Vendôme : le conducteur mis en examen décède avant son procès, autopsie ordonnée
L'homme jugé pour l'accident mortel de Villiersfaux en 2023 est décédé quelques jours avant l'audience prévue au tribunal de Blois.
L'automobiliste poursuivi pour homicide involontaire aggravé après la mort d'une motarde à Villiersfaux le 30 septembre 2023 est décédé avant son procès, fixé au 2 juin 2026. Le parquet de Blois a ordonné une autopsie. L'action publique est éteinte.
L’essentiel
- Accident : 30 septembre 2023 à Villiersfaux (Loir-et-Cher), collision entre une moto et une voiture, Laëtitia Thoyer-Fisseux, 54 ans, décède sur place.
- Conducteur : homme de 46 ans au moment du procès, taux d’alcoolémie de 3,78 g/l, deux condamnations antérieures pour conduite en état d’ivresse (2015, 2016).
- Procès : audience prévue le 2 juin 2026 au tribunal correctionnel de Blois, annulée en raison du décès du prévenu survenu quelques jours avant.
- Autopsie : ordonnée par le parquet, programmée le 4 juin 2026 à l’institut médico-légal de Tours.
- Conséquence judiciaire : extinction de l’action publique constatée par le procureur Stéphane Javet lors de l’audience du 2 juin 2026.
Un accident sous alcool, une victime, trois ans d’attente
Le 30 septembre 2023, vers 17h45, dans la rue de la Brisse à Villiersfaux, à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Vendôme, une collision entre une moto et une voiture coûte la vie à Laëtitia Thoyer-Fisseux. Cette femme de 54 ans, mère de famille résidant à Saint-Amand-Longpré, décède sur place malgré l’intervention des secours, selon La Nouvelle République.
Le conducteur du véhicule, alors âgé d’environ 44 ans, est contrôlé avec un taux d’alcoolémie de 3,78 g/l - soit près de cinq fois la limite légale. Il présente des antécédents judiciaires pour les mêmes faits : deux condamnations pour conduite sous emprise d’alcool, en 2015 et en 2016. Il est mis en examen pour homicide involontaire aggravé, brièvement incarcéré, puis placé sous contrôle judiciaire dans l’attente du procès.
Pour la famille de Laëtitia Thoyer-Fisseux, l’audience devant le tribunal correctionnel de Blois représentait une étape attendue depuis près de trois ans. Elle était fixée au 2 juin 2026.
Le prévenu décède avant l’audience
Quelques jours avant la date du procès, le prévenu décède. Les circonstances de ce décès n’ont pas été précisées publiquement à ce stade par les autorités.
Le parquet de Blois, saisi de la situation, ordonne une autopsie afin d’en déterminer les causes. Cet examen est programmé le 4 juin 2026 à l’institut médico-légal de Tours, selon La Nouvelle République.
L’action publique éteinte, les familles informées
Le 2 juin 2026, l’audience se tient quand même au tribunal correctionnel de Blois. Le procureur Stéphane Javet y constate officiellement l’extinction de l’action publique : la mort du prévenu met fin aux poursuites pénales, conformément au droit français.
Deux membres de la famille de la victime sont présents dans la salle. Leur avocate, Me Aurore Douady, ainsi que les conseils des autres parties civiles, ont pris soin de les avertir en amont afin de leur éviter une épreuve supplémentaire, selon La Nouvelle République.
L’extinction de l’action publique ne prive pas les proches d’un éventuel recours civil, mais cette voie n’a pas été évoquée publiquement à ce jour. Une situation comparable s’était produite dans d’autres affaires de faits divers judiciaires, comme à Mont-de-Marsan où un compagnon avait été mis en examen après la mort de sa compagne, rappelant la fragilité des procédures pénales face aux aléas humains.
Contexte dans le Loir-et-Cher
Le Loir-et-Cher (population : environ 340 000 habitants) est traversé par plusieurs axes routiers secondaires à risque, notamment dans l’arrondissement de Vendôme. Les accidents de la route impliquant l’alcool restent une réalité récurrente devant le tribunal correctionnel de Blois, qui couvre l’ensemble du département.
Les accidents mortels de la route en milieu rural, souvent survenus sur des routes à deux voies, pèsent de façon disproportionnée sur les petites communes. Villiersfaux compte moins de 400 habitants. L’autopsie est un outil classique du parquet dans les cas où un prévenu décède avant jugement, afin d’exclure toute mort suspecte et de clore le dossier en connaissance de cause.
Ce type de dénouement judiciaire - procès annulé par la mort du mis en cause - est rare mais documenté. Il laisse les familles des victimes sans la reconnaissance formelle d’une culpabilité prononcée par un tribunal. Pour mémoire, dans le Cher voisin, une collision frontale à Marmagne avait coûté la vie à deux conducteurs début juin 2026, soulignant la persistance des drames routiers dans la région Centre-Val de Loire.
Ce que l’autopsie peut changer
Sur le plan judiciaire, l’autopsie du 4 juin 2026 ne modifiera pas l’issue pénale : l’action publique est déjà éteinte. Elle vise uniquement à établir les causes médicales du décès du prévenu, une démarche systématique lorsque la mort survient dans un contexte judiciaire en cours, selon le parquet de Blois.
Les résultats de cet examen n’ont pas vocation à être rendus publics, sauf si les investigations révèlent des éléments nécessitant une procédure distincte. Le dossier pénal lié à l’accident de Villiersfaux sera, lui, classé sans suite suite au décès du mis en examen.
Pour la famille de Laëtitia Thoyer-Fisseux, le procès du 2 juin 2026 devait marquer la fin d’une procédure entamée à l’automne 2023. Il s’achève sans verdict. Les conclusions de l’autopsie, attendues dans les semaines à venir, constitueront le dernier acte judiciaire de ce dossier.