Villers-en-Arthies : un policier municipal tue son ex-compagne et leurs deux enfants avant de se suicider
Les quatre corps ont été découverts le 9 mai dans une maison du Vexin. Le suspect travaillait à Clichy-la-Garenne et aurait utilisé son arme de service.
Quatre personnes ont été retrouvées mortes vendredi soir à Villers-en-Arthies, dans le Val-d'Oise. Un policier municipal de 42 ans est soupçonné d'avoir abattu son ex-compagne de 40 ans et leurs deux enfants âgés de 9 et 13 ans avant de se suicider. Une enquête pour meurtres a été ouverte par le parquet de Pontoise.
Quatre personnes ont été retrouvées mortes vendredi soir à Villers-en-Arthies, dans le Val-d’Oise. Un policier municipal de 42 ans est soupçonné d’avoir abattu son ex-compagne de 40 ans et leurs deux enfants âgés de 9 et 13 ans avant de se suicider. Une enquête pour meurtres a été ouverte par le parquet de Pontoise.
L’essentiel
- Découverte : Les quatre corps ont été retrouvés le 9 mai 2026 vers 18h dans une maison à Villers-en-Arthies (Val-d’Oise).
- Victimes : Une femme de 40 ans et ses deux enfants de 9 et 13 ans, tués par balles. Le suspect, 42 ans, s’est suicidé avec son arme de service.
- Enquête : Le procureur de Pontoise, Guirec Le Bras, a ouvert une information pour « meurtres précédés ou suivis de meurtres », confiée à la brigade des recherches de Pontoise et à la section de recherches de Versailles.
- Profil : Le suspect était policier municipal à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine). Le couple était séparé depuis un peu plus d’un mois, sans antécédent judiciaire de violences conjugales.
- Contexte local : En 2024, le Val-d’Oise affichait un taux de 12,1 victimes de violences conjugales pour 1 000 femmes de 15-64 ans, contre 10,3 en moyenne nationale, selon le ministère de l’Intérieur.
Ce qui s’est passé le 8 et le 9 mai
Vendredi 8 mai 2026, l’ex-compagne se rend au domicile de l’homme à Villers-en-Arthies pour y déposer leurs deux enfants. Le suspect travaillait de nuit ce soir-là. Le lendemain, le nouveau compagnon de la femme, sans nouvelles d’elle depuis la veille, alerte les gendarmes. Les secours arrivent sur place vers 18h et découvrent quatre corps dans la maison, selon Le Parisien et 20 Minutes.
L’arme utilisée est celle de service du suspect. Le policier travaillait à Clichy-la-Garenne, dans les Hauts-de-Seine, et aurait conservé son arme à son domicile, rapporte TF1 Info. Les circonstances exactes et la chronologie précise des faits restent à établir par les enquêteurs. Des autopsies sont prévues pour confirmer les causes et l’ordre des décès.
Une séparation récente, aucun signalement préalable
Le couple était en instance de séparation depuis un peu plus d’un mois. L’ex-compagne avait un nouveau compagnon. Selon 20 Minutes et Le Parisien, aucun antécédent judiciaire de violences conjugales n’était enregistré entre les deux ex-époux. Aucune main courante, aucune plainte, aucune mesure de protection n’avait été déposée.
La famille résidait à Villers-en-Arthies depuis une dizaine d’années. Les voisins interrogés la décrivent comme très discrète. Le village du Vexin compte moins de 500 habitants.
La réaction du maire et la cellule psychologique
Jean-François Renard, maire de Villers-en-Arthies, a réagi dès le samedi 10 mai. « C’est vraiment terrible comme histoire », a-t-il déclaré, selon Le Parisien et TF1 Info. Il a annoncé l’ouverture d’une cellule psychologique pour les habitants à partir du lundi 11 mai 2026.
Dans un village de cette taille, un tel drame touche l’ensemble de la communauté. L’école fréquentée par les enfants n’a pas encore communiqué sur d’éventuelles mesures de soutien à ce stade.
L’enquête confiée à Pontoise et Versailles
Le procureur de la République de Pontoise, Guirec Le Bras, a confirmé les faits et annoncé l’ouverture d’une enquête pour « meurtres précédés ou suivis de meurtres ». Le dossier est instruit conjointement par la brigade des recherches de Pontoise et la section de recherches de Versailles, deux unités de la gendarmerie nationale spécialisées dans les affaires criminelles complexes.
La question de la conservation de l’arme de service hors du poste de police sera examinée dans le cadre de l’enquête. Les règles en matière de port et de remisage des armes de service pour les policiers municipaux prévoient en principe le dépôt de l’arme au terme de chaque service, mais les modalités varient selon les conventions passées entre les communes et la préfecture. La mairie de Clichy-la-Garenne n’avait pas communiqué à ce stade sur ce point.
Contexte dans le Val-d’Oise
Ce quadruple drame s’inscrit dans un département où les violences intrafamiliales graves ont déjà frappé ces dernières années. En octobre 2023, un gendarme avait tué ses trois enfants avant de se suicider à Vémars, également dans le Val-d’Oise, selon Le Pays et Le Parisien. En février 2026, une policière avait été tuée par son conjoint dans le même département.
Les chiffres du ministère de l’Intérieur, publiés en octobre 2025, établissaient pour 2024 un taux de 12,1 victimes de violences conjugales pour 1 000 femmes de 15 à 64 ans dans le Val-d’Oise, supérieur à la moyenne nationale fixée à 10,3. Ce taux positionne le département parmi les plus touchés d’Île-de-France.
La récurrence de drames impliquant des membres des forces de l’ordre - policiers municipaux ou gendarmes - relance le débat sur les protocoles d’accès et de restitution des armes de service, notamment en cas de séparation conjugale signalée. Des associations actives sur les violences faites aux femmes réclament depuis plusieurs années un durcissement des procédures de désarmement préventif dès l’ouverture d’une procédure de séparation conflictuelle.
Une question sur les armes de service en contexte conjugal
Dans ce dossier, l’arme utilisée était celle attribuée au suspect dans le cadre de ses fonctions à Clichy-la-Garenne. Selon TF1 Info, il l’aurait conservée à son domicile au moment des faits. L’enquête devra déterminer si cela était conforme aux procédures en vigueur dans la police municipale des Hauts-de-Seine.
Plusieurs rapports parlementaires, dont celui de la délégation aux droits des femmes de 2022, avaient déjà pointé le risque lié à la détention d’armes de service par des agents en situation de conflit conjugal. La loi du 30 juillet 2020 sur les violences conjugales prévoit le dessaisissement de l’arme en cas de danger, mais uniquement lorsqu’une plainte ou une ordonnance de protection a été déposée. Dans ce cas précis, aucun signalement n’avait été enregistré, selon les éléments disponibles.
Des enquêtes similaires conduites après des drames comparables ont régulièrement mis en évidence l’absence de mécanismes automatiques de désarmement en l’absence de plainte formelle. Le cas de Villers-en-Arthies pourrait alimenter ce débat lors des prochains travaux législatifs sur la prévention des féminicides.
Prochaine étape
Les autopsies doivent être réalisées dans les prochains jours pour établir la chronologie et les circonstances précises des décès. La cellule psychologique ouvre ses portes à Villers-en-Arthies dès le lundi 11 mai 2026, à destination des habitants et des proches des victimes.
Sources
- Le Parisien : Val-d'Oise : un policier municipal suspecté d'avoir tué sa femme et ses deux enfants avant de se suicider
- 20 Minutes : Val-d'Oise : un homme soupçonné d'avoir tué par balles son ex-compagne et ses deux enfants avant de se suicider
- TF1 Info : Val-d'Oise : un homme, son ex-femme et leurs deux enfants retrouvés morts dans une maison
- Ministère de l'Intérieur : Données sur les violences conjugales 2024