Victor Wembanyama après France-Espagne : « J’espère ni l’un ni l’autre »
La star NBA évite diplomatiquement de trancher après l'élimination des Bleus
Au lendemain de l'élimination française en demi-finale de la Coupe du Monde 2026, Victor Wembanyama affiche son dépit au Fanatics Fest de New York.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
L'Argentine, fantôme de 2022
Quatre ans après la défaite aux tirs au but en finale 2022 (3-3), l'Argentine revient en finale 2026. Le traumatisme persiste.
Wembanyama, supporter impuissant
Star NBA et meilleur défenseur 2025-2026, il ne peut rien contre une défaite en Coupe du Monde. Il regarde, espère, perd comme n'importe quel fan.
Basket vs foot : un retour aux affaires
Fin août 2026, Wembanyama retrouve l'équipe de France de basket après deux ans d'absence. Cette fois, c'est lui qui joue et contrôle.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Victor Wembanyama interrogé le 19 juillet 2026 au Fanatics Fest à New York
- Sa réponse ironique « J'espère que le vainqueur ne sera ni l'un ni l'autre »
- France éliminée 0-2 par l'Espagne en demi-finale cinq jours plus tôt
- Il avait prédit une finale France-Argentine en juin 2026
- Retour en équipe de France de basket fin août 2026 après deux ans d'absence
New York, Fanatics Fest, 19 juillet 2026. Victor Wembanyama se tient devant une dizaine de micros. On lui demande son pronostic pour la finale du lendemain: Espagne contre Argentine. Il sourit. « J’espère ni l’un ni l’autre ».
La phrase fait rire la salle. Mais elle dit tout. Quelques jours plus tôt, la France s’est effondrée face à l’Espagne en demi-finale. Zéro but, zéro solution, zéro finale. Le lendemain, nouvelle défaite en petite finale contre l’Angleterre: 4-6. Les Bleus rentrent chez eux sans médaille.
Wembanyama, lui, avait misé gros. En juin 2026 - il avait vendu son scénario: « J’espère que la finale sera France contre Argentine. » Il avait désigné la France comme favorite du tournoi. Il avait identifié l’Espagne comme l’adversaire le plus coriace. Il avait tout vu venir. Sauf la défaite.
Ce que cache « ni l’un ni l’autre »
Derrière l’ironie, il y a l’Argentine. Celle de la finale 2022. Match nul 3-3, tirs au but, victoire argentine. On se souvient du triplé de Kylian Mbappé, de la France qui avait tout donné et qui avait perdu quand même. Quatre ans plus tard, rebelote: l’Argentine est en finale. Pas la France.
Et il y a l’Espagne. Celle qui vient d’éliminer les Bleus en demi-finale. Zéro à deux. Pas de débat, pas de scénario, pas de tirs au but. Une défaite nette. L’Espagne n’a même pas eu besoin de forcer. Elle a juste été meilleure.
Wembanyama ne pouvait pas dire « je veux que l’Espagne gagne ». Pas après ce qu’elle vient de faire. Il ne pouvait pas dire « je veux que l’Argentine gagne ». Pas après 2022. Il a choisi la seule sortie: l’humour. Diplomatique, élégant, blessé.
Le basketteur qui suivait le foot de trop près
Victor Wembanyama n’avait rien à faire au Fanatics Fest ce jour-là. Il sortait des finales NBA 2026 avec les Spurs. Il venait d’être sacré meilleur défenseur de la saison 2025-2026. Il avait atteint la finale NBA. Son été était plein. Il aurait pu zapper la Coupe du Monde de football.
Il ne l’a pas fait. Le basketteur des San Antonio Spurs a montré un vif intérêt pour la Coupe du Monde de football. Il avait suivi chaque match. Norvège 1-4 - Suède 3-0 - Paraguay 0-1 - Maroc 2-0. Il avait vu les Bleus dominer. Il avait cru. En mars 2026 - il avait même qualifié le tournoi d’« incroyable ». Il s’était projeté. Trop.
Ce que personne ne dit
Il gagne des millions. Il joue en finale NBA. Il défend mieux que quiconque en NBA. Mais il ne peut rien faire contre une demi-finale de Coupe du Monde perdue 0-2. Il regarde comme tout le monde. Il espère comme tout le monde. Il perd comme tout le monde.
Sa déclaration du 19 juillet révèle un paradoxe: les sportifs d’élite sont les supporters les plus vulnérables. Ils savent ce qu’il faut pour gagner. Ils voient les erreurs. Ils sentent quand ça bascule. Ils ne peuvent rien y changer. Wembanyama a regardé la France s’effondrer face à l’Espagne comme n’importe quel fan dans son canapé. Sauf que lui, il devait ensuite affronter les micros.
Fin août 2026 - il est retourné en équipe de France de basket pour les qualifications de la Coupe du Monde 2027. Deux ans d’absence depuis les JO de Paris 2024. Cette fois, c’est lui qui joue. Cette fois, il contrôle. Le reste appartient au foot. Et le foot, en juillet 2026, ne lui a rien offert.
Le 19 juillet au soir, l’Espagne affrontait l’Argentine en finale. Wembanyama n’a pas dit pour qui il allait secrètement supporter. Peut-être pour personne. Peut-être pour les deux. Ou peut-être qu’il a juste regardé ailleurs.