Villeurbanne : une femme meurt après une injection illégale dans un Airbnb

Une influenceuse de 34 ans, mise en examen pour homicide involontaire, aurait réalisé des injections clandestines d'acide hyaluronique dans un appartement loué.

Villeurbanne : une femme meurt après une injection illégale dans un Airbnb
Illustration Margaux Bernard / info.fr

Une femme d'une quarantaine d'années est décédée le 20 mars 2026 à Villeurbanne après une injection illégale dans un appartement Airbnb. L'auteure présumée des faits, une influenceuse active sur Instagram, a été placée en détention provisoire le 30 mars. L'affaire relance l'alerte des médecins sur l'essor des pratiques clandestines.

La victime a reçu une injection d’acide hyaluronique et de lidocaïne dans les fesses. Elle a fait un arrêt cardiaque, probablement causé par une embolie pulmonaire, selon les premières conclusions médicales rapportées par 20 Minutes et Le Parisien. L’acte n’a pas été réalisé dans une structure médicale, mais dans un appartement privé loué sur Airbnb, transformé en cabinet de fortune.

Une influenceuse en détention, deux complices mis en examen

L’influenceuse de 34 ans, dont l’identité n’a pas été rendue publique, a été mise en examen pour homicide involontaire et exercice illégal de la profession de médecin. Elle a été placée en détention provisoire le 30 mars, selon le parquet de Lyon. Deux autres personnes ont également été mises en examen pour complicité dans l’exercice illégal de la médecine. L’enquête judiciaire se poursuit, une expertise médico-légale étant en cours pour confirmer la cause exacte du décès.

Selon les informations publiées par Le Parisien, la suspecte aurait engrangé plusieurs centaines de milliers d’euros grâce à ces prestations illégales, promues sur ses comptes de réseaux sociaux.

Un secteur qui explose, des risques qui s’accumulent

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Le Cercle des Bonnes Pratiques en Médecine Esthétique, qui regroupe près de 200 médecins en France, a réagi après le drame. L’organisation pointe « l’essor des pratiques clandestines de médecine esthétique, en dehors de tout cadre médical », selon France 3. Son coprésident, le Dr Eric Essayagh, est direct : « On avait peur d’un décès, c’est arrivé. »

Les chiffres confirment une tendance préoccupante. Selon UFC-Que Choisir, 213 signalements de complications liées à des injections illégales d’acide hyaluronique ou de Botox ont été enregistrés en France en 2025, contre 128 en 2024. Les saisines judiciaires sont passées de 9 à 20 sur la même période. TF1 Info rapporte que les chirurgiens plasticiens reçoivent désormais au moins une victime par semaine pour des complications irréversibles : nécroses, infections, embolies.

En parallèle, le marché légal lui-même a fortement progressé : la France a enregistré près de 500 000 actes non chirurgicaux d’esthétique en 2024, dont environ 250 000 injections d’acide hyaluronique, soit une hausse de 28,5 % par rapport à 2023. Une popularité croissante qui nourrit aussi le marché parallèle.

L’appel à la vigilance des autorités sanitaires

Face à la multiplication des offres sur les réseaux sociaux, les professionnels de santé appellent les consommateurs à vérifier systématiquement les qualifications des praticiens avant tout acte esthétique. En France, les injections d’acide hyaluronique et de Botox sont réservées aux médecins titulaires d’un diplôme reconnu. Tout autre intervenant exerce illégalement, quelle que soit sa notoriété en ligne.

Sources

Margaux Bernard

Margaux Bernard

Basée à Lyon, elle traite la métropole, les tensions sur les transports, la chimie et les débats sur la piétonnisation. Issue de Sciences Po Grenoble, elle a commencé en presse écrite. Méthode rigoureuse : interroger les élus écologistes, les syndicats, les commerçants, vérifier les budgets du SYTRAL avant de publier.

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