Wimbledon 2026 : aucun Français en deuxième semaine, une hécatombe historique
Pour la quatrième fois en six éditions, le tennis tricolore ne place aucun représentant en huitièmes de finale. 17 défaites cumulées, aucun joueur dans le top 20 mondial.
L'édition 2026 de Wimbledon restera comme un désastre pour le tennis français. Avec l'élimination d'Arthur Rinderknech au troisième tour par Novak Djokovic, aucun représentant tricolore n'a atteint la deuxième semaine. Un constat accablant qui confirme la crise structurelle de la discipline.
L’essentiel
- Aucun Français en deuxième semaine : pour la quatrième fois sur les six dernières éditions de Wimbledon, le tennis tricolore est absent des huitièmes de finale.
- 17 défaites cumulées : la délégation française a enregistré 17 revers au total lors de cette édition du tournoi londonien.
- Aucun leader mondial : la France ne compte actuellement aucun joueur dans le top 20 masculin et aucune joueuse dans le top 40 féminin.
- Un paradoxe : le seul joueur d’origine française encore en lice, Arthur Féry, porte les couleurs de la Grande-Bretagne.
Vendredi 3 juillet 2026, le court central de Wimbledon a scellé le sort du tennis français. Arthur Rinderknech s’est incliné en quatre sets face à Novak Djokovic (7-5, 6-4, 1-6, 7-6) au troisième tour. Une défaite attendue face au Serbe, mais qui prive la France de tout représentant en deuxième semaine du Grand Chelem londonien. C’est la quatrième fois depuis 2020 que le tennis tricolore ne place personne en huitièmes de finale à Wimbledon, selon les données compilées par Eurosport.
Le fiasco masculin : Humbert, Fils, Rinderknech… tous éliminés
Le tableau masculin français a été décimé dès les premiers tours. Ugo Humbert, tête de série numéro 27, a chuté dès le premier tour face au Belge Zizou Bergs en cinq manches (6-7, 7-5, 6-2, 4-6, 6-3). Le numéro un français, Arthur Fils, a pourtant résisté avant de s’incliner au deuxième tour contre l’Italien Matteo Berrettini en quatre sets (6-7, 6-3, 7-6, 6-4). Rinderknech, après un parcours honorable, a buté sur Novak Djokovic. Au total, les hommes n’ont remporté que trois matchs sur l’herbe londonienne. Un bilan historiquement faible pour un pays qui a pourtant compté des champions comme Yannick Noah ou Jo-Wilfried Tsonga.
Côté femmes : Léolia Jeanjean, dernière représentante, s’arrête au deuxième tour
Chez les dames, le constat est tout aussi sévère. Léolia Jeanjean était la dernière Française en lice après les éliminations précoces de Caroline Garcia (blessée) et de la jeune Elsa Jacquemot. Jeanjean a été battue au deuxième tour par l’Ukrainienne Daria Snigur (6-1, 6-3). La délégation féminine n’a pas fait mieux que les hommes, avec une seule victoire au premier tour pour six défaites.
Contexte du tennis français : une crise profonde en Grand Chelem
Ce n’est pas un accident isolé. Depuis 2020, le tennis français enchaîne les contre-performances dans les tournois majeurs. En 2026, l’Open d’Australie avait déjà vu aucun Tricolore en deuxième semaine. Roland-Garros avait offert un sursaut avec deux joueurs en huitièmes, mais Wimbledon confirme la tendance lourde : la France ne compte plus de leaders mondiaux. Actuellement, aucun joueur masculin n’apparaît dans le top 20 ATP et aucune joueuse dans le top 40 WTA. Le meilleur classé, Arthur Fils, pointe à la 21e place, loin des sommets. Les espoirs comme Luca Van Assche ou Giovanni Mpetshi Perricard peinent à franchir le cap des deuxième et troisième tours.
Pour expliquer cette hécatombe, les observateurs pointent un manque de structures de formation adaptées au gazon, une surface exigeante. Mais aussi une absence de leader capable d’entraîner les autres. « On n’a plus de joueur de Grand Chelem, et ça se voit », résumait un consultant d’Eurosport. Le tennis français, qui avait pourtant vécu un âge d’or dans les années 2000-2010, traverse une traversée du désert.
Un paradoxe : Arthur Féry, le Français qui brille sous le drapeau britannique
Amère ironie : le seul joueur d’origine française encore en course pour les huitièmes de finale à Wimbledon est Arthur Féry, qui représente la Grande-Bretagne. Formé à la Fédération française avant de changer de nationalité sportive, Féry a éliminé Zizou Bergs au troisième tour et affronte désormais un adversaire issu des qualifications. Un symbole fort de la déroute tricolore : les talents français préfèrent souvent tenter leur chance ailleurs.
Interrogé après sa victoire, Féry a déclaré : « Je suis fier de jouer pour la Grande-Bretagne, mais une partie de mon cœur reste en France. » Un sentiment partagé par de nombreux observateurs, qui y voient le signe d’une politique fédérale défaillante.
Prochaine étape : l’US Open, dernier espoir de l’année
Après ce nouveau revers, le tennis français va devoir se ressaisir pour l’US Open (fin août-début septembre 2026). Les joueurs comme Arthur Fils ou Ugo Humbert chercheront à inverser la tendance sur le dur américain. Mais en attendant, la pire série de l’histoire du tennis français en Grand Chelem se poursuit. Le prochain rendez-vous capital sera le tournoi de Toronto, début août, où les Tricolores tenteront de regagner un peu de confiance.