Vingegaard à 2’42 » : Visma abandonne le contrôle du peloton
Distancé dans les Pyrénées, le Danois change de stratégie. Son équipe renonce à mener le peloton sur les étapes de plat pour économiser des forces. Un aveu de faiblesse face à la domination de Pogačar.
Distancé dans les Pyrénées, le Danois change de stratégie. Son équipe renonce à mener le peloton sur les étapes de plat pour économiser des forces. Un aveu de faiblesse face à la domination de Pogačar.
Le chronomètre ne ment pas. Jonas Vingegaard pointe à 2’42 » de Tadej Pogačar au classement général après l’étape 7 de ce Tour de France. Un écart creusé en une seule journée dans les Pyrénées: le Danois a concédé plus de 2’30 » à son rival sur l’étape 6 menant au Tourmalet.
Face à ce constat, Visma-Lease a Bike a tranché. L’équipe néerlandaise abandonne sa stratégie historique de contrôle en tête de peloton sur les étapes de plat. « We will sit a lot more at the back », a confirmé le management. Traduction: économiser les jambes, laisser les sprinteurs et leurs trains se déchirer à l’avant.
Le pari du contre-la-montre par équipes perdu d’entrée
L’ironie de cette situation: Visma avait remporté le contre-la-montre par équipes inaugural à Barcelone - 19,6 km chronométrés qui ont permis à Vingegaard d’enfiler le maillot jaune. Mais cette victoire n’a pas suffi. Pogačar a repris le contrôle dès la montagne.
Le règlement impose désormais des effectifs de 8 coureurs par équipe. Visma a misé sur Davide Piganzoli - 23 ans - pour remplacer Wout van Aert, blessé. Un pari sur la jeunesse qui n’a pas encore payé dans les cols.
Bradley Wiggins doute d’un abandon
La débâcle du Tourmalet a fait réagir. Bradley Wiggins - vainqueur du Tour 2012, a lâché après l’étape 6: « After seeing him today, I have a feeling he may not finish the race ». Une déclaration qui a fait le tour du paddock. Visma dément: Vingegaard ira au bout, mais la stratégie change radicalement.
Ce que personne ne dit
La stratégie défensive de Visma cache un aveu: l’équipe n’a plus les jambes pour dicter le rythme. En renonçant au contrôle du peloton sur le plat, elle reconnaît implicitement une faiblesse collective.
Le contre-la-montre par équipes de Barcelone, remporté haut la main, devait être le socle de la domination Visma. Il n’aura été qu’un feu de paille. Pogačar a attendu la montagne pour frapper, et il a frappé fort. La suite du Tour dira si la stratégie défensive permet à Vingegaard de limiter les dégâts ou si elle précipite l’effondrement.
Les enjeux de la deuxième semaine
Visma parie sur la récupération: en laissant les sprinters s’épuiser à l’avant sur les étapes de transition, Vingegaard économisera peut-être les watts nécessaires pour la suite. Mais Pogačar, lui, roule au train. Pas de gestion, pas de calcul. Le Slovène attaque quand il veut, où il veut.
Avec 2’42 » de retard, survivre signifie ne pas en perdre davantage.