Victorin Lurel alerte le Premier ministre sur la crise du BTP en Guadeloupe
Le sénateur interpelle le gouvernement alors que les entreprises du bâtiment subissent une chute d'activité, des retards de paiement et des surcoûts d'approvisionnement.
Le sénateur Victorin Lurel a alerté le Premier ministre le 19 juin 2026 sur la crise grave du BTP en Guadeloupe. Il pointe une chute d'activité, des appels d'offres infructueux et des trésoreries sous tension, réclamant un plan de sauvetage.
L’essentiel
- 19 juin 2026 : Le sénateur Victorin Lurel alerte le Premier ministre sur la crise du BTP en Guadeloupe.
- 5 juin 2026 : Guadeloupe Économique lance un cri d’alerte, dénonçant surcoûts liés à la fermeture de la carrière de Deshaies.
- 91 % des chefs d’entreprise du BTP se disent inquiets, selon la FRBTP.
- Chiffre d’affaires en baisse de 9,8 % en 2025 dans le secteur.
- Baisse de 30 % du CA par salarié en dix ans, d’après le rapport CNH Logement outre-mer.
Une alerte au sommet de l’État
Le sénateur de la Guadeloupe, Victorin Lurel, a interpellé directement le Premier ministre le 19 juin 2026. Sur son compte Twitter, il écrit : « J’ai alerté le Premier ministre sur la crise grave que traverse le #BTP en #Guadeloupe. Chute de l’activité, appels d’offres infructueux, retards de paiement, trésoreries sous tension : des entreprises et des emplois sont menacés. »
Cette démarche intervient alors que le secteur du bâtiment et des travaux publics connaît une dégradation rapide, déjà documentée par plusieurs organisations professionnelles.
Chiffres clés : 91 % d’inquiétude, 9,8 % de baisse d’activité
Selon José Gaddarkhan, président de la FRBTP Guadeloupe, « 91 % des chefs d’entreprise sont inquiets ». Il précise que le chiffre d’affaires du secteur a reculé de 9,8 % en 2025. Le rapport CNH Logement outre-mer confirme une tendance lourde : le chiffre d’affaires par salarié a chuté de 30 % en dix ans.
Les entreprises subissent un cercle vicieux : les budgets publics ne sont pas adaptés aux surcoûts, ce qui conduit à des appels d’offres infructueux et à des retards de paiement. La trésorerie se tend, les chantiers ralentissent.
Les causes : fermeture de carrière et blocages administratifs
La crise est notamment alimentée par la fermeture de la carrière de Deshaies en décembre 2024, suite à un glissement de terrain. Les entreprises doivent désormais importer des granulats, dont le coût a été multiplié par deux. Cette situation pèse lourdement sur les marges.
Par ailleurs, Guadeloupe Économique - qui regroupe la CCI-IG, le Medef Guadeloupe, MPI et d’autres organisations - dénonce le refus des maîtres d’ouvrage de prendre en compte ces surcoûts dans les marchés publics. Le ralentissement de la délivrance des permis de construire, lié aux difficultés d’alimentation en eau potable et d’assainissement, aggrave encore la baisse d’activité.
Un appel à un dialogue d’urgence
Le 5 juin 2026, Guadeloupe Économique a lancé un cri d’alerte public. L’organisation appelle l’État, les collectivités et les donneurs d’ordre à un dialogue immédiat pour « reconnaître les surcoûts, adapter les marchés publics et préserver l’emploi local ». Elle souligne que ces difficultés surviennent à quelques mois d’événements majeurs pour le territoire : le Tour cycliste de la Guadeloupe et la Route du Rhum.
Dans le même temps, d’autres dossiers illustrent les tensions sociales et économiques en Guadeloupe. La fermeture brutale du Master M2E a laissé 30 étudiants admissibles dans l’impasse, tandis que la mission de Nicolas Best au CHU de Guadeloupe suscite des interrogations. À Basse-Terre, un contrôle routier a récemment abouti à une saisie de près de 10 kg de cannabis.
Contexte dans le département (Guadeloupe)
La Guadeloupe (971) est un archipel de 380 000 habitants. L’économie repose sur le tourisme, l’agriculture (canne à sucre, banane) et les services. Le BTP représente environ 8 000 emplois directs et pèse lourdement dans le tissu des PME locales. La crise actuelle survient après une décennie de difficultés structurelles : le rapport CNH Logement outil-mer montre une baisse continue de la productivité. L’insularité impose des surcoûts d’approvisionnement, aggravés par la fermeture de la carrière de Deshaies. Les événements majeurs comme le Tour cycliste et la Route du Rhum nécessitent des infrastructures que les entreprises peinent à réaliser dans ces conditions.
Prochaine étape : le dialogue souhaité par les professionnels
Guadeloupe Économique attend une réponse rapide de l’État et des collectivités. Sans adaptation des marchés publics et sans reconnaissance des surcoûts, le risque de défaillances en cascade est réel. Le sénateur Lurel a posé les bases d’une prise de conscience au plus haut niveau. Reste à transformer l’alerte en plan de sauvetage concret.
Sources
- X (Twitter) : Tweet de Victorin Lurel
- France-Antilles Guadeloupe : Le monde économique lance une alerte sur un BTP au bord de l'effondrement
- Le Moniteur : En Guadeloupe, les entreprises de bâtiment et travaux publics s'enfoncent dans la crise
- Karib'Info : Guadeloupe. BTP en danger : l'heure de la mobilisation
- Boursorama : En Guadeloupe, le BTP s'enfonce dans la crise
- Calameo : Rapport CNH Logement outre-mer