Wimbledon 2026 : le couvre-feu à minuit critiqué après le cas Zverev
L'interruption du huitième de finale Zverev-Lehecka relance les critiques sur les horaires tardifs et le couvre-feu de minuit imposé par Wimbledon.
Le huitième de finale entre Alexander Zverev et Jiří Lehečka a été suspendu lundi soir par le couvre-feu de Wimbledon, fixé à 23 heures depuis 2009. L'Allemand a terminé son match et sa qualification pour les quarts le mardi, relançant les critiques sur la programmation tardive du tournoi.
L’essentiel
- Fait 1 : le huitième de finale Zverev-Lehečka a été interrompu le lundi 6 juillet 2026 à 22h55, en vertu du couvre-feu de 23 heures
- Fait 2 : Alexander Zverev menait alors 6-4, 7-5, 3-3 sur le Centre Court, selon Spotvnow
- Fait 3 : ce couvre-feu a été instauré en 2009 en accord avec la municipalité de Merton, selon The Independent
- Fait 4 : Zverev a remporté la rencontre le mardi 7 juillet en quatre sets (6-4, 7-5, 3-6, 7-6) et file en quarts de finale
- Fait 5 : la veille, Coco Gauff avait fini son match à 22h58, deux minutes avant la limite
Le scénario s’est joué à quelques minutes près. Lundi 6 juillet, sur le Centre Court de Wimbledon, Alexander Zverev dominait Jiří Lehečka 6-4, 7-5, 3-3 lorsque l’arbitre a stoppé la rencontre à 22h55, selon Spotvnow. En cause : le couvre-feu de 23 heures qui s’applique à cette enceinte depuis 2009, quelle que soit l’avancée du match.
Ce qui s’est passé lundi soir
Le retard s’explique par la rencontre précédente. Arthur Fery avait dû batailler cinq sets face à Grigor Dimitrov, décalant d’autant le début du match Zverev-Lehečka, rapporte Perfect Tennis. Résultat : les deux joueurs n’ont pu boucler leur huitième de finale dans le temps imparti, et l’affaire s’est réglée le lendemain matin.
La reprise et la qualification de Zverev
Mardi 7 juillet, l’Allemand a repris là où il s’était arrêté et a fini par s’imposer 6-4, 7-5, 3-6, 7-6, selon Eurosport. Troisième mondial avec 7 190 points au classement ATP au 6 juillet, Zverev rejoint ainsi les quarts de finale, quelques semaines après son titre à Roland-Garros début juin face à Flavio Cobolli. Cette interruption est la première liée au couvre-feu sur cette édition 2026 du tournoi, précise Spotvnow.
Un couvre-feu vieux de dix-sept ans
La règle n’est pas nouvelle. Selon The Independent, le couvre-feu à 23 heures a été négocié en 2009 entre l’All England Club et la municipalité londonienne de Merton, sur le territoire de laquelle se trouve le tournoi, afin de limiter les nuisances sonores pour les riverains. Concrètement, dès qu’un match approche de cette heure limite sans être terminé, l’arbitre peut suspendre la rencontre, quel que soit le score ou l’enjeu sportif.
La veille de l’épisode Zverev, Coco Gauff avait vécu la même tension face à Belinda Bencic, bouclant son match à 22h58, soit deux minutes avant le couperet, selon Spotvnow.
Une programmation pointée du doigt
Au-delà du couvre-feu lui-même, ce sont les choix de programmation du tournoi qui font débat. Sur X, le compte spécialisé @GameSetAndTalk a résumé l’agacement d’une partie du public et des observateurs du circuit :
Le grief revient chaque année : seulement trois matchs sont programmés sur le Centre Court dans une journée, mais la session ne débute qu’à 14h30. Un calendrier resserré qui multiplie les risques de report dès qu’une rencontre s’étire, comme celle d’Arthur Fery lundi.
Contexte : le rôle de la municipalité de Merton
Le cas Wimbledon illustre une particularité rare dans le sport de haut niveau : un tournoi du Grand Chelem dont les horaires dépendent en partie d’un accord avec une collectivité locale. Merton, borough résidentiel du sud-ouest de Londres, a imposé cette limite horaire en 2009 pour protéger le voisinage du site, et l’All England Club s’y tient depuis, quitte à interrompre des matchs à enjeu sportif majeur. Cette contrainte territoriale, propre à l’organisation britannique, tranche avec d’autres grands rendez-vous sportifs de l’été, à l’image du Tour de France 2026, où Mads Pedersen et Julian Træen se sont partagé les premiers temps forts, ou encore la chute de Julian Alaphilippe en Ariège, sans contrainte horaire comparable.
Reste que pour les joueurs, la règle produit chaque édition son lot de nuits interrompues et de qualifications décalées au lendemain. Les prochains tours diront si l’organisation ajuste sa programmation ou si le débat resurgira au prochain match qui s’étire.