Vingegaard défend Pogacar après les sifflets du Lioran
Le Danois condamne les huées du public contre le maillot jaune slovène
Au Lioran, Jonas Vingegaard a pris la défense de Tadej Pogacar, sifflé par une partie du public après sa troisième victoire d'étape. Le coureur danois dénonce un comportement inacceptable dans le sport.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Fair-play et respect dans le sport
Vingegaard rappelle que huer un concurrent en plein effort trahit l'esprit sportif. Une position qui fait écho à sa propre expérience en 2023.
Domination de Pogacar et suspicion du public
Les performances exceptionnelles du Slovène ravivent les souvenirs des affaires de dopage. Le public siffle ce qui ressemble à une domination totale.
L'écart au classement général
Avec plus de trois minutes et demie d'avance, Pogacar semble intouchable. Vingegaard perd du terrain mais refuse de céder sur les principes.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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2023
Vingegaard hué en maillot jaune
Jonas Vingegaard subit les sifflets du public alors qu'il porte le maillot jaune. Pogacar prend sa défense.
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2024
Victoire de Vingegaard au Lioran
Jonas Vingegaard bat Tadej Pogacar sur l'arrivée du Lioran lors du Tour de France 2024.
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14 juil. 2026
Pogacar sifflé au Lioran
Tadej Pogacar remporte sa troisième victoire d'étape mais est hué par une partie du public. Vingegaard prend sa défense le lendemain.
Le 14 juillet - sur la ligne d’arrivée du Lioran, Tadej Pogacar lève les bras. Troisième victoire d’étape sur ce Tour de France 2026. Dans la foule, des sifflets. Pas un ou deux. Assez pour qu’on les entende distinctement dans les micros télé.
Le lendemain, avant le départ de la 11e étape, Jonas Vingegaard prend le micro face à Wielerflits.nl. « Pourquoi venir à un événement sportif si c’est pour huer quelqu’un? Acclamez les gens et soyez heureux, sinon restez chez vous. » Le ton est sec. Vingegaard ne plaisante pas. « Cela ne devrait pas être acceptable dans le sport », martèle-t-il.
Une défense qui résonne
Jonas Vingegaard sait de quoi il parle. En 2023 - c’est lui qui portait le maillot jaune et essuyait les huées. « Pas vraiment agréable », se souvient-il. À l’époque, c’est Pogacar qui avait pris sa défense. L’histoire se répète, les rôles s’inversent. Au Lioran, Pogacar a accru son avance au classement général à 3 minutes 36 secondes sur Vingegaard, qui a concédé 44 secondes supplémentaires et terminé septième.
La scène rappelle les épisodes de sifflets qui avaient visé des coureurs dominants lors d’éditions précédentes. Pogacar a attaqué à environ 15 kilomètres de l’arrivée - laissant Remco Evenepoel à 32 secondes. Une démonstration. Trop parfaite pour certains spectateurs.
Pogacar minimise, Vingegaard s’indigne
Après la ligne, Pogacar joue l’apaisement. « J’ai des haters et les haters vont haïr. À tous ceux qui m’ont sifflé, ils nous donnent encore plus de force. » Il compare sa situation à celle de Novak Djokovic - louant sa « grande mentalité » face à l’hostilité du public. « Les fans de cyclisme sont les meilleurs de tous les sports. 99% des gens encouragent tout le monde. »
Cette apparente contradiction, affirmer que presque tout le monde acclame tout en reconnaissant avoir des « haters », révèle la stratégie du Slovène: distinguer une minorité hostile d’une majorité bienveillante. Pour Pogacar, les sifflets ne représentent qu’une frange négligeable. Il choisit de les transformer en carburant plutôt qu’en poison. « Ils mettaient du bois sur le feu », dit-il. Une posture qui lui permet de rester concentré sans nier la réalité de l’hostilité.
Vingegaard, lui, ne minimise rien. « Il se peut que des gens ne le soutiennent pas, mais qu’ils ne le sifflent pas. Pourquoi venir à un événement sportif juste pour siffler quelqu’un? » Le coureur de Visma | Lease a Bike ne mâche pas ses mots: les spectateurs mécontents devraient « rester chez vous » s’ils ne veulent pas soutenir les coureurs. Aucune source consultée ne mentionne la réaction des coéquipiers de Pogacar ni celle de son directeur sportif pendant les sifflets.
Ce que le classement raconte
Au Lioran, Pogacar s’est offert une revanche. En 2024 - Vingegaard l’avait battu sur cette même arrivée. Un an plus tard, les positions se sont inversées. Pogacar mène, Vingegaard suit à distance. Le Slovène a désormais 3 minutes 36 secondes d’avance. Un écart qui rend le suspense ténu.
Concrètement, trois minutes et trente-six secondes à mi-Tour représentent un fossé presque infranchissable dans le cyclisme moderne. Pour récupérer un tel retard, Vingegaard devrait attaquer dans les Pyrénées et espérer une défaillance majeure de son rival, un scénario improbable au vu de la forme écrasante du Slovène. Chaque étape de montagne restante devient une bataille défensive pour Vingegaard: limiter les pertes plutôt que reprendre du terrain. L’écart transforme la course: Pogacar peut désormais contrôler, là où Vingegaard doit prendre tous les risques.
Mais Vingegaard ne lâche rien. Pas sur la route, pas dans les interviews. Sa défense de Pogacar n’est pas un aveu de faiblesse. C’est une ligne rouge tracée face au public: huer un champion en plein effort, c’est trahir l’esprit du cyclisme. « Encourager les gens et apprécier la course. Sinon, restez chez vous. »
Le Tour continue. Les sifflets aussi, probablement. Vingegaard a dit ce qu’il avait à dire.
