Villevaudé : le maire en grève de la faim contre le projet Nexity de 149 logements sous lignes haute tension
Nicolas Marceaux a cessé de s'alimenter le 1er juin 2026 pour bloquer la construction de 149 logements partiellement situés sous trois lignes à haute tension, dénonçant une hausse de 25 % de la population.
Le maire de Villevaudé (Seine-et-Marne) a entamé une grève de la faim le 1er juin 2026 pour s'opposer au projet immobilier Nexity de 149 logements, dont une partie est implantée sous des lignes à très haute tension. Nicolas Marceaux dénonce des risques sanitaires et une augmentation de 25 % de la population de cette commune de quelque 2 000 habitants.
L’essentiel
- Grève de la faim : Nicolas Marceaux, maire de Villevaudé, a cessé de s’alimenter le 1er juin 2026.
- Le projet : 149 logements portés par Nexity, dont une partie implantée sous trois lignes à très haute tension (THT).
- Démographie : le maire chiffre l’impact à +25 % de population, soit jusqu’à 500 nouveaux habitants dans une commune d’environ 2 000 résidents.
- Position de Nexity : le promoteur affirme (mars 2026) que le projet respecte la légalité et les normes sanitaires, permis de construire confirmé en justice.
- Alerte environnementale : la MRAe (Mission régionale d’autorité environnementale) a émis des avis défavorables ou des alertes sur les risques liés aux champs électromagnétiques, notamment le risque de leucémie infantile.
Une grève de la faim déclenchée le 1er juin
Nicolas Marceaux a arrêté de s’alimenter le lundi 1er juin 2026. Le maire de Villevaudé, commune de Seine-et-Marne d’environ 2 000 habitants, entend ainsi forcer un réexamen du projet immobilier Nexity prévu au Clos Marcais. « Je ne pourrai pas me regarder dans la glace si cela se fait », a-t-il déclaré à France 3 Île-de-France. « Ça me rend fou », a-t-il confié au Parisien.
L’élu n’est pas opposé à l’urbanisation de la parcelle en elle-même. Il refuse que des logements soient construits directement sous les lignes à très haute tension qui traversent le terrain. Il appelle l’État, la préfecture et Nexity à revoir le plan masse du projet.
149 logements, dont une partie sous trois lignes THT
Le projet Nexity porte sur environ 149 logements - dont une résidence intergénérationnelle - sur quelque quatre hectares rue de la Tour. Selon France 3 et Mesinfos, une partie des bâtiments prévus se trouverait directement dans le couloir des trois lignes à très haute tension qui surplombent la parcelle.
C’est ce positionnement que Nicolas Marceaux conteste depuis plusieurs années. Le dossier remonte au moins à 2018-2023 : le projet avait déjà été validé par le prédécesseur de l’élu actuel, avant que Marceaux ne reprenne le combat à sa prise de fonction. La MRAe a rendu des avis défavorables ou émis des alertes sur les risques sanitaires liés aux champs électromagnétiques, citant notamment le risque accru de leucémie infantile à proximité de lignes THT, selon les informations rapportées par France 3.
Pour un sujet similaire de tension entre élus locaux et décisions prises sans concertation suffisante, voir aussi la séance houleuse à la CCPMF où 16 élus ont quitté la salle.
25 % d’augmentation de population : l’argument démographique
Au-delà du risque sanitaire, le maire soulève un argument démographique. Avec 149 logements supplémentaires, Villevaudé pourrait accueillir jusqu’à 500 nouveaux habitants. Rapporté à une population actuelle d’environ 2 000 résidents, cela représente une hausse de l’ordre de 25 %, selon les calculs avancés par Nicolas Marceaux et relayés par Mesinfos.
Cette projection pèse sur les équipements publics : écoles, voirie, services de proximité. La commune n’a pas détaillé publiquement l’état de capacité de ces infrastructures face à une telle croissance. Le maire présente ce chiffre comme un argument supplémentaire pour exiger une révision du projet, sans pour autant s’opposer à toute construction sur la parcelle.
Villevaudé est par ailleurs une commune connue de la chronique locale : un adolescent de 17 ans y avait été poignardé dans un camping, signe d’une commune qui n’est pas étrangère à l’actualité départementale.
La position de Nexity : légalité confirmée
Le promoteur a pris la parole en mars 2026 via un post Facebook. Nexity affirme que le projet « respecte les règles » et que la légalité du permis de construire a été « confirmée par la justice ». Le groupe s’appuie sur des études indépendantes pour valider la conformité sanitaire du projet aux normes en vigueur.
Nexity n’a pas, à ce stade, proposé publiquement de modifier le plan masse pour écarter les bâtiments des lignes THT. La société n’a pas non plus répondu publiquement à la grève de la faim du maire, selon les informations disponibles au 6 juin 2026.
Contexte dans la Seine-et-Marne
La Seine-et-Marne est le plus grand département d’Île-de-France par la superficie. Elle concentre une pression foncière et immobilière croissante liée à l’étalement urbain francilien. De nombreuses petites communes du 77, situées en zone péri-urbaine, font face à des projets de densification portés par des promoteurs privés, parfois en tension avec les élus locaux.
Villevaudé, commune de quelque 2 000 habitants dans le secteur de Claye-Souilly, se trouve dans cette zone de transition entre espace rural et banlieue est de Paris. Le cadre réglementaire sur les lignes THT fixe des distances minimales, mais les études sur les effets des champs électromagnétiques à long terme alimentent régulièrement des contentieux entre promoteurs, État et collectivités. La MRAe, instance indépendante de l’État, a compétence pour rendre des avis sur les projets soumis à évaluation environnementale - ses alertes n’ont pas de valeur contraignante mais pèsent dans les recours juridiques.
La question du logement sous lignes à haute tension n’est pas propre à Villevaudé. Elle concerne plusieurs communes franciliennes traversées par le réseau RTE, gestionnaire du réseau de transport d’électricité.
Quelle suite pour le projet ?
Nicolas Marceaux a indiqué qu’il maintiendrait sa grève de la faim jusqu’à obtenir une réponse de l’État ou de Nexity. Aucune réunion entre le préfet de Seine-et-Marne et le maire n’avait été annoncée publiquement au 6 juin 2026, selon les sources consultées. Le permis de construire étant confirmé en justice, un éventuel blocage ne peut passer que par une révision amiable du projet ou un nouveau recours. Les associations locales opposées au projet, dont l’existence est signalée par les médias régionaux, n’ont pas communiqué de calendrier d’action précis à ce stade.
La préfecture de Seine-et-Marne n’avait pas répondu publiquement aux appels de Nicolas Marceaux au moment de la publication de cet article.
Sources
- France 3 Île-de-France : Un maire en grève de la faim contre un projet immobilier sous des lignes à haute tension
- Le Parisien : Un maire en grève de la faim pour stopper un projet immobilier sous des lignes à haute tension
- Mesinfos : Villevaudé : opposé à un projet immobilier, le maire entame une grève de la faim
- Nexity (Facebook officiel) : Communiqué Nexity sur le projet de Villevaudé