Wimbledon : Arthur Fery, le Français qui joue pour la Grande-Bretagne
Né à Sèvres, invité au tournoi et 114e mondial, Arthur Fery a rejoint le dernier carré de Wimbledon 2026 et revendique son identité britannique
Arthur Fery, 23 ans, s'est qualifié le 8 juillet pour les demi-finales de Wimbledon en battant l'Italien Flavio Cobolli. Né en France mais installé en Angleterre depuis l'enfance, il a expliqué en conférence de presse pourquoi il défend les couleurs britanniques.
L’essentiel
- Qualification : Arthur Fery a battu l’Italien Flavio Cobolli (tête de série n°9) 6-4, 7-6(4), 6-0 le 8 juillet 2026 pour rejoindre les demi-finales de Wimbledon
- Classement : il n’est que 114e mondial à l’ATP et a obtenu sa place grâce à une invitation (wildcard)
- Origines : né à Sèvres de parents français, il a grandi à Wimbledon dès l’âge d’un mois
- Filiation : son père Loïc Féry préside le FC Lorient, sa mère Olivia Féry a joué en double dames à Roland-Garros
- Suite : il affrontera l’Allemand Alexander Zverev, vainqueur de Roland-Garros, pour une place en finale
Un parcours qui surprend tout le monde
Arthur Fery n’attendait pas grand-chose de ce Wimbledon 2026. Entré dans le tableau grâce à une invitation, le joueur de 23 ans pointait seulement au 114e rang mondial avant le tournoi. Le 8 juillet, il a pourtant écarté l’Italien Flavio Cobolli, tête de série n°9, en trois sets : 6-4, 7-6(4), 6-0. De quoi décrocher une place en demi-finale, un stade qu’aucun joueur invité n’avait atteint dans un tournoi du Grand Chelem masculin depuis 2001, selon les données recueillies sur son parcours.
Ce résultat s’inscrit dans une série de victoires marquantes sur gazon londonien : au troisième tour, Fery avait déjà écarté le Belge Zizou Bergs au bout de cinq sets accrochés, avant de venir à bout de Grigor Dimitrov, également en cinq manches, en huitièmes de finale. Le club RMC Sport a suivi de près cette ascension inattendue.
Français de naissance, Britannique de cœur
La trajectoire d’Arthur Fery intrigue autant que ses résultats. Né à Sèvres, dans les Hauts-de-Seine, de parents français, il détient toujours la double nationalité franco-britannique. Mais sa famille a quitté la France pour l’Angleterre quand il n’avait qu’un mois, et c’est à Wimbledon même, le quartier londonien qui donne son nom au tournoi, qu’il a grandi, selon L’Équipe.
Interrogé en conférence de presse après sa victoire face à Cobolli, le joueur a tenu à clarifier sa position. Il se sent, dit-il, profondément britannique, et de moins en moins français. Une déclaration qui a fait réagir la presse britannique, la France ayant parfois été tentée de revendiquer ce natif de Sèvres comme l’un des siens en raison de son lieu de naissance et de sa langue maternelle.
Une famille entre tennis et football
Le nom Féry n’est pas totalement inconnu des suiveurs de sport français. Le père d’Arthur, Loïc Féry, homme d’affaires, préside le FC Lorient. Sa mère, Olivia Féry, a elle-même été joueuse de tennis professionnelle, disputant notamment le double dames à Roland-Garros. Un double héritage sportif qui a visiblement marqué le parcours du jeune homme, désormais engagé sur le circuit ATP depuis plusieurs saisons.
Sa progression récente ne doit rien au hasard. En août 2025, il avait remporté son premier titre Challenger en simple à Barranquilla. Le mois suivant, il honorait sa première sélection en Coupe Davis avec la Grande-Bretagne, contribuant à une victoire face à la Pologne. En janvier 2026, il franchissait pour la première fois un tour à l’Open d’Australie, avant de disputer son tout premier Masters 1000 à Miami en mars, éliminé dès le premier tour.
Contexte dans les Hauts-de-Seine
Sèvres, ville natale d’Arthur Fery, compte environ 24 000 habitants dans les Hauts-de-Seine, un département où le tennis amateur et les infrastructures sportives occupent une place importante, entre clubs historiques et proximité avec les grands tournois parisiens. La commune, connue pour sa manufacture de porcelaine, n’a pas produit de figure majeure du tennis mondial ces dernières années : le parcours de Fery, même sous les couleurs britanniques, ravive localement l’attention sur un natif du territoire devenu, à sa manière, une curiosité sportive transfrontalière.
Zverev en travers de la route
Pour espérer disputer sa première finale de Grand Chelem, Arthur Fery devra désormais passer l’obstacle Alexander Zverev, vainqueur de Roland-Garros et adversaire nettement mieux classé. Un défi de taille pour ce joueur toujours considéré, sur le papier, comme un outsider malgré sa progression fulgurante dans le classement en direct, où il pointerait virtuellement à la 36e place mondiale.
La demi-finale entre les deux joueurs doit encore se jouer. Wimbledon confirmera dans les prochains jours si l’aventure du wildcard britannique se poursuit jusqu’en finale.
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