Wimbledon 2026 : aucun Français en deuxième semaine, un constat alarmant
Arthur Rinderknech éliminé par Djokovic, les tableaux de simple vides pour la quatrième fois en six éditions. Le tennis français traverse une crise.
Le tennis français vit une désillusion de plus à Wimbledon. Après l'élimination d'Arthur Rinderknech au troisième tour, plus un seul Tricolore n'est en lice pour les huitièmes de finale. Un bilan qualifié de 'pas bon' mais 'sans surprise' par les dirigeants de la FFT.
L’essentiel
- Fait 1 : Arthur Rinderknech, dernier Français en simple, battu par Novak Djokovic (7-5, 6-4, 1-6, 7-6) le 3 juillet 2026.
- Fait 2 : C’est la quatrième fois en six éditions de Wimbledon que le tennis français ne place aucun joueur ou joueuse en huitièmes de finale.
- Fait 3 : Ivan Ljubicic, responsable du haut niveau à la FFT, juge ce bilan ‘pas bon’ mais ‘pas une surprise’ après Roland-Garros.
- Fait 4 : Laurent Raymond, entraîneur de l’équipe de France de Coupe Davis, parle d’un parcours ‘maigre mais sans surprise’.
- Fait 5 : Arthur Féry, né à Sèvres (Hauts-de-Seine), est le seul joueur d’origine française encore en lice - mais il porte les couleurs de la Grande-Bretagne.
La dernière chance envolée
Le 3 juillet 2026, Arthur Rinderknech a livré un combat honorable face à Novak Djokovic sur le court central de Wimbledon. Pendant quatre sets (7-5, 6-4, 1-6, 7-6 [7-4]), le Français a tenu tête au Serbe, remportant même la troisième manche. Mais la défaite au tie-break du quatrième set a scellé son sort. Avec ce revers, les tableaux de simple messieurs et dames sont totalement vides de tout représentant tricolore avant les huitièmes de finale, qui débutent ce lundi.
Un déclin chiffré qui inquiète
Ce nouveau rendez-vous manqué n’est plus un accident isolé. Selon les statistiques compilées par Eurosport, c’est la quatrième fois en six éditions du tournoi londonien que le tennis français ne parvient pas à placer un joueur ou une joueuse en deuxième semaine. Un trou d’air que les spécialistes analysent comme le symptôme d’une génération en panne. Ugo Humbert et Arthur Fils, présentés comme les chefs de file, ont tous deux chuté prématurément - Fils revenait tout juste d’une blessure. Aucun n’a su franchir le cap du deuxième tour.
Pendant ce temps, d’autres matches ont marqué le début du tournoi, comme le thriller en cinq sets entre Alexander Bublik et Frances Tiafoe, ponctué de 48 aces. Les huitièmes de finale verront Djokovic, Jannik Sinner et Félix Auger-Aliassime entrer en lice.
Les responsables du tennis français réagissent
Ivan Ljubicic, l’ancien entraîneur de Roger Federer devenu responsable du haut niveau à la Fédération française de tennis (FFT), a dressé un constat lucide. Interrogé par Tennis Temple, il qualifie le bilan de ‘pas bon’, ajoutant qu’il n’est ‘pas une surprise’ au vu du fiasco enregistré à Roland-Garros un mois plus tôt. Même son de cloche du côté de Laurent Raymond, l’entraîneur de l’équipe de France de Coupe Davis, qui parle dans L’Équipe d’un parcours ‘maigre, mais sans surprise’. Les deux hommes pointent du doigt un mal plus profond : le manque de régularité des joueurs français dans les grands rendez-vous du Grand Chelem.
Contexte : le tennis français en pleine tourmente
Au-delà de Wimbledon 2026, la discipline traverse une zone de turbulences. La FFT avait pourtant investi massivement dans la formation, avec des résultats en dents de scie. L’absence de leader clair, capable de rivaliser avec le Top 10 mondial, pèse. Ironie du sort : le seul joueur ayant un lien avec la France encore présent en deuxième semaine est Arthur Féry, né à Sèvres (Hauts-de-Seine), mais qui défend aujourd’hui les couleurs de la Grande-Bretagne. Classé 114e mondial, il s’est qualifié pour les huitièmes de finale après un combat en cinq sets contre Zizou Bergs. Sa mère, Olivia Féry, ancienne joueuse professionnelle (225e mondiale en 1991), l’a accompagné sur le circuit.
Le tennis français doit désormais regarder vers l’avenir. Avec des jeunes comme Luca Van Assche ou Gabriel Debru, l’espoir d’un renouveau existe, mais les résultats immédiats manquent. Comme l’écrit Romain Harent sur X : ‘Quand le tennis français n’a plus droit au bonheur…’ Le constat est amer.
Les prochains mois s’annoncent cruciaux pour la FFT, qui devra tirer les leçons de cet échec collectif. La prochaine échéance majeure est l’US Open, fin août. D’ici là, les joueurs français tenteront de retrouver la confiance perdue.