Verzeille (Aude) : la cour d’appel reconnaît le caractère raciste de l’agression de deux jeunes Noirs

Le 15 juin 2026, la cour d'appel de Montpellier a infirmé partiellement le jugement de 2024 et qualifié une phrase prononcée lors du lynchage de « faute civile pour provocation à la haine raciale ».

Verzeille (Aude) : la cour d'appel reconnaît le caractère raciste de l'agression de deux jeunes Noirs
Illustration Nicolas Serrano / info.fr

La justice a reconnu le 15 juin le caractère raciste d'une agression collective survenue le 24 juillet 2022 à Verzeille, près de Carcassonne. Deux hommes originaires de Guadeloupe et de Mayotte avaient été passés à tabac après une rumeur infondée de piqûres sauvages.

L’essentiel

  • 15 juin 2026 : la cour d’appel de Montpellier reconnaît le caractère raciste des propos tenus lors de l’agression de deux jeunes Noirs à Verzeille.
  • 24 juillet 2022 : deux hommes originaires de Guadeloupe et de Mayotte sont lynchés lors de la fête du village, sur fond de rumeur de piqûres sauvages.
  • Novembre 2024 : trois personnes condamnées avec sursis par le tribunal correctionnel de Carcassonne, sans motif raciste retenu.
  • L’un des condamnés, Kevin, doit verser 5 000 € de dommages et intérêts pour provocation publique à la haine raciale.
  • Une information judiciaire complémentaire est ouverte pour enquêter sur les menaces de mort et les participants non jugés.

Ce qui s’est passé le 24 juillet 2022

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Ce soir-là, la fête du village de Verzeille, commune de 1 200 habitants située à une quinzaine de kilomètres de Carcassonne, a basculé dans la violence. Selon les sources concordantes, deux jeunes hommes, l’un originaire de Guadeloupe et l’autre de Mayotte, ont été frappés par plusieurs personnes. La rumeur, infondée, leur imputait des piqûres sauvages. Une phrase a été prononcée par l’un des agresseurs : « C’est les noirs qui piquent ». Les deux victimes avaient dû être hospitalisées.

Le jugement en première instance

En novembre 2024, le tribunal correctionnel de Carcassonne a condamné trois prévenus à des peines d’emprisonnement avec sursis allant de six à douze mois. Parmi eux figurait un adjoint au maire de Verzeille. Le tribunal n’avait pas retenu le mobile raciste, ce qui avait suscité l’incompréhension des victimes et de l’association La Maison des Potes, partie civile. Ces dernières avaient fait appel de cette décision sur ce seul point.

La décision de la cour d’appel

Le 15 juin 2026, la cour d’appel de Montpellier a partiellement infirmé le jugement de première instance. Dans son arrêt, elle qualifie la phrase « C’est les noirs qui piquent » de « faute civile fondée sur la provocation publique à la haine envers un groupe de personnes à raison de son origine ou de son appartenance raciale ». Cette reconnaissance constitue une première judiciaire dans cette affaire.

En conséquence, l’un des condamnés, prénommé Kevin, a été condamné à verser 5 000 € de dommages et intérêts à la victime pour préjudice moral. Les autres peines prononcées en première instance ont été confirmées.

Les suites judiciaires

La cour d’appel a également ordonné l’ouverture d’une information judiciaire complémentaire. Celle-ci devra enquêter sur les menaces de mort proférées lors de l’agression et sur les autres participants qui n’avaient pas été identifiés ou jugés en première instance. L’enquête avait été initialement classée sans suite pour les violences les plus graves faute d’identification des auteurs.

Contexte dans l’Aude

Cette affaire intervient dans un département rural d’Occitanie où les tensions communautaires restent rares. Verzeille est une commune viticole sans antécédent judiciaire notable de ce type. L’implication d’un élu municipal dans l’agression avait choqué localement. Comme le rappelle le témoignage des parties civiles, ce jugement en appel est perçu comme une reconnaissance attendue. D’autres affaires de violences collectives dans la région, comme la saisie de stupéfiants à Basse-Terre, montrent que la justice s’efforce de qualifier les mobiles discriminatoires.

La Maison des Potes, association de lutte contre le racisme, s’est félicitée de cette décision. Son président a estimé que « la cour d’appel a entendu les victimes et a mis des mots sur des faits trop longtemps minimisés ».

Le parquet de Montpellier n’a pas indiqué s’il se pourvoirait en cassation. L’information judiciaire complémentaire devrait prendre plusieurs mois.

Nicolas
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Sources

Nicolas Serrano

Nicolas Serrano

Nicolas est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Aude (11), avec Carcassonne pour chef-lieu. Spécialité du département : cite de Carcassonne et vignoble Corbieres. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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