Wimbledon 2026 : Ivan Ljubicic juge l’échec français « sans surprise »
Le responsable du haut niveau à la Fédération française de tennis Ivan Ljubicic a livré un constat sévère après l'élimination de tous les Bleus dès le premier week-end à Londres, évoquant un niveau structurel insuffisant.
Ivan Ljubicic, responsable du haut niveau à la FFT, a dressé un bilan sans concession après l'élimination précoce de tous les Français à Wimbledon 2026. Pour l’ancien entraîneur de Roger Federer, ce constat n’a rien de surprenant.
L’essentiel
- Aucun Français en deuxième semaine : Wimbledon 2026 se termine sans représentant tricolore au quatrième tour, une première depuis l’Open d’Australie 2026.
- Quatrième fois en six éditions : Les Bleus échouent à ce stade à Londres pour la quatrième fois depuis 2020.
- Ljubicic : « Pas de surprise » : Le responsable du haut niveau estime que le niveau actuel correspond à la réalité du tennis français.
Un constat lucide après l’élimination d’Arthur Rinderknech
Vendredi 3 juillet 2026, Arthur Rinderknech s’inclinait face à Novak Djokovic à Wimbledon, mettant fin au parcours de la délégation tricolore dans le tournoi londonien. Pour la quatrième fois sur les six dernières éditions, aucun joueur ou joueuse français n’atteint la deuxième semaine du Grand Chelem sur gazon. Interrogé par L’Équipe, Ivan Ljubicic, responsable du haut niveau à la Fédération française de tennis (FFT), n’a pas cherché d’excuses : « Pas de surprise, pas de choc », a-t-il déclaré, expliquant que ce résultat correspond au « niveau réel actuel ».
L’ancien numéro 3 mondial croate, qui avait pris ses fonctions en janvier 2023, a reconnu que la qualification d’un Français en huitièmes de finale relève désormais de l’exploit. « Atteindre un huitième de finale dans un Grand Chelem est aujourd’hui une surprise pour un joueur français », a-t-il confié, cité par la même source.
Des circonstances atténuantes mais un bilan global insuffisant
Ljubicic a relativisé le fiasco en évoquant des circonstances particulières : les blessures graves de Varvara Gracheva, Clara Burel et Loïs Boisson, ainsi que le manque de rythme d’Arthur Fils, qui n’avait pas joué sur gazon depuis plusieurs semaines. « Ce ne sont pas des excuses, mais des éléments factuels qui expliquent en partie l’absence de résultats », a-t-il précisé, selon Eurosport.
Reste que ce deuxième Grand Chelem de la saison sans Français au quatrième tour, après l’Open d’Australie en janvier, interroge sur la profondeur du vivier tricolore. Le responsable de la FFT a concédé que le bilan n’était pas bon, allant jusqu’à s’interroger publiquement : « Combien de temps allons-nous accepter cela ? »
Contexte dans le tennis français
Basée au stade Roland-Garros à Paris (16ᵉ arrondissement), la FFT gère l’ensemble du tennis professionnel et amateur en France. Le constat de Ljubicic intervient dans un contexte de renouvellement difficile après la génération des Monfils, Tsonga, Simon et Gasquet. Aucun joueur français n’a remporté un tournoi du Grand Chelem depuis Yannick Noah en 1983 chez les hommes, et chez les femmes, la dernière victoire remonte à Marion Bartoli à Wimbledon en 2013. La fédération a lancé un plan de détection ambitieux en 2025, mais les résultats tardent à se concrétiser sur le circuit principal.
Selon les données de l’Association des joueurs de tennis professionnels (ATP), la France compte actuellement deux joueurs dans le top 30 masculin (Arthur Fils, 22ᵉ, et Ugo Humbert, 28ᵉ) et une seule joueuse dans le top 50 féminin (Caroline Garcia, 46ᵉ). Un chiffre en baisse régulière depuis cinq ans.
Un espoir reporté à l’US Open
Malgré ce constat sans concession, Ivan Ljubicic a formulé l’espoir de voir le tennis tricolore obtenir de meilleurs résultats lors du prochain US Open, qui débutera fin août à New York. « Il faut travailler, être exigeant, mais aussi donner du temps aux jeunes qui arrivent », a-t-il indiqué, sans préciser de mesure concrète supplémentaire pour l’immédiat.
Prochaine échéance pour les Bleus : le tournoi de Hambourg (ATP 500, du 13 au 19 juillet) et l’US Open (31 août - 13 septembre) où plusieurs Français tenteront de passer le cap du troisième tour, un objectif qui semble désormais devenir la nouvelle norme.