Vondrousova livre sa version après quatre ans de suspension
La gagnante de Wimbledon 2023 conteste la sanction pour refus de contrôle antidopage et dénonce des irrégularités dans la procédure
Suspendue quatre ans par l'ITIA pour avoir refusé un contrôle à son domicile en décembre 2025, Marketa Vondrousova sort du silence. Dans une interview au média tchèque iSport, elle affirme que la contrôleuse n'avait aucune pièce d'identité et qu'elle a signé sous la pression. Son avocat envisage un appel devant le TAS.
L’essentiel
- Sanction : Marketa Vondrousova est suspendue quatre ans, du 22 juin 2026 au 21 juin 2030, pour refus de contrôle antidopage le 3 décembre 2025.
- Version : La joueuse assure que la contrôleuse, novice dans le tennis, n’a présenté aucun document d’identité et lui a fait signer un formulaire mentionnant une peine maximale de deux ans.
- Preuve : Vondrousova rappelle s’être volontairement testée négative trois jours après le refus.
- Prochaine étape : L’avocat Jan Exner étudie un appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).
Le choc de la suspension
Le 22 juin 2026, l’Agence internationale pour l’intégrité du tennis (ITIA) annonçait une suspension de quatre ans à l’encontre de Marketa Vondrousova, vainqueure de Wimbledon 2023. Motif : un refus de contrôle antidopage hors compétition à son domicile, le 3 décembre 2025. La Tchèque, 26 ans, n’avait alors pas commenté. Mais ce 25 juin, elle a livré sa version des faits au média iSport, contestant vigoureusement la décision.
« Je n’ai jamais refusé un contrôle de manière délibérée », a-t-elle déclaré. Selon elle, la contrôleuse s’est présentée après 20h, sans badge ni pièce d’identité, provoquant une « crise de panique ». Vondrousova affirme avoir signé le document de refus sous la pression, juste pour que la personne quitte les lieux. « Elle m’a dit : signez ici, comme ça c’est réglé », raconte-t-elle.
La version de Vondrousova : contrôle sans papiers
La joueuse met en avant plusieurs irrégularités. D’abord, la contrôleuse aurait reconnu devant le tribunal indépendant qu’il s’agissait de son tout premier contrôle dans le tennis. Ensuite, elle n’aurait présenté aucun justificatif d’identité. Vondrousova explique : « Je n’allais pas laisser entrer chez moi une inconnue le soir sans savoir qui elle est. »
Un autre argument soulevé : le formulaire signé par la joueuse indiquait que la peine maximale pour ce type d’infraction était de deux ans. Or, l’ITIA a prononcé quatre ans, soit le double. « On m’a fait signer un papier qui disait deux ans, et au final je prends quatre ans. C’est incompréhensible », s’est insurgée la Tchèque.
Pour prouver sa bonne foi, Vondrousova s’est soumise volontairement à un test antidopage trois jours après l’incident, qui s’est révélé négatif. Elle n’a jamais été contrôlée positive au cours de sa carrière. De nombreux observateurs estiment que la sanction est disproportionnée.
Un précédent qui interroge
Le cas Vondrousova n’est pas isolé. En 2020, la joueuse polonaise Iga Świątek avait été confrontée à une situation similaire mais la procédure avait été classée après clarifications. Plus récemment, l’affaire Simona Halep a montré que les suspensions pour manquements aux règles antidopage peuvent être réduites en appel. L’avocat de Vondrousova, Jan Exner, a indiqué qu’il étudiait la décision détaillée du tribunal pour préparer un recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).
Contexte dans le tennis français
Si l’affaire se déroule en Tchéquie, elle a des répercussions dans le monde du tennis français. Plusieurs joueurs et entraîneurs hexagonaux ont exprimé leur soutien à Vondrousova sur les réseaux sociaux. La Fédération française de tennis n’a pas officiellement commenté, mais le sujet des contrôles antidopage hors compétition refait débat. En France, la procédure de l’ITIA est régulièrement critiquée pour son manque de transparence. Le dossier Vondrousova pourrait relancer les discussions sur les droits des joueurs face aux organismes antidopage.
Prochaine étape : l’appel au TAS
La Fédération tchèque de tennis a qualifié la sanction de « brutale » et promis une aide active à la joueuse. Son avocat Jan Exner, joint par Reuters, a confirmé qu’ils attendaient la décision motivée complète avant de déposer un appel. « Nous avons 30 jours pour saisir le TAS. Nous utiliserons tous les recours possibles », a-t-il déclaré. Marketa Vondrousova, qui fêtera ses 27 ans le 28 juin, risque de voir sa carrière s’arrêter si la suspension est confirmée. Prochaine échéance : la publication des motifs par l’ITIA, dans les semaines à venir.