Vosges : FDSEA et JA dénoncent une mise en demeure de Lactalis après action à Corcieux
Les syndicats agricoles contestent la facture de nettoyage envoyée par le géant laitier suite à une mobilisation devant l'usine Marcillat.
La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs des Vosges ont rejeté ce 25 juin une mise en demeure de Lactalis. Le groupe leur réclame le paiement des frais de nettoyage après une action syndicale à l'usine de Corcieux. Ils dénoncent une tentative d'intimidation.
L’essentiel
- Fait 1 : Mise en demeure reçue mi-juin 2026 : Lactalis réclame les frais de nettoyage après une action syndicale à Corcieux.
- Fait 2 : La FDSEA et les JA des Vosges refusent de payer et dénoncent une « tentative d’intimidation financière ».
- Fait 3 : En septembre 2024, Lactalis avait brusquement arrêté la collecte de 159 producteurs du Grand Est, dont 34 dans les Vosges.
- Fait 4 : L’usine visée par l’action syndicale est la fromagerie Marcillat, filiale historique rachetée par Lactalis en 1996.
Ce qui s’est passé
Mi-juin 2026, les responsables de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs (JA) des Vosges ont reçu une mise en demeure de Lactalis. Le groupe leur réclame le paiement des frais de nettoyage engagés après une action syndicale menée devant l’usine de Corcieux, la fromagerie Marcillat. L’action, organisée quelques jours plus tôt par les syndicats, visait à protester contre la politique du géant laitier envers les producteurs locaux.
Selon les informations communiquées par Epinal Info, la mise en demeure a été adressée aux deux organisations à titre personnel et collectif. Les sommes exactes réclamées n’ont pas été précisées par les syndicats, mais elles concernent les opérations de nettoyage des abords de l’usine.
La réaction des syndicats
Ce 25 juin, la FDSEA et les JA des Vosges ont officiellement contesté cette mise en demeure. « Lactalis n’a honte de rien », a réagi le syndicat sur le réseau social X, reprenant une formule de @fdsea88. Les organisations affirment refuser de régler la facture, qu’elles qualifient de « tentative d’intimidation financière » visant à bâillonner l’action syndicale.
« Nous ne céderons pas. Ces frais sont la conséquence directe de la politique de Lactalis qui a abandonné les producteurs », déclarent les représentants syndicaux. Ils rappellent que la mobilisation à Corcieux s’inscrivait dans un mouvement plus large de contestation des pratiques de l’industriel.
Contexte dans les Vosges
Le conflit entre les agriculteurs vosgiens et Lactalis n’est pas récent. En juillet 2024, le groupe avait brutalement stoppé la collecte de lait auprès de 159 producteurs du Grand Est, dont 34 éleveurs vosgiens. Ce désengagement représentait un volume de plus de 81 millions de litres de lait par an. Les producteurs concernés avaient dû chercher de nouveaux débouchés, souvent dans l’urgence.
Dans le même temps, Lactalis s’était engagé à mieux valoriser le lait des producteurs maintenus. « Cette promesse n’a jamais été tenue », assurent la FDSEA 88 et les JA. Les syndicats affirment que les volumes abandonnés ont simplement été transférés vers des exploitations de l’Ouest de la France, où le groupe a réorganisé sa collecte.
Le département des Vosges compte environ 600 producteurs de lait, dont une grande partie livre encore des coopératives et des laiteries locales. La perte de contrats avec Lactalis a fragilisé un tissu agricole déjà marqué par la baisse du nombre d’exploitations ces dernières années.
Un conflit qui perdure
L’action syndicale à Corcieux était la dernière d’une série de mobilisations contre la politique de Lactalis dans les Vosges. La fromagerie Marcillat, spécialisée dans la production de fromages à pâte pressée cuite, est un site symbolique. Rachetée par Lactalis en 1996, elle employait encore plusieurs dizaines de salariés en 2024.
La FDSEA et les JA estiment que la mise en demeure envoyée est une manœuvre de plus pour décourager les contestations. « C’est un signal envoyé à tous les syndicats : si vous manifestez, vous paierez », analysent-ils. Le refus de payer pourrait déboucher sur une procédure judiciaire. Les syndicats se disent prêts à aller devant les tribunaux.
D’autres incidents agricoles récents dans la région ont attiré l’attention, comme la destruction de huit hectares de blé par un incendie en Moselle, lié à la foudre. Plus localement, le risque d’incendie reste très sévère dans le Nord de la Creuse malgré la canicule, illustrant la diversité des défis climatiques et économiques auxquels le monde agricole est confronté.
L’avenir immédiat du conflit avec Lactalis se jouera autour du refus de paiement. Aucune nouvelle étape judiciaire n’a été annoncée à ce jour, mais les syndicats promettent de ne pas en rester là.