Vesoul : procès aux assises d’une sexagénaire pour le meurtre de son ex-conjoint

La cour d'assises de Haute-Saône juge depuis le 26 mai une Vésulienne accusée d'avoir tué Jean René Imouza Ichiza le 11 janvier 2024

Vesoul : procès aux assises d'une sexagénaire pour le meurtre de son ex-conjoint
Illustration Laurent Clerc / info.fr

Une femme de 61 ans comparaît depuis mardi devant la cour d'assises de Haute-Saône et du Territoire de Belfort à Vesoul. Elle est accusée du meurtre de son ex-conjoint, poignardé d'une dizaine de coups de couteau dans son appartement rue Saint-Martin le 11 janvier 2024. Le procès dure trois jours.

Une femme de 61 ans comparaît depuis mardi devant la cour d’assises de Haute-Saône et du Territoire de Belfort à Vesoul. Elle est accusée du meurtre de son ex-conjoint, poignardé d’une dizaine de coups de couteau dans son appartement rue Saint-Martin le 11 janvier 2024. Le procès dure trois jours.

L’essentiel

  • Faits : Jean René Imouza Ichiza, 63 ans, retrouvé mort le 11 janvier 2024 vers 20h40 au 2 rue Saint-Martin à Vesoul, avec environ une dizaine de plaies par arme blanche au thorax et à l’abdomen.
  • Accusée : Son ex-conjointe, 61 ans, Vésulienne sans domicile fixe, avec des antécédents judiciaires pour violences ; elle a reconnu les faits dès la garde à vue.
  • Qualification : « Meurtre par ancien conjoint ou concubin », information judiciaire ouverte au pôle de l’instruction de Besançon.
  • Procès : Ouvert le 26 mai 2026, trois jours d’audience prévus (jusqu’au 28 ou 29 mai) devant la cour d’assises siégeant à Vesoul.
  • Élément clé : La scène a été filmée par une caméra de surveillance installée par la victime elle-même ; l’accusée conteste le contexte tout en reconnaissant le meurtre.

La nuit du 11 janvier 2024

Vers 20h40, ce jeudi d’hiver, Jean René Imouza Ichiza est découvert sans vie dans son appartement du 2 rue Saint-Martin, en plein centre de Vesoul. L’homme de 63 ans présente de multiples blessures par arme blanche - environ une dizaine de coups, localisés au thorax et à l’abdomen, selon L’Est Républicain et France 3 Franche-Comté.

Son ex-compagne est rapidement interpellée. Âgée de 58 ans à l’époque, sans domicile fixe, connue des services de police pour des faits de violence, elle reconnaît les faits sans détour lors de sa garde à vue. Elle évoque une altercation avec la victime, sur fond d’alcool - son taux d’alcoolémie était important au moment des faits, selon les éléments rapportés à l’audience.

Les enquêteurs relèvent également que des disputes avaient éclaté à plusieurs endroits de Vesoul dans les heures précédant le drame. Cinq autres personnes sont placées en garde à vue dans le cadre des investigations, confiées à la division de la criminalité organisée et spécialisée de Besançon et au commissariat de Vesoul.

Une scène filmée par la caméra de la victime

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L’un des éléments les plus singuliers de ce dossier : Jean René Imouza Ichiza avait installé lui-même une caméra de surveillance dans son appartement. La scène du meurtre a été partiellement, voire intégralement, captée par ce dispositif, révèle L’Est Républicain dans sa couverture du premier jour d’audience.

Ces images constituent une pièce centrale du dossier d’accusation. L’accusée reconnaît avoir commis le meurtre, mais conteste le contexte des faits - la nature exacte de la dispute, les circonstances précises de l’agression. C’est sur ce point que les débats se concentrent depuis l’ouverture de l’audience mardi.

Instruction à Besançon, procureur Grécourt en première ligne

Dès le lendemain des faits, le 12 janvier 2024, une information judiciaire est ouverte au pôle de l’instruction de Besançon pour « meurtre par ancien conjoint ou concubin ». La qualification retenue est aggravée : le lien sentimental antérieur entre l’accusée et la victime constitue une circonstance aggravante légale.

Le procureur de la République de Vesoul, Arnaud Grécourt, avait communiqué sur les faits dès janvier 2024, confirmant la mise en examen et le placement en détention provisoire de la suspecte. Depuis lors, l’accusée est incarcérée - soit près de seize mois avant l’ouverture de ce procès.

Contexte dans la Haute-Saône

Vesoul, préfecture de Haute-Saône, compte 15 306 habitants selon les dernières données INSEE (2022-2025), un chiffre en légère hausse après plusieurs années de recul démographique, selon L’Est Républicain. La cour d’assises de Haute-Saône et du Territoire de Belfort, qui siège place du Palais à Vesoul, est compétente pour juger les crimes commis dans les deux départements.

Les affaires de violences conjugales ou intrafamiliales ne sont pas rares à son prétoire. Des procès pour meurtre sur conjoint ou ex-conjoint y ont déjà été instruits, notamment en 2018 pour le meurtre d’une femme par son mari, selon des archives du Lepoint.fr. La qualification de « meurtre par ancien conjoint ou concubin » - distincte de l’homicide volontaire simple - est susceptible d’entraîner une peine de réclusion criminelle à perpétuité.

Ce type d’affaire intervient dans un contexte national de mobilisation accrue contre les féminicides et les violences conjugales. À Vesoul, la préfecture reste un acteur visible de la vie locale, et ce procès retient l’attention bien au-delà du palais de justice.

Profil de l’accusée, relation instable

L’accusée, aujourd’hui âgée de 61 ans, est décrite comme sans domicile fixe au moment des faits. Elle présente des antécédents judiciaires pour violences, selon France 3 Franche-Comté. La relation entre les deux ex-conjoints est qualifiée de complexe et instable par les éléments portés à la connaissance de la presse.

Au-delà de la reconnaissance du passage à l’acte, la défense devrait s’appuyer sur le contexte - l’état d’ébriété, la nature de la dispute, l’histoire de la relation - pour tenter d’influer sur la qualification retenue ou la peine prononcée. Les débats sur ces points sont attendus dans les prochains jours d’audience.

Dans d’autres affaires judiciaires récentes couvertes dans la région, comme la mort suspecte d’un homme repêché dans la Saône à Chalon, la reconstitution des circonstances exactes des faits s’avère déterminante pour les enquêteurs et les juridictions.

Trois jours d’audience, verdict attendu

Le procès doit se tenir jusqu’au 28 ou 29 mai 2026. Les débats portent sur la matérialité des faits - en grande partie documentée par les aveux et les images de caméra - , mais aussi sur le contexte, le profil de l’accusée et les circonstances atténuantes éventuelles. Le parquet et la défense présenteront leurs réquisitions et plaidoiries avant que la cour et le jury populaire ne délibèrent.

Le verdict est attendu en fin de semaine. La peine maximale encourue pour meurtre avec circonstance aggravante de qualité d’ex-conjoint est la réclusion criminelle à perpétuité.

Sources

Laurent Clerc

Laurent Clerc

Laurent est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Haute-Saône (70), avec Vesoul pour chef-lieu. Spécialité du département : PSA et patrimoine thermal Luxeuil. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Bourgogne-Franche-Comté.

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