifiée : un mouvement de grève des ambulanciers privés du Var, débuté le 26 juin 2026. Ce conflit social bloque les transferts et les sorties de patients, ce qui encombre mécaniquement les lits d’hospitalisation et, en cascade, les urgences, selon TV83.
Le mouvement est porté dans le département par les transporteurs sanitaires représentés notamment par Johan Cabrita, de la CNSA, qui réclament une revalorisation des tarifs de l’Assurance Maladie, gelés depuis 2020, selon RCF Méditerranée.
Le conflit a pris une tournure visible le 1er juillet, quand environ 70 ambulances ont mené une opération escargot sur l’A57 en direction de l’hôpital Sainte-Musse de Toulon. Le préfet du Var a interdit aux manifestants de poursuivre leur cortège sur l’A57, invoquant un bouchon de dix kilomètres et un risque accru de feux de forêt, selon TV83. Cette mobilisation illustre l’ampleur d’un mouvement qui, un peu plus d’une semaine plus tard, continue de perturber le fonctionnement des urgences varoises.
Les mesures prises par le CHITS et le CH d’Hyères
Pour faire face à l’engorgement, les deux établissements ont détaillé plusieurs dispositions concrètes. Un salon de sortie a été ouvert afin de fluidifier le parcours des patients en fin d’hospitalisation, en attendant leur transport, et de libérer plus rapidement des lits, selon TV83. L’organisation interne des lits a également été revue pour optimiser les capacités d’accueil.
Le plan de mobilisation prévoit aussi la possibilité d’activer, si nécessaire, des moyens de transport alternatifs, en coordination avec l’Agence régionale de santé (ARS), pour pallier l’indisponibilité des ambulances privées, précise Presse Agence. Aucun délestage vers d’autres établissements n’a été annoncé à ce stade par les deux hôpitaux.
Les directions insistent enfin sur un point : éviter de se présenter spontanément aux urgences. Elles demandent aux patients d’appeler le 15, le numéro du SAMU, avant tout déplacement, afin que la régulation médicale oriente les prises en charge selon leur degré d’urgence.
Contexte dans le Var
Le CHITS, né du regroupement des hôpitaux de Toulon et de La Seyne-sur-Mer, est l’un des principaux établissements publics de santé du littoral varois, aux côtés du Centre hospitalier d’Hyères avec lequel il partage désormais une direction commune. Les urgences de Sainte-Musse absorbent une part importante des flux de patients de l’agglomération toulonnaise, zone la plus densément peuplée du département.
Ce type de tension sur les urgences n’est pas propre au Var : d’autres territoires connaissent des difficultés comparables liées à des mouvements sociaux dans les transports sanitaires ou publics, comme récemment à Clermont-Ferrand, où une grève a paralysé un réseau de transport. Dans le Var, la période estivale, marquée par l’afflux touristique sur la côte, ajoute une pression supplémentaire sur des services déjà fragilisés par le conflit des ambulanciers.
La vigilance sur les capacités hospitalières s’inscrit aussi dans un contexte plus large de tensions saisonnières sur les services publics, à l’image des restrictions sanitaires ou climatiques observées ailleurs en France, comme la vigilance canicule en Sarthe ces derniers jours.
Ni le CHITS ni le Centre hospitalier d’Hyères n’ont communiqué de date de sortie de ce niveau 1, qui reste conditionné à l’évolution du mouvement de grève des ambulanciers privés.
Sources
- Presse Agence : Toulon : hôpitaux sous tension, le CHITS et le CH d'Hyères activent leur plan de mobilisation
- TV83 : Le CHITS et le Centre hospitalier d'Hyères : préserver la continuité et la sécurité des prises en charge
- Var Actu : Urgences saturées dans le Var : les hôpitaux prennent une décision importante