Vondrousova livre sa version sur sa suspension de 4 ans
L'ancienne championne de Wimbledon pointe des irrégularités (absence d'identification, formulaire obsolète) et invoque une crise d'anxiété. L'ITIA défend la rigueur du protocole.
Suspendue quatre ans pour refus de contrôle antidopage, Marketa Vondrousova sort du silence. Dans un entretien au média tchèque iSport, la joueuse de 27 ans dénonce des manquements de l'agente de contrôle et un manque d'écoute sur son état psychologique.
L’essentiel
- 4 ans : L’ITIA a suspendu Marketa Vondrousova jusqu’en juin 2030 pour refus de contrôle le 3 décembre 2025.
- Pas d’identification : Vondrousova affirme que la contrôleuse n’a présenté aucun document officiel ni lettre de mission.
- Formulaire obsolète : Le document signé mentionnait une peine maximale de 2 ans, et non 4.
- Anxiété invoquée : La joueuse a refusé d’introduire une inconnue chez elle à 20h15, en pleine crise de panique.
- PTPA critique : L’association des joueurs estime la sanction disproportionnée pour une athlète jamais contrôlée positive.
Le 22 juin 2026, l’International Tennis Integrity Agency (ITIA) a infligé à Marketa Vondrousova la peine maximale : quatre ans de suspension pour avoir refusé de se soumettre à un contrôle antidopage à son domicile, le 3 décembre 2025. La Tchèque, vainqueure de Wimbledon en 2023, a choisi de briser le silence deux jours plus tard dans les colonnes du média tchèque iSport.
Ce qui s’est passé
Le 3 décembre 2025, une agente de contrôle antidopage se présente au domicile de Marketa Vondrousova vers 20h15. La joueuse ne l’introduit pas à l’intérieur et refuse le test. L’ITIA ouvre alors une procédure qui aboutit, en juin 2026, à une suspension de quatre ans, rétroactive à la date du refus. Karen Moorhouse, directrice générale de l’ITIA, a justifié cette sévérité : « Refuser un test doit entraîner la même sanction qu’un contrôle positif. »
La version de Vondrousova
Dans son entretien à iSport (24 juin), la joueuse de 27 ans livre une tout autre réalité. Elle explique que la contrôleuse n’a présenté aucune pièce d’identité ni lettre de mission. « Elle a reconnu à l’audience qu’elle n’avait pas fourni de document », a rapporté Vondrousova. La joueuse ajoute que le formulaire de refus qu’on lui a fait signer était obsolète : il mentionnait une suspension maximale de deux ans, et non quatre.
Invoquant sa santé mentale, Vondrousova explique qu’elle traversait une crise d’anxiété aiguë ce soir-là. « Je ne me sentais pas en sécurité en laissant entrer une inconnue, sans identification, chez moi à 20h15 », a-t-elle confié. Elle déplore que l’ITIA n’ait pas tenu compte de son état psychologique malgré ses demandes répétées. « Personne ne m’a écoutée, dit-elle. On m’a traitée comme si j’avais quelque chose à cacher. »
Réactions : entre soutien et sévérité
L’ITIA, par la voix de Karen Moorhouse, maintient la légalité de la procédure : « Nos agents sont formés et doivent toujours décliner leur identité. » Mais l’affaire suscite un vif émoi dans le milieu. La Professional Tennis Players Association (PTPA) a dénoncé la « disproportion » d’une peine maximale pour une joueuse jamais contrôlée positive. « Il est temps que la voix des athlètes soit mieux prise en compte », a indiqué l’association.
L’Australienne Ajla Tomljanovic s’est montrée plus virulente, qualifiant la suspension de « honteuse » et accusant les autorités antidopage de vouloir « piéger les athlètes », selon The Guardian. Dans le même temps, l’avocat de Vondrousova, Jan Exner, a annoncé qu’il analyserait les motifs écrits de la décision avant de décider d’un éventuel appel.
Contexte dans le tennis professionnel
Cette suspension de quatre ans intervient dans un climat de tension autour de la lutte antidopage. Plusieurs cas récents - dont celui de Jannik Sinner - ont divisé le circuit, certains dénonçant un traitement à deux vitesses. La controverse Sinner-Vondrousova a enflammé les débats sur les réseaux sociaux et dans les médias spécialisés. Alors que l’Italien est en instance d’appel pour un test positif au clostébol, Vondrousova écope de la peine maximale sans substance interdite détectée. Un contraste qui interroge.
L’affaire relance aussi la question du protocole des contrôles à domicile. Certains joueurs demandent que les agents soient mieux identifiés et que les athlètes puissent exiger un report en cas de détresse psychologique. La suspension de Vondrousova pourrait faire jurisprudence.
Prochaine étape : un appel possible
La décision de l’ITIA peut être contestée devant un tribunal indépendant. L’avocat Jan Exner, joint par Tennis Temple, a indiqué vouloir « étudier les 40 pages de la décision » avant de se prononcer. Marketa Vondrousova, qui n’a plus joué depuis le refus de contrôle, risque de voir sa carrière s’arrêter à 27 ans. Si elle ne fait pas appel ou perd, elle serait éligible à un retour en juin 2030, à 30 ans.
En attendant, la Tchèque assure vouloir prouver sa bonne foi. « Je n’ai jamais refusé le contrôle, j’ai refusé de faire entrer une étrangère chez moi sans papiers. C’est différent », a-t-elle insisté dans son interview. La balle est désormais dans le camp de ses avocats.