Villeneuve-Saint-Georges : onze policiers municipaux interpellés pour violences et vols présumés

Une quarantaine d'agents de la police nationale ont arrêté les agents municipaux directement dans leur commissariat le 8 avril.

Villeneuve-Saint-Georges : onze policiers municipaux interpellés pour violences et vols présumés
Illustration Alexandre Martin / info.fr

Onze policiers municipaux de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) ont été interpellés sur leur lieu de travail le 8 avril 2026. Soupçonnés de violences aggravées, vols et faux en écriture, sept d'entre eux seront jugés en septembre. L'affaire ébranle une ville de 33 000 habitants dont la police municipale ne compte que 18 agents.

Le 8 avril 2026, une quarantaine d’agents de la police nationale ont fait irruption au commissariat municipal de Villeneuve-Saint-Georges. Objectif : interpeller onze policiers municipaux en plein service, selon Le Parisien. L’opération, rarissime par son ampleur, vise l’équipe du soir - soit plus de la moitié des 18 agents que compte la police municipale de la ville.

Des faits graves accumulés depuis janvier

Les charges retenues sont lourdes : violences aggravées, faux en écriture publique, violation de domicile, vol par personne dépositaire de l’autorité publique et dégradations en réunion, selon Franceinfo. L’enquête du parquet de Créteil s’appuie sur six plaintes déposées entre janvier et mars 2026. Plusieurs victimes présumées ont témoigné d’agressions survenues lors d’interventions.

L’une d’elles a décrit, selon Franceinfo, avoir été frappée dans un bar puis tasée à plusieurs reprises par les agents. Des témoignages qui, additionnés, ont convaincu le parquet de déclencher la procédure.

Les gardes à vue ont été levées le 10 avril, indique Actu.fr. Cinq des onze agents sont placés sous contrôle judiciaire. Sept seront jugés le 24 septembre 2026 pour violences aggravées et les autres faits reprochés, selon Le Parisien et ici.fr. Les quatre restants ont été libérés sans poursuites immédiates.

La maire sur la défensive

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La maire LR Kristell Niasme a pris la défense de ses agents. Selon L’Humanité, elle a évoqué un possible lien avec l’opposition LFI locale, sans apporter de preuve à l’appui. Cette sortie a été vivement critiquée. Le parquet de Créteil, lui, n’a fait aucun commentaire en ce sens.

Un précédent en Île-de-France

L’affaire n’est pas sans rappeler un précédent récent dans la région. En décembre 2025, quatre policiers municipaux et gendarmes du Val-d’Oise avaient été poursuivis pour corruption, soupçonnés d’avoir touché 160 000 euros en lien avec la criminalité organisée, selon ici.fr. Des faits d’une nature différente, mais qui illustrent une même vulnérabilité au sein de certaines polices municipales franciliennes.

À Villeneuve-Saint-Georges, l’enquête du parquet de Créteil se poursuit. La ville se retrouve avec une police municipale amputée de plus de la moitié de son effectif opérationnel, sans que la mairie ait précisé comment elle entendait assurer la continuité du service.

Prochaine étape : le jugement de sept des agents prévenus est fixé au 24 septembre 2026 devant le tribunal compétent.

Sources

Alexandre Martin

Alexandre Martin

Correspondant à Créteil, suit les tensions sur le logement, les projets de Grand Paris, l'université et les débats sur les transports. Diplômé du CFJ, il a travaillé en agence avant de s'ancrer dans le Val-de-Marne. Posture éditoriale : interroger les élus, les bailleurs, les étudiants, vérifier les budgets du département avant de conclure.

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