Stan Wawrinka quitte Gstaad après une défaite face à Jaime Faria
Le triple vainqueur de Grand Chelem a dit au revoir au Swiss Open après 14 participations, battu par Faria mais ovationné par un public debout
Le Suisse de 41 ans s'est incliné 6-7, 6-4, 6-4 au premier tour du Swiss Open mardi 14 juillet 2026. C'était sa 14e et dernière participation au tournoi où il avait débuté en 2003.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Fin d'une ère pour le tennis suisse
Wawrinka, triple vainqueur de Grand Chelem, tire sa révérence après 23 ans de carrière professionnelle.
Gstaad, berceau et adieu
Le Swiss Open a vu débuter Wawrinka en 2003 et l'a vu partir en 2026. Quatorze participations, dix victoires, aucun titre en simple mais un lien indéfectible avec ce tournoi.
Le sacrifice du ski enfin levé
Plus de vingt ans sans skier pour protéger sa carrière. Les skis offerts par Gstaad symbolisent la liberté retrouvée après deux décennies de discipline.
Respect de la nouvelle génération
Jaime Faria, 92e mondial, a grandi en regardant Wawrinka. Sa victoire sur l'idole de jeunesse illustre le passage de témoin entre générations.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Wawrinka battu 6-7, 6-4, 6-4 par Faria après 2h38 de jeu et 16 aces frappés.
- Les organisateurs lui offrent des skis gravés du motif de son short Roland-Garros 2015.
- C'était sa 14e et dernière participation à Gstaad, où il avait débuté en 2003.
- Dernier tournoi prévu à Bâle fin de saison avant la retraite définitive.
Le court central de Gstaad, mardi 14 juillet 2026. Stan Wawrinka serre la main de Jaime Faria. Score final: 6-7 (8/10), 6-4, 6-4. Deux heures et 38 minutes de jeu pour un dernier tour de piste. Le Suisse a frappé 16 aces - converti zéro balle de break sur six. Faria, 92e mondial - s’excuse presque: « désolé de gâcher la fête ».
La beauté de ces adieux ne tient pas au résultat. Elle tient aux organisateurs qui entrent sur la terre battue avec un cadeau dans les mains. C’était sa 14e et dernière participation au tournoi où il avait fait ses débuts sur le circuit ATP en 2003. Vingt-trois ans plus tard, la défaite n’efface rien: Wawrinka quitte Gstaad comme il y était arrivé, combattif jusqu’au dernier point.
Des skis aux couleurs de Roland-Garros
Les organisateurs du Swiss Open Gstaad lui tendent une paire de skis personnalisée. Sur les spatules, le motif géométrique distinctif du short qu’il portait lors de sa victoire à Roland-Garros en 2015. Un clin d’œil à l’un de ses trois titres majeurs. Wawrinka sourit: « le ski est un sacrifice que nous faisons quand nous sommes joueurs de tennis ».
Vingt ans sans skier pour préserver les genoux, les chevilles, la carrière. Vingt ans à regarder les pentes enneigées en sachant qu’une chute, une torsion mal calibrée, pouvait tout compromettre. Le cadeau des organisateurs n’est pas anodin: il symbolise la liberté retrouvée. Les ligaments croisés, les ménisques, les tendons d’Achille n’ont plus à supporter le poids d’une saison ATP. Wawrinka pourra rechausser les lattes. Sa dernière saison se termine à Bâle fin octobre. En décembre 2025 - il avait posté sur Instagram: « Chaque livre a une fin. Il est temps d’écrire le dernier chapitre de ma carrière de joueur de tennis professionnel ». Le chapitre Gstaad vient de se refermer.
Dix victoires à Gstaad
Wawrinka, 41 ans, 117e mondial - n’a jamais vraiment dominé à Gstaad. Dix victoires dans le tableau principal. Première finale ATP ici en 2005 - mais jamais le titre en simple. Il a remporté le titre en double en 2023 aux côtés de Dominic Stricker. Dimanche 12 juillet - une fête d’adieu avait été organisée avec le chanteur Bastian Baker. Lundi 13 juillet - il avait joué un dernier double avec Jérôme Kym.
Après le match de mardi, ses anciens coéquipiers de Coupe Davis, Marco Chiudinelli, Michael Lammer et Severin Lüthi, sont entrés sur le court. Victoire en Coupe Davis 2014. Wawrinka, micro en main: « On peut être fier d’avoir remporté cette Coupe au moins une fois ».
Le vide après Federer et Wawrinka
Le départ de Wawrinka ferme une parenthèse de vingt-trois ans. Ils formaient la colonne vertébrale du tennis suisse. Trois titres majeurs pour Wawrinka, une Coupe Davis en 2014. Après eux, aucune relève immédiate ne s’impose au sommet mondial. On se souvient de la génération dorée espagnole des années 2000, qui a connu le même effet de trou d’air. Le tennis suisse devra reconstruire, identifier, former. Le passage de témoin prendra du temps.
Faria et Kym: grandir avec une idole
Jaime Faria a grandi en regardant Wawrinka à la télévision. Sur Instagram après le match, il écrit: « J’ai grandi en te regardant jouer! Aujourd’hui, j’ai eu le plaisir de me battre contre toi Stan the Man. Toutes mes félicitations pour ta carrière @stanwawrinka85 ». Le Portugais, gêné de l’avoir battu ce jour-là, avait lâché en zone mixte: « désolé de gâcher la fête ».
Jérôme Kym, partenaire de double de Wawrinka lundi 13 juillet - appartient à la même génération. Ces jeunes joueurs ont construit leur jeu en imitant le revers à une main de Wawrinka, en décortiquant ses matchs majeurs. Leur respect n’est pas protocolaire: il est structurant. Battre un héros de jeunesse marque un passage symbolique. Faria ne s’en réjouit pas, il s’en excuse. Cette gêne dit quelque chose du statut de Wawrinka dans l’imaginaire du circuit: pas seulement un champion, mais un modèle de longévité et de résilience.
Wawrinka prendra sa retraite du circuit ATP à la fin de la saison 2026. Il reste un dernier tournoi à domicile, à Bâle, fin octobre. Ensuite, les skis. Ceux que les organisateurs lui ont offerts, ou d’autres. Peu importe. Après vingt ans d’abstinence, il a le droit de dévaler les pentes sans penser aux ligaments.
Le public applaudit encore. Wawrinka lève la main une dernière fois. Les skis sous le bras, il quitte le court.