Wimbledon : Auger-Aliassime dénonce une règle « honteuse » après sa victoire marathon
Le Canadien, qualifié pour les quarts de finale, a vivement critiqué l'intervention du kiné en plein jeu de service adverse, estimant que le règlement doit être modifié.
Félix Auger-Aliassime a battu Alejandro Davidovich Fokina en cinq sets après 4h26 de combat en huitièmes de finale de Wimbledon, mais c'est sa charge en conférence de presse contre une règle litigieuse qui retient l'attention. Le numéro 4 mondial réclame un changement.
L’essentiel
- Victoire au forceps : Félix Auger-Aliassime (n°4 mondial) domine Alejandro Davidovich Fokina (n°23) 6-7, 7-6, 6-3, 6-7, 6-1 en 4h26 le 5 juillet 2026 à Wimbledon.
- Incident au 4e set : Alors qu’Auger-Aliassime servait pour le match, Davidovich Fokina a appelé le kiné pour une cheville, brisant le rythme du Canadien, qui a perdu le set au tie-break.
- Sortie cinglante : En conférence de presse, Auger-Aliassime qualifie la règle autorisant l’intervention médicale pendant le service adverse de « honteuse » et demande à ce qu’un joueur blessé doive concéder son jeu.
- Prochaine étape : Le Canadien affrontera Novak Djokovic en quarts de finale.
Le court central de Wimbledon a été le théâtre d’un combat titanesque dimanche 5 juillet 2026 entre Félix Auger-Aliassime et Alejandro Davidovich Fokina. Après 4 heures et 26 minutes d’un tennis haletant, le Canadien, tête de série n°3, s’est imposé au tie-break du cinquième set (6-7, 7-6, 6-3, 6-7, 6-1). Mais au-delà du score, c’est un incident survenu au quatrième set qui a marqué les esprits et déclenché une vive polémique.
L’incident qui change tout
Menant deux sets à un et servant pour le gain du match à 5-4 dans le quatrième set, Auger-Aliassime a vu son adversaire demander l’intervention du kinésithérapeute pour une blessure à la cheville gauche. La pause a duré plusieurs minutes, brisant totalement la concentration du Canadien. « Je servais pour le match, je suis en mouvement, et soudain on arrête tout. C’est impossible de retrouver son rythme après ça », a-t-il expliqué après la rencontre.
De fait, dès la reprise, Auger-Aliassime a commis une double faute puis a perdu le set au tie-break 9-7. Il a dû puiser dans ses réserves pour remporter le cinquième set 6-1. Une fois le dernier point gagné, les deux hommes ont eu une explication verbale tendue au filet, visiblement en désaccord sur cet épisode.
« Cette règle est une honte »
En conférence de presse, Félix Auger-Aliassime n’a pas mâché ses mots. Il a qualifié la règle actuelle - qui permet à un joueur de solliciter les soins du kiné pendant le jeu de service adverse - de « honteuse ». Selon lui, elle désavantage celui qui est en pleine action : « Quand un joueur est blessé en plein échange, il devrait soit abandonner le jeu en cours, soit concéder les points restants. On ne peut pas stopper le service adverse comme ça. »
Le Canadien a réclamé une modification urgente du règlement : « Il faut que l’ATP ou Wimbledon agisse. Ce n’est pas la première fois que ça arrive, et ça va continuer tant que la règle ne changera pas. Je ne veux pas gagner un match comme ça, mais je veux que ce soit équitable. »
Un débat récurrent dans le tennis
Ce n’est pas la première fois que la question des interruptions médicales à des moments cruciaux enflamme le circuit. Des joueurs comme Novak Djokovic, Rafael Nadal ou Daniil Medvedev ont déjà critiqué par le passé les appels au kiné en plein jeu de service. Certains estiment que la règle actuelle protège la santé des joueurs, d’autres qu’elle est trop souvent exploitée comme une tactique pour casser le rythme de l’adversaire.
Alejandro Davidovich Fokina, de son côté, a justifié l’arrêt par la douleur réelle à la cheville, soulignant qu’il était dans l’incapacité de continuer sans soins. « Je comprends sa frustration, mais j’avais vraiment besoin du kiné. Ce n’était pas une tactique », a-t-il déclaré après le match, selon des propos rapportés par The Independent.
Contexte dans le monde du tennis professionnel
Cette polémique intervient alors que Félix Auger-Aliassime, 23 ans, pointe au 4e rang mondial (classement ATP du 29 juin 2026). Vainqueur cette année de l’Open Occitanie à Montpellier et finaliste à Rotterdam, il avait déjà atteint les quarts de finale à Roland-Garros en juin. Son parcours à Wimbledon le voit désormais affronter Novak Djokovic en quarts, un choc au sommet. De l’autre côté, Alejandro Davidovich Fokina, 25e mondial, venait de remporter son premier titre ATP en carrière à Majorque une semaine avant Wimbledon, confirmant sa belle forme sur gazon.
La question de l’interruption médicale pendant le service n’est pas nouvelle : plusieurs voix s’étaient déjà élevées lors de l’US Open 2022 ou à l’Open d’Australie 2025. Mais la sortie médiatique d’Auger-Aliassime, avec la force de son statut de top 5, pourrait relancer le débat au sein des instances du tennis.
Prochaine étape : un quart de feu contre Djokovic
Malgré la polémique, Félix Auger-Aliassime devra rapidement se tourner vers son prochain défi. Mardi 7 juillet, il affrontera Novak Djokovic, septuple vainqueur du tournoi, pour une place en demi-finale. « Je suis concentré sur mon tennis. Ce qui s’est passé aujourd’hui ne doit pas m’affecter. Novak est un immense champion, ce sera un gros combat », a-t-il sobrement commenté.
Le duel entre le Canadien et le Serbe promet d’être électrique, d’autant que Djokovic n’a pas encore perdu un set dans le tournoi. Mais Auger-Aliassime, porté par sa combativité, espère bien créer la surprise.