Un an ferme pour l’agression sexuelle de la députée Yaël Ménaché à Péronne, sans expulsion
Le tribunal correctionnel d'Amiens a condamné le 29 avril 2026 un Soudanais de 31 ans à douze mois de prison ferme, sans ordonner son expulsion du territoire.
Le tribunal correctionnel d'Amiens a rendu son verdict mercredi 29 avril 2026. Un ressortissant soudanais de 31 ans, résidant légalement à Péronne, a été condamné à un an de prison ferme pour l'agression sexuelle commise sur la députée RN Yaël Ménaché lors du bal des pompiers du 14 juillet 2025. Aucune mesure d'expulsion n'a été prononcée.
Le tribunal correctionnel d’Amiens a rendu son verdict mercredi 29 avril 2026. Un ressortissant soudanais de 31 ans, résidant légalement à Péronne, a été condamné à un an de prison ferme pour l’agression sexuelle commise sur la députée RN Yaël Ménaché lors du bal des pompiers du 14 juillet 2025. Aucune mesure d’expulsion n’a été prononcée.
L’essentiel
- Peine : 12 mois de prison ferme prononcés le 29 avril 2026 par le tribunal correctionnel d’Amiens.
- Faits : Agression sexuelle sur la députée Yaël Ménaché dans la nuit du 13 au 14 juillet 2025, lors du bal des pompiers de Péronne.
- Profil du condamné : Soudanais de 31 ans, en situation régulière, résidant à Péronne ; nie les faits.
- Expulsion : Aucune interdiction du territoire prononcée, contrairement aux réquisitions du procureur.
- Réaction de la victime : Yaël Ménaché (RN, 5e circonscription de la Somme) se dit satisfaite d’avoir été reconnue comme victime, selon Franceinfo.
Une agression lors du bal du 14 juillet 2025
Les faits remontent à la nuit du 13 au 14 juillet 2025. Lors du bal des pompiers organisé à Péronne, Yaël Ménaché, députée de la 5e circonscription de la Somme depuis juin 2022, est agressée sexuellement alors qu’elle danse, selon ICI Picardie et Franceinfo. La scène se déroule dans un cadre public, lors d’un événement festif traditionnel.
L’affaire est portée devant le tribunal correctionnel d’Amiens. L’accusé, un homme de 31 ans originaire du Soudan, résidant légalement à Péronne, est rapidement identifié. Il nie les faits tout au long de la procédure. La victime l’a formellement reconnu. Le procureur a souligné des incohérences dans ses déclarations, le qualifiant de menteur, selon Franceinfo.
Un verdict de douze mois ferme
Le 29 avril 2026, le tribunal correctionnel d’Amiens a condamné l’homme à 12 mois de prison ferme pour agression sexuelle. La peine est conforme aux attentes de l’accusation sur ce point.
En revanche, aucune expulsion ni interdiction de territoire n’a été ordonnée, contrairement à ce qu’avait requis le procureur, selon ICI Picardie. Ce point a immédiatement retenu l’attention au-delà des cercles judiciaires, compte tenu du profil politique de la victime et du contexte national.
La réaction de Yaël Ménaché
Yaël Ménaché, née le 12 mai 1985 à Péronne, est élue à l’Assemblée nationale depuis juin 2022 sous l’étiquette Rassemblement National. Elle représente la 5e circonscription de la Somme. Après le verdict, elle s’est dite satisfaite d’avoir été reconnue comme victime, selon Franceinfo.
La condamnation sans expulsion a été relevée par plusieurs médias et comptes sur X. L’affaire met en jeu des questions récurrentes sur le traitement judiciaire des étrangers en situation régulière reconnus coupables d’infractions, un terrain de débat politique sensible en 2026. Sur ce point précis, ni la défense ni le tribunal n’ont communiqué publiquement les motivations détaillées du jugement.
Pas d’expulsion : une décision judiciaire motivée mais non détaillée publiquement
Le tribunal n’a pas prononcé d’interdiction du territoire, peine complémentaire facultative en droit français pour les ressortissants étrangers reconnus coupables de certaines infractions. Le condamné étant en situation régulière, la décision relève de l’appréciation souveraine des juges. Les raisons précises du rejet de cette réquisition n’ont pas été détaillées dans les éléments rendus publics à ce stade, selon les sources disponibles.
Ce type de décision n’est pas exceptionnel : les juridictions françaises distinguent régulièrement la peine principale - ici la prison ferme - des peines complémentaires comme l’expulsion, en tenant compte notamment de la durée de résidence et de la situation personnelle du condamné. La loi prévoit des protections contre l’éloignement pour certaines catégories d’étrangers réguliers. Aucune précision sur la situation familiale ou administrative de l’accusé n’a été communiquée.
Contexte dans la Somme
La Somme n’est pas étrangère aux incidents lors de rassemblements festifs. En juillet 2021, le maire d’Eppeville, commune du département, avait été violemment frappé au visage lors du bal du 14 juillet, selon Le Figaro et France Bleu. Plus récemment, en juin 2025, une enquête avait été ouverte pour viol et agressions sexuelles lors d’une fête dans un lycée de la Somme, selon Ouest-France - une affaire sans lien direct mais qui illustre un contexte local de violences lors d’événements publics.
À l’échelle nationale, le gouvernement recense 376 000 femmes ayant déclaré avoir vécu des violences au sein du couple en 2023, et 228 000 victimes enregistrées par la police ou la gendarmerie en 2024, avec une hausse des plaintes pour agressions sexuelles, selon le ministère chargé de l’égalité. Ces données ne couvrent pas les agressions commises hors cadre conjugal, mais donnent une mesure du volume global du phénomène.
Péronne, sous-préfecture de la Somme, compte environ 7 000 habitants. La ville est le chef-lieu d’arrondissement et le centre de la circonscription représentée par Yaël Ménaché. L’affaire a bénéficié d’une couverture nationale - Courrier Picard, Franceinfo, ICI - inhabituelle pour un dossier correctionnel local, en raison du profil de la victime. Pour des affaires similaires impliquant des condamnations pour agression en milieu public, les peines fermes restent rares mais existent dans la région.
Un dossier qui alimente le débat politique national
L’affaire intervient dans un contexte où le Rassemblement National fait régulièrement de l’immigration et de l’insécurité des axes centraux de son discours. L’absence d’expulsion, malgré les réquisitions du parquet, est susceptible d’être instrumentalisée dans ce débat. Yaël Ménaché, en tant que figure du RN dans la Somme, représente un profil médiatiquement visible.
Sur X, plusieurs comptes spécialisés dans l’actualité judiciaire et sécuritaire ont relayé le verdict dès son prononcé, soulignant le contraste entre la condamnation ferme et l’absence de mesure d’éloignement. L’enquête pour la gestion de l’ordre lors d’événements festifs fait aussi partie des sujets remontés dans plusieurs départements cette année.
Aucune déclaration du parti ou d’un responsable RN national n’était disponible au moment de la publication de cet article.
Aucun appel n’avait été annoncé publiquement au moment de la rédaction de cet article. La condamnation à un an ferme reste susceptible d’être contestée dans le délai légal de dix jours.
Sources
- Courrier Picard : Un Soudanais condamné pour l'agression sexuelle de la députée de Péronne
- Franceinfo : Somme : un homme condamné à un an de prison ferme pour une agression sexuelle sur la députée RN Yaël Ménaché
- ICI Picardie : Un homme de 31 ans condamné pour agression sexuelle sur la députée RN de la Somme Yaël Ménaché
- Ouest-France : Une enquête ouverte pour viol et agressions sexuelles lors d'une fête dans un lycée de la Somme